Histoire · XIXe siècle
Bataille d’Austerlitz
La bataille d’Austerlitz, le 2 décembre 1805, est la plus célèbre victoire de Napoléon. Il y écrase les armées russe et autrichienne en Moravie et brise la troisième coalition.
Mis à jour le 4 min de lecture
La bataille d’Austerlitz se déroule le 2 décembre 1805 près du village d’Austerlitz (aujourd’hui Slavkov u Brna, en République tchèque), en Moravie. La Grande Armée de Napoléon y affronte les armées de l’empereur de Russie Alexandre Ier et de l’empereur d’Autriche François II, d’où son surnom de « bataille des Trois Empereurs ». Grâce à un piège tactique resté célèbre, Napoléon remporte une victoire complète, un an jour pour jour après son sacre. Elle met fin à la troisième coalition et assure la domination française en Europe centrale.
L’essentiel en bref
| Repère | Donnée |
|---|---|
| Date | 2 décembre 1805 |
| Lieu | entre Brünn (Brno) et Austerlitz, Moravie |
| Camp français | Napoléon ; maréchaux Soult, Lannes, Davout, Bernadotte, Murat |
| Coalition | Alexandre Ier, François II ; général Koutouzov |
| Effectifs | environ 73 000 Français contre environ 85 000 Austro-Russes |
| Pertes françaises | environ 1 300 tués et 7 000 blessés |
| Pertes coalisées | environ 15 000 tués et blessés, et plus de 10 000 prisonniers |
| Conséquence | traité de Presbourg (26 décembre 1805) |
Le contexte : la troisième coalition
En 1805, la Grande-Bretagne, l’Autriche, la Russie et la Suède s’allient contre la France. Napoléon renonce à envahir l’Angleterre et lance la Grande Armée, rassemblée au camp de Boulogne, vers le Danube.
- 20 octobre 1805 : l’armée autrichienne du général Mack capitule à Ulm.
- 21 octobre 1805 : la flotte franco-espagnole est détruite à Trafalgar par Nelson. La Grande-Bretagne garde la maîtrise des mers.
- 13 novembre : les Français entrent dans Vienne.
Loin de ses bases, menacé par l’arrivée de renforts russes et par l’éventuelle entrée en guerre de la Prusse, Napoléon cherche une bataille décisive rapide.
Le piège de Napoléon
Napoléon choisit lui-même le terrain. Il occupe d’abord le plateau de Pratzen, point dominant du champ de bataille, puis l'abandonne volontairement. Il affaiblit aussi sa droite, au sud, pour inciter l’ennemi à l’attaquer et à couper sa route vers Vienne. Il fait même proposer un armistice pour paraître en difficulté.
Le déroulement de la bataille
- À l’aube, dans le brouillard, les colonnes austro-russes descendent du plateau de Pratzen pour attaquer la droite française vers Telnitz et Sokolnitz. Les hommes de Davout résistent, reculent, reprennent les villages.
- Vers 9 heures, le brouillard se lève : c’est le fameux « soleil d’Austerlitz ». Napoléon lance le corps de Soult à l’assaut du plateau, presque vidé. Les divisions Saint-Hilaire et Vandamme s’en emparent.
- En fin de matinée, les Russes contre-attaquent avec la cavalerie de la Garde impériale russe ; la cavalerie de la Garde de Napoléon la repousse.
- Au nord, Lannes et Murat fixent l’aile droite coalisée de Bagration.
- L’après-midi, Soult se rabat vers le sud et prend à revers l’aile gauche coalisée, coincée entre les Français et des étangs gelés. Les troupes s’enfuient en désordre ; certaines tentent de traverser la glace, brisée par l’artillerie.
Le nombre de soldats noyés dans les étangs a été très exagéré par la légende : les fouilles et les sources russes suggèrent quelques centaines au plus.
Le soir, Napoléon adresse à ses soldats une proclamation qui commence par « Soldats, je suis content de vous », et leur promet qu’il suffira de dire « j’étais à la bataille d’Austerlitz » pour être salué comme un brave.
Les conséquences
- Armistice dès le 4 décembre : François II rencontre Napoléon ; les Russes se retirent.
- Traité de Presbourg (26 décembre 1805) : l’Autriche cède la Vénétie au royaume d’Italie, le Tyrol à la Bavière, et reconnaît les nouveaux royaumes de Bavière et de Wurtemberg, alliés de la France.
- Fin du Saint-Empire : Napoléon crée en juillet 1806 la Confédération du Rhin ; François II renonce au titre d’empereur romain germanique le 6 août 1806, mettant fin au Saint-Empire.
- La Prusse, qui hésitait, doit s’allier à la France, avant d’entrer en guerre en 1806 et d’être écrasée à Iéna.
Austerlitz devient le symbole de l’apogée du génie militaire de Napoléon et du Premier Empire, avant les revers qui mènent à Waterloo.
Les traces d’Austerlitz à Paris
| Lieu | Lien avec la bataille |
|---|---|
| Colonne Vendôme | Habillée du bronze de canons pris à l’ennemi en 1805 |
| Arc de triomphe du Carrousel | Commémore les victoires de 1805 |
| Arc de triomphe de l’Étoile | Décidé en 1806 après Austerlitz, achevé en 1836 |
| Gare et pont d’Austerlitz | Nommés d’après la victoire |
Questions fréquentes
Pourquoi parle-t-on de la bataille des Trois Empereurs ?
Parce que trois empereurs étaient présents : Napoléon Ier, Alexandre Ier de Russie et François II d’Autriche.
Où se trouve Austerlitz ?
En République tchèque, à une vingtaine de kilomètres à l’est de Brno. Le village s’appelle aujourd’hui Slavkov u Brna.
Qu’est-ce que le soleil d’Austerlitz ?
Le soleil qui perce le brouillard au matin du 2 décembre 1805, au moment où Napoléon lance l’attaque décisive sur le plateau de Pratzen. L’expression désigne depuis un présage de victoire.
Pourquoi Austerlitz est-elle si célèbre ?
Elle est considérée comme le chef-d’œuvre tactique de Napoléon : une armée inférieure en nombre y écrase deux grandes puissances en une journée.