Langue française · Origine des expressions
Faire l’école buissonnière
Faire l’école buissonnière, c’est ne pas aller en classe pour flâner dehors. L’expression date au moins du XVIe siècle ; elle évoque les buissons de la campagne, et peut-être des écoles clandestines tenues hors des villes.
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Faire l’école buissonnière, c’est manquer l’école sans autorisation pour aller jouer ou se promener : Au lieu d’aller en cours, il a fait l’école buissonnière au bord de la rivière. Par extension, l’expression s’applique à un adulte qui délaisse ses obligations pour se détendre.
Sens et emploi
L’expression a souvent une connotation tendre ou nostalgique : elle évoque la liberté, la nature, l’enfance. Elle n’a pas la sécheresse de absentéisme ni le caractère familier de sécher. Appliquée à un adulte, elle signifie s’accorder une parenthèse (cet après-midi, je fais l’école buissonnière). Le registre est courant.
Origine de l’expression
Les buissons de la campagne
L’explication la plus simple, admise par tous, part de l’adjectif buissonnier, « qui vit ou se tient dans les buissons ». L’écolier qui fait l’école buissonnière va « à l’école des buissons » : il apprend dans la nature plutôt qu’en classe. L’expression est relevée au XVIe siècle.
Les écoles clandestines du XVIe siècle
Une explication historique plus précise est souvent avancée. Au XVIe siècle, l’enseignement était étroitement contrôlé par l’Église. Des maîtres non autorisés auraient tenu des écoles en plein air, hors des villes, à l’abri des haies et des buissons, notamment pour échapper aux droits dus aux autorités ecclésiastiques. On a rattaché ces écoles aux protestants, qui, à l’époque de la Réforme, auraient instruit leurs enfants clandestinement dans les campagnes. Des textes de l’époque condamnent effectivement ces « écoles buissonnières ».
| Explication | Ce qu’elle suppose | Appréciation |
|---|---|---|
| L’école des buissons | l’enfant flâne dans la nature au lieu d’aller en classe | simple, compatible avec toutes les attestations |
| Les écoles non autorisées | des maîtres enseignaient hors des villes, sans autorisation | appuyée par des mentions d’époque, mais le lien avec le sens moderne reste discuté |
| Les écoles protestantes | les réformés instruisaient leurs enfants en cachette dans les campagnes | souvent citée ; l’association exclusive aux protestants est incertaine |
Exemples
Équivalents et synonymes
| Langue | Équivalent | Sens littéral |
|---|---|---|
| Anglais | to play truant (britannique), to play hooky (américain) | jouer le vagabond |
| Espagnol | hacer novillos, hacer pellas | faire les jeunes taureaux |
| Italien | marinare la scuola, bigiare | mariner l’école |
| Allemand | die Schule schwänzen | sécher l’école |
En français : sécher les cours, manquer l’école, faire le mur, courir les champs. Au Québec, on dit aussi foxer l’école. Celui qui fuit l’effort par habitude a plutôt un poil dans la main ; celui qui part discrètement d’une réunion file à l’anglaise.
Questions fréquentes
Pourquoi dit-on « école buissonnière » ?
Parce que l’enfant qui manque la classe va courir dans la campagne, parmi les buissons. On rattache aussi l’expression aux écoles non autorisées tenues en plein air au XVIe siècle.
Est-il vrai que l’expression vient des protestants ?
C’est une hypothèse répandue : des réformés auraient instruit leurs enfants en cachette dans les campagnes. Elle n’est pas démontrée ; l’existence d’écoles « buissonnières » non autorisées est mieux établie que leur lien exclusif avec les protestants.
Que veut dire « faire l’école buissonnière » pour un adulte ?
S’accorder une pause en délaissant ses obligations, prendre un moment de liberté.
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