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Langue française · Orthographe et accords

Féminin des noms de métiers

Les noms de métiers se féminisent selon leur terminaison : -eur donne -euse ou -trice, -ier donne -ière, et les noms en -e changent seulement de déterminant (la ministre).

Mis à jour le 3 min de lecture

La question du féminin des noms de métiers, titres et fonctions a longtemps divisé. Le Québec a ouvert la voie dès la fin des années 1970, suivi de la Suisse, de la Belgique (décret de 1993) et de la France (circulaire de 1986, puis de 1998, et guide Femme, j’écris ton nom publié en 1999). En février 2019, l’Académie française a adopté un rapport reconnaissant que la féminisation est légitime et conforme à la langue. Les formes féminines sont aujourd’hui la norme.

Les règles selon la terminaison

Noms en -e : épicènes

Le nom ne change pas, seul le déterminant varie :

une architecte, une ministre, une juge, une maire, une notaire, une pilote, une diplomate, une secrétaire, une capitaine, une commissaire, une philosophe, une cadre.

On écrit la ministre, Madame la maire. La forme maire l’emporte sur mairesse, qui a longtemps désigné l’épouse du maire.

Noms en -eur

C’est le cas le plus délicat. Trois formations coexistent :

FormationQuand ?Exemples
-euseun verbe correspond au nomvendeuse (vendre), chercheuse (chercher), coiffeuse, danseuse, contrôleuse
-tricenom en -teur sans verbe en -ter correspondantdirectrice, actrice, rédactrice, inspectrice, agricultrice, sénatrice, autrice
-eurepas de verbe correspondant, usage québécois et suisse surtoutprofesseure, ingénieure, docteure, auteure, procureure

Pour auteur, deux formes sont admises : autrice (formation classique, attestée depuis longtemps et en forte progression) et auteure. Pour docteur, docteure domine ; doctoresse est vieilli.

Noms en -ier

Le féminin est en -ière : une pompière, une policière, une conseillère, une officière, une banquière, une infirmière, une hôtelière.

Noms en -ien, -on, -an

On double la consonne : une chirurgienne, une mécanicienne, une pharmacienne, une informaticienne, une technicienne, une championne, une patronne, une paysanne.

Noms en -at, -in, -ant, -ent

On ajoute un e : une avocate, une magistrate, une candidate, une écrivaine, une assistante, une présidente, une agente, une adjointe. Exception d’usage : une médecin (et non médecine, qui désigne la discipline).

Cas particuliers : chef, marin

Chef donne cheffe (forme répandue en Suisse puis en France) ou la chef ; les deux sont admises. Marin donne une marin ou une marine (rare).

Liste des formes courantes

MasculinFéminin recommandé
un auteurune autrice / une auteure
un professeurune professeure
un ingénieurune ingénieure
un docteurune docteure
un écrivainune écrivaine
un médecinune médecin
un chefune cheffe / une chef
un pompierune pompière
un procureurune procureure
un recteurune rectrice
un sapeur-pompierune sapeuse-pompière
un préfetune préfète
un députéune députée
un maireune maire
un ambassadeurune ambassadrice
un gouverneurune gouverneure
un sénateurune sénatrice

Madame le ministre ou madame la ministre ?

Les deux formes se sont longtemps opposées. Depuis 2019, l’Académie française admet la ministre et l’administration française l’emploie officiellement. Madame le ministre reste possible pour une personne qui le demande expressément, mais Madame la ministre est la forme usuelle. Dans un courrier, voir les formules de politesse.

Différences entre pays francophones

  • Québec : féminisation précoce et systématique, forte préférence pour -eure (auteure, professeure, docteure).
  • Suisse : formes en -eure et cheffe très répandues.
  • Belgique : le décret de 1993 a fixé des règles officielles ; autrice y est bien implanté.
  • France : usage plus tardif, aujourd’hui aligné ; autrice progresse face à auteure.

Questions fréquentes

« Autrice » est-il un néologisme ?

Non. Autrice est attesté depuis plusieurs siècles et a été combattu au XVIIe siècle avant de disparaître de l’usage. Il est revenu au XXIe siècle. Voir les néologismes.

Peut-on dire « une médecin » ?

Oui, c’est la forme la plus employée. Médecine désigne la discipline et ne s’emploie guère pour la personne.

La féminisation est-elle obligatoire ?

Aucune loi ne l’impose aux particuliers. Les administrations française, belge, suisse et québécoise appliquent en revanche les formes féminines dans leurs textes.

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