Histoire · XIXe siècle
Bismarck
Otto von Bismarck (1815–1898), ministre-président de Prusse puis chancelier, réalise l’unité allemande par trois guerres et fonde l’Empire allemand en 1871. Il le dirige jusqu’en 1890.
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Otto von Bismarck, né le 1er avril 1815 à Schönhausen, en Prusse, et mort le 30 juillet 1898 à Friedrichsruh, est l’artisan de l'unité allemande. Ministre-président de Prusse à partir de 1862, il fait l’Allemagne non par des discours mais par la guerre et la diplomatie, puis gouverne pendant vingt ans le nouvel Empire allemand comme chancelier. Surnommé le « chancelier de fer », il est le modèle de la Realpolitik, politique fondée sur les rapports de force plutôt que sur les idéaux.
Fiche d’identité
| Repère | Donnée |
|---|---|
| Origine | famille de Junkers, aristocratie terrienne de Prusse orientale |
| Fonctions | ministre-président de Prusse (1862 – 1890), chancelier de la Confédération de l’Allemagne du Nord (1867), chancelier de l’Empire allemand (1871 – 1890) |
| Souverain | Guillaume Ier, roi de Prusse puis empereur allemand |
| Titres | comte (1865), prince (1871) |
| Renvoi | mars 1890, par Guillaume II |
| Surnom | « chancelier de fer » |
« Le fer et le sang »
En 1862, le roi Guillaume Ier est en conflit avec le Parlement prussien, qui refuse de voter les crédits d’une réforme de l’armée. Il appelle Bismarck, diplomate conservateur et monarchiste. Devant une commission parlementaire, le 30 septembre 1862, Bismarck déclare que les grandes questions de l’époque ne se régleront pas par des discours et des votes de majorité, mais par le fer et le sang. Il gouverne ensuite plusieurs années en levant l’impôt sans budget voté.
L’unité par trois guerres
| Guerre | Date | Résultat |
|---|---|---|
| Guerre des Duchés, contre le Danemark | 1864 | Le Schleswig et le Holstein passent sous contrôle prussien et autrichien |
| Guerre austro-prussienne | 1866 | Victoire de Sadowa (3 juillet) ; l’Autriche est exclue des affaires allemandes ; création de la Confédération de l’Allemagne du Nord (1867) |
| Guerre franco-allemande | 1870 – 1871 | Les États du Sud rejoignent la Prusse ; l’Empire allemand est proclamé ; la France perd l’Alsace et une partie de la Lorraine |
Le 18 janvier 1871, dans la galerie des Glaces du château de Versailles, Guillaume Ier est proclamé empereur allemand. L’unité se fait sous la direction de la Prusse et sans l’Autriche : c’est la solution dite « petite-allemande ». Voir l'unification allemande.
Le chancelier de l’Empire (1871 – 1890)
À l’intérieur, Bismarck combat ceux qu’il considère comme des « ennemis de l’Empire » :
- Le Kulturkampf (1871–1878) : lutte contre l’Église catholique et son parti, le Zentrum ; expulsion des jésuites, contrôle de l’enseignement, mariage civil obligatoire. Il y renonce face à la résistance des catholiques.
- Les lois antisocialistes (1878) : interdiction des organisations et journaux socialistes, jusqu’en 1890. Le parti social-démocrate progresse malgré tout.
- Les assurances sociales : pour détacher les ouvriers du socialisme, il crée les premières assurances obligatoires du monde : maladie (1883), accidents du travail (1884), invalidité et vieillesse (1889).
Le système bismarckien d’alliances
Une fois l’Allemagne unifiée, Bismarck la dit « saturée » : il veut maintenir la paix et isoler la France, qui rêve de revanche.
- Entente des trois empereurs (1873) avec l’Autriche-Hongrie et la Russie.
- Congrès de Berlin (1878), où il se pose en « honnête courtier » des questions balkaniques.
- Duplice (1879) avec l’Autriche-Hongrie, élargie en Triplice (1882) avec l’Italie.
- Traité de réassurance (1887) avec la Russie.
D’abord hostile aux colonies, il accepte dans les années 1880 des protectorats en Afrique et dans le Pacifique et réunit la conférence de Berlin (1884–1885) sur le partage de l’Afrique.
La chute et la retraite
Le jeune empereur Guillaume II, monté sur le trône en 1888, veut gouverner lui-même. En désaccord sur les lois antisocialistes et la politique russe, Bismarck démissionne en mars 1890. Le traité de réassurance avec la Russie n’est pas renouvelé ; la Russie se rapproche de la France. Retiré à Friedrichsruh, Bismarck critique la nouvelle politique dans la presse et rédige ses mémoires. Il meurt en 1898.
Héritage
Bismarck a donné à l’Allemagne son unité, une administration moderne et une protection sociale pionnière, mais aussi un régime autoritaire où le Parlement reste faible, et une hostilité durable avec la France après l’annexion de l’Alsace-Moselle, l’une des causes lointaines de la Première Guerre mondiale.
Questions fréquentes
Pourquoi Bismarck est-il appelé le chancelier de fer ?
En référence à son discours de 1862 sur « le fer et le sang », et à sa politique autoritaire et inflexible.
Qu’est-ce que la Realpolitik ?
Une politique fondée sur les intérêts et les rapports de force plutôt que sur des principes moraux ou idéologiques. Bismarck en est l’exemple type.
Bismarck a-t-il créé la Sécurité sociale ?
Il a créé dans les années 1880 les premières assurances sociales obligatoires, maladie, accidents et vieillesse, qui ont inspiré les systèmes ultérieurs.
Pourquoi Bismarck a-t-il été renvoyé ?
Le nouvel empereur Guillaume II voulait diriger lui-même la politique et s’opposait à Bismarck sur les socialistes et la Russie. Le chancelier démissionne en 1890.