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Arts · Peintres et sculpteurs

Piero della Francesca

Piero della Francesca (vers 1415-1492) est un peintre et mathématicien italien de la Renaissance. Sa perspective rigoureuse et sa lumière claire font de lui l’un des maîtres du Quattrocento.

Mis à jour le 4 min de lecture

Piero della Francesca, né vers 1415 à Borgo San Sepolcro (aujourd’hui Sansepolcro, en Toscane) et mort dans la même ville le 12 octobre 1492, est l’un des grands peintres de la Renaissance italienne. Il est aussi l’auteur de traités de mathématiques et de géométrie, dont un traité de perspective. Sa peinture, d’une clarté géométrique, d’une lumière pâle et d’un calme solennel, a été oubliée pendant des siècles avant d’être redécouverte au XXe siècle, où elle fascine les peintres modernes.

Repères chronologiques

DateÉvénement
vers 1415Naissance à Borgo San Sepolcro, fils d’un marchand
1439Travaille à Florence aux côtés de Domenico Veneziano
1445Commande du Polyptyque de la Miséricorde pour Sansepolcro
1451Fresque de Sigismond Malatesta, Rimini
vers 1452 – 1466Légende de la Vraie Croix, basilique San Francesco, Arezzo
vers 1455 – 1460La Flagellation du Christ, pour la cour d’Urbino (datation débattue)
vers 1465 – 1474Diptyque des ducs d’Urbino (Federico da Montefeltro et Battista Sforza)
vers 1472 – 1474Retable de Brera (Pala Montefeltro)
années 1470 – 1480Traités : De prospectiva pingendi, Libellus de quinque corporibus regularibus
12 octobre 1492Mort à Sansepolcro

Un peintre entre province et cours

Piero reste attaché toute sa vie à sa petite ville natale, où il exerce des charges municipales. Il se forme probablement à Florence, où il découvre la perspective de Brunelleschi, les volumes de Masaccio et la lumière de Domenico Veneziano. Il travaille ensuite pour plusieurs cours : les Este à Ferrare, Malatesta à Rimini, le pape à Rome, et surtout Federico da Montefeltro, duc d’Urbino, grand mécène humaniste.

À la fin de sa vie, il semble cesser de peindre — Vasari affirme qu’il était devenu aveugle — et se consacre aux mathématiques. Son élève le mathématicien Luca Pacioli reprendra largement ses travaux.

Le style de Piero della Francesca

La géométrie

Chez Piero, tout est mesuré. La perspective est construite avec exactitude, les corps ressemblent à des volumes simples (cylindres, sphères), les compositions reposent sur des proportions calculées. Il écrit dans son traité que la peinture est fondée sur le dessin, la mesure et la couleur.

La lumière

Sa lumière est diffuse, claire, presque matinale. Les couleurs sont pâles — blancs, roses, bleus, gris — et les ombres légères. Cette lumière unifie l’espace et donne aux scènes une grande sérénité.

L’immobilité

Ses personnages sont graves, impassibles, figés dans des attitudes solennelles. Le drame est absent même dans les scènes de violence : la Flagellation se tient au fond d’une loggia, tandis que trois hommes discutent au premier plan.

La Flagellation du Christ

Ce petit panneau de la Galleria nazionale delle Marche, à Urbino, est l’une des énigmes les plus discutées de l’histoire de l’art. À gauche, dans un palais à l’antique, le Christ est fouetté devant Pilate ; à droite, en plein air, trois personnages contemporains conversent sans regarder la scène. Leur identité et le sens du tableau — allusion à la chute de Constantinople en 1453, portrait commémoratif, méditation théologique — font l’objet de dizaines d’hypothèses. La perspective y est construite avec une telle précision qu’on a pu restituer le plan exact de la loggia.

Œuvres majeures de Piero della Francesca

TitreDateLieu de conservation
Le Baptême du Christvers 1440 – 1450National Gallery, Londres
Polyptyque de la Miséricorde1445 – vers 1462Musée civique, Sansepolcro
La Légende de la Vraie Croixvers 1452 – 1466Basilique San Francesco, Arezzo
La Flagellation du Christvers 1455 – 1460Galleria nazionale delle Marche, Urbino
La Résurrectionvers 1460 – 1465Musée civique, Sansepolcro
La Madone del Partovers 1460Musée de la Madone del Parto, Monterchi
Diptyque des ducs d’Urbinovers 1465 – 1474Galerie des Offices, Florence
Retable de Breravers 1472 – 1474Pinacothèque de Brera, Milan

L’héritage

Piero influence directement les peintres d’Ombrie et d’Italie centrale, dont Pérugin, le maître de Raphaël. Puis il est largement oublié. Au XIXe et surtout au XXe siècle, il est redécouvert : ses volumes simples et sa lumière claire parlent aux admirateurs de Cézanne et du cubisme, puis à Balthus, Hopper ou Morandi. L’historien de l’art Roberto Longhi lui consacre en 1927 une monographie décisive. L’écrivain Aldous Huxley a qualifié La Résurrection de Sansepolcro de « plus beau tableau du monde ».

Questions fréquentes

Pourquoi Piero della Francesca est-il célèbre ?

Pour sa maîtrise exceptionnelle de la perspective et de la géométrie, sa lumière claire et la sérénité de ses figures. Il est à la fois peintre et mathématicien, incarnation de l’idéal humaniste de la Renaissance.

Où voir ses œuvres ?

En Toscane et dans les Marches : Arezzo (Légende de la Vraie Croix), Sansepolcro, Monterchi, Urbino. Mais aussi à Florence (Offices), Milan (Brera) et Londres (National Gallery). Il n’y a pas de grande œuvre de lui dans les musées français.

Qu’est-ce que la Légende de la Vraie Croix ?

Un cycle de fresques du chœur de la basilique San Francesco d’Arezzo, tiré de la Légende dorée de Jacques de Voragine. Il raconte l’histoire du bois de la croix du Christ, depuis la mort d’Adam jusqu’à sa récupération par l’empereur Héraclius.

A-t-il écrit des livres ?

Oui : un traité de calcul pour marchands (Trattato d’abaco), un traité de perspective pour peintres (De prospectiva pingendi) et un traité sur les cinq polyèdres réguliers.

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