Santé et secours · Malaises et perte de connaissance
Malaise sans perte de connaissance : que faire
Face à un malaise sans perte de connaissance, mettez la personne au repos dans la position où elle se sent le mieux (souvent allongée), posez-lui quelques questions et appelez le 15 pour un avis médical.
Mis à jour le 5 min de lecture
Un malaise est une sensation pénible et passagère qui traduit un trouble du fonctionnement de l’organisme : la personne se sent « mal », faible, prise de vertige ou de sueurs, mais elle reste consciente et peut répondre. C’est la situation la plus fréquente en premiers secours. Le plus souvent bénin (malaise vagal, coup de chaleur débutant, hypoglycémie légère), il peut aussi être le premier signe d’un infarctus ou d’un AVC. D’où une règle simple : mettre la personne au repos, l’observer, l’interroger, et demander un avis médical.
Reconnaître un malaise
Les signes varient selon la cause ; une personne en malaise présente souvent un ou plusieurs des éléments suivants :
- pâleur, sueurs, peau froide et moite ;
- sensation de faiblesse, jambes molles, tête qui tourne ;
- nausées, vomissements ;
- vision trouble, bourdonnements d’oreilles ;
- impression de « partir », d’être dans le brouillard ;
- douleur (poitrine, ventre, tête) ;
- difficulté à respirer, palpitations ;
- comportement inhabituel, agitation, confusion.
Le malaise vagal sans perte de connaissance (ou lipothymie) en est la forme la plus courante : sueurs, pâleur, nausée et voile noir survenant debout, dans la chaleur ou après une émotion.
Que faire étape par étape
- Mettez la personne au repos immédiatement, avant qu’elle ne tombe. Ne la laissez pas rester debout ni marcher.
- Installez-la dans la position où elle se sent le mieux : allongée sur le dos, jambes surélevées, si elle est pâle, en sueur, prise de vertiges (malaise vagal probable) ; assise ou demi-assise si elle a du mal à respirer ou une douleur dans la poitrine (elle refuse souvent de s’allonger : respectez-le).
- Desserrez les vêtements, aérez, éloignez les curieux, mettez-la à l’ombre s’il fait chaud ou couvrez-la s’il fait froid.
- Rassurez-la et parlez-lui calmement.
- Posez-lui des questions et notez les réponses (voir ci-dessous).
- Appelez le 15 (ou le 112), sauf si la personne est connue pour ce malaise et qu’il cède complètement en quelques minutes. Transmettez vos observations et suivez les consignes du médecin.
- Surveillez-la jusqu’à la disparition complète des signes ou l’arrivée des secours. Si elle perd connaissance, appliquez la conduite décrite dans malaise avec perte de connaissance : que faire.
Les questions à poser
| Question | Pourquoi |
|---|---|
| Quel âge avez-vous ? | Le risque cardiaque augmente avec l’âge |
| Depuis combien de temps vous sentez-vous mal ? | Durée et évolution |
| Où avez-vous mal ? La douleur s’étend-elle ? | Douleur thoracique, abdominale, céphalée |
| Avez-vous déjà eu ce malaise ? | Malaise connu ou nouveau |
| Avez-vous une maladie (diabète, cœur, épilepsie, asthme) ? | Oriente la cause |
| Prenez-vous un traitement ? L’avez-vous pris ? | Hypoglycémie, surdosage, oubli |
| Avez-vous mangé, bu ? Récemment eu un accident ou une chute ? | Jeûne, déshydratation, traumatisme |
Si la personne a un traitement ou du sucre
À la demande du médecin régulateur, ou si la personne le réclame elle-même parce qu’elle connaît son malaise, vous pouvez l’aider à prendre :
- du sucre (3 morceaux ou un verre de jus de fruits ou de soda non allégé) si elle est diabétique et fait une hypoglycémie, à condition qu’elle soit parfaitement consciente et avale sans difficulté ;
- son médicament habituel en cas de crise (trinitrine pour un angor connu, bronchodilatateur pour un asthmatique) ;
- son stylo d’adrénaline en cas de réaction allergique grave.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas laisser la personne debout, ni la faire marcher « pour prendre l’air ».
- Ne pas la laisser repartir seule, et surtout pas au volant.
- Ne pas donner d’alcool, de café ou un médicament qui ne lui appartient pas.
- Ne pas forcer quelqu’un qui étouffe ou a mal à la poitrine à s’allonger à plat.
- Ne pas minimiser une douleur thoracique, même modérée, même chez une personne jeune.
- Ne pas attendre le lendemain pour consulter en cas de signes neurologiques, même s’ils ont disparu : un AVC transitoire précède souvent un AVC constitué.
Les causes fréquentes d’un malaise sans perte de connaissance
| Cause | Signes évocateurs | Fiche |
|---|---|---|
| Malaise vagal | Pâleur, sueurs, nausée, voile noir, debout ou après une émotion | Malaise vagal |
| Hypotension orthostatique | Vertige au lever, cède en s’allongeant | Hypotension orthostatique |
| Hypoglycémie | Sueurs, tremblements, faim, irritabilité, diabète traité | Hypoglycémie |
| Chaleur | Fatigue, crampes, maux de tête, peau chaude | Coup de chaleur |
| Malaise cardiaque | Douleur thoracique, essoufflement, palpitations | Malaise cardiaque |
| AVC ou AIT | Paralysie, trouble de la parole, visage déformé | AVC |
| Crise d’angoisse | Cœur rapide, respiration accélérée, fourmillements, peur intense | Crise d’angoisse |
| Vertige vrai | Impression que tout tourne, nausées, aggravé par les mouvements de tête | Vertiges |
Seul un médecin peut établir la cause. Une crise d’angoisse, notamment, ne doit être évoquée qu’après avoir écarté une cause cardiaque ou respiratoire.
Prévention
- S’asseoir ou s’allonger dès les premiers signes d’un malaise.
- Bien s’hydrater et éviter les longues stations debout dans la chaleur.
- Ne pas sauter de repas, surtout sous traitement antidiabétique.
- Se lever progressivement le matin.
- Faire contrôler régulièrement sa tension et suivre son traitement s’il en existe un.
Questions fréquentes
Faut-il appeler le 15 pour un simple malaise ?
En cas de doute, oui : le médecin régulateur évalue la situation par téléphone et peut se contenter de conseils. Il est indispensable d’appeler si le malaise s’accompagne d’une douleur thoracique, d’une gêne respiratoire, de signes neurologiques ou s’il ne cède pas au repos.
Quelle position pour une personne qui fait un malaise ?
Allongée sur le dos, jambes surélevées, pour un malaise avec pâleur et sueurs. Assise ou demi-assise pour une gêne respiratoire ou une douleur dans la poitrine. La position latérale de sécurité est réservée aux personnes inconscientes qui respirent.
Faut-il donner du sucre à quelqu’un qui fait un malaise ?
Seulement s’il est diabétique et en hypoglycémie, parfaitement conscient et capable d’avaler. Dans les autres cas, ne donnez rien sans l’accord du médecin régulateur.
Un malaise sans perte de connaissance peut-il être grave ?
Oui. Un infarctus ou un AVC peuvent se manifester sans perte de connaissance. C’est la nature des signes associés (douleur, paralysie, essoufflement) et non l’évanouissement qui fait la gravité.