Santé et secours · Gestes de premiers secours
Hémorragie : que faire
Face à une hémorragie externe, appuyez fortement sur la plaie, main protégée ou avec un tissu propre, allongez la victime et appelez le 15 ou le 18. Le garrot ne sert que si la compression est impossible ou inefficace.
Mis à jour le 5 min de lecture
Une hémorragie est un écoulement de sang abondant et prolongé hors des vaisseaux. Elle est dite externe quand le sang s’écoule par une plaie, extériorisée quand il sort par un orifice naturel (nez, bouche, oreille, voies urinaires ou génitales, anus), interne quand il reste dans le corps (après un choc violent, par exemple). Une hémorragie grave peut entraîner la mort en quelques minutes : l’adulte possède environ 5 litres de sang, et la perte rapide de plus d’un litre met sa vie en danger. Le geste du témoin, appuyer sur la plaie, est souvent décisif.
Arrêter une hémorragie externe : étape par étape
- Protégez-vous : si possible, enfilez des gants à usage unique ou glissez votre main dans un sac plastique. À défaut, n’hésitez pas à agir et lavez-vous soigneusement ensuite.
- Comprimez directement la plaie avec la paume de la main, fortement, éventuellement par-dessus un tissu propre (compresse, mouchoir, vêtement). Si le saignement traverse le tissu, ajoutez-en un autre par-dessus sans retirer le premier.
- Allongez la victime au sol, ce qui limite le risque de malaise et ralentit le saignement.
- Faites alerter les secours (15, 18 ou 112), ou alertez vous-même sans relâcher la pression.
- Remplacez la main par un pansement compressif si vous devez vous libérer : un tampon de tissu propre maintenu fermement par un bandage, une écharpe ou une bande, qui recouvre toute la plaie. Si le saignement reprend, recomprimez à la main.
- Couvrez la victime, rassurez-la, parlez-lui.
- Surveillez-la jusqu’à l’arrivée des secours : conscience, respiration, coloration, saignement.
Quand et comment utiliser un garrot
Le garrot est un geste de dernier recours, réservé à une hémorragie d’un membre (bras, jambe) lorsque la compression directe est impossible (plusieurs victimes à secourir, corps étranger dans la plaie, membre arraché, plaie inaccessible) ou inefficace.
- Utilisez de préférence un garrot du commerce (garrot tourniquet) ; à défaut, un lien large et non élastique (cravate, foulard, ceinture en tissu) d’au moins 3 à 5 cm de large, avec un bâton pour serrer.
- Placez-le entre la plaie et la racine du membre, quelques centimètres au-dessus de la plaie, jamais sur une articulation.
- Serrez jusqu’à l’arrêt complet du saignement.
- Notez l’heure de pose (sur le garrot, sur le front de la victime) et prévenez les secours.
- Ne desserrez jamais un garrot : seuls les médecins le retireront.
Cas particuliers
Corps étranger dans la plaie
Ne retirez jamais un objet planté (couteau, morceau de verre) : il bouche partiellement la plaie et le retirer peut aggraver le saignement. Comprimez de part et d’autre de l’objet, ou posez un garrot s’il s’agit d’un membre et que le saignement est important.
Saignement de nez
- Faites asseoir la personne, tête penchée en avant (jamais en arrière : le sang coulerait dans la gorge).
- Demandez-lui de se moucher pour évacuer les caillots.
- Comprimez les deux narines entre le pouce et l’index, juste sous la partie osseuse du nez, pendant 10 minutes sans relâcher.
- Consultez ou appelez le 15 si le saignement ne s’arrête pas après deux tentatives, s’il suit un choc à la tête, ou chez une personne sous anticoagulant.
Saignement par la bouche ou l’oreille
Un saignement par l’oreille après un choc à la tête peut traduire une fracture du crâne : ne comprimez pas, installez la victime de préférence sur le côté du saignement si elle est inconsciente et appelez le 15. Un crachat ou un vomissement de sang impose aussi l’appel du 15.
Les signes de détresse à surveiller
Une hémorragie importante, même arrêtée, peut provoquer un état de choc. Signalez immédiatement aux secours :
- pâleur intense, peau froide, sueurs ;
- soif, frissons ;
- pouls rapide et faible ;
- respiration rapide ;
- agitation, angoisse, puis somnolence ou perte de connaissance.
Si la victime perd connaissance, vérifiez sa respiration : PLS si elle respire en maintenant la compression si possible, massage cardiaque si elle ne respire pas.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas relâcher la compression « pour voir » si cela saigne encore.
- Ne pas retirer le premier tissu imbibé.
- Ne pas donner à boire à la victime.
- Ne pas poser de garrot pour une plaie qui saigne peu ni sur le cou, le tronc ou une articulation.
- Ne pas pencher la tête en arrière en cas de saignement de nez.
- Ne pas utiliser de coton directement sur la plaie (les fibres collent).
Hémorragie interne : la suspecter
Après une chute importante, un accident de la route ou un coup violent sur le ventre ou le thorax, une hémorragie interne est possible même sans plaie visible. Les signes de choc (pâleur, sueurs, pouls rapide, soif, malaise) doivent faire appeler le 15 sans attendre. Allongez la victime, couvrez-la et ne lui donnez rien à boire.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il comprimer une plaie ?
Jusqu’à l’arrêt complet du saignement pour une petite plaie (souvent plusieurs minutes), et jusqu’à l’arrivée des secours pour une hémorragie grave. Ne relâchez pas pour vérifier.
Faut-il surélever le membre qui saigne ?
Ce n’est plus recommandé comme geste principal : la compression directe est le geste efficace. La surélévation ne doit jamais retarder ou remplacer la compression.
Peut-on poser un garrot sans formation ?
Oui, si la vie de la victime est menacée et que la compression est impossible ou inefficace. Les formations aux premiers secours (PSC1, « Gestes qui sauvent ») enseignent ce geste.
Que mettre dans une trousse pour arrêter une hémorragie ?
Des gants, des compresses stériles, des bandes et, idéalement, un pansement compressif d’urgence et un garrot tourniquet. Voir trousse de secours.