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Géographie · France

Aires d’attraction des villes et aires urbaines

Une aire d’attraction des villes (Insee, 2020) réunit un pôle et une couronne de communes dont au moins 15 % des actifs travaillent dans ce pôle. Elle remplace l’ancienne aire urbaine.

Mis à jour le 4 min de lecture

Pour mesurer l’influence des villes au-delà de leurs limites communales, l'Insee construit des zonages statistiques. Les manuels de 3e parlent encore souvent d'aires urbaines, une notion remplacée en 2020 par celle d'aires d’attraction des villes (AAV). Les deux reposent sur la même idée : une ville ne s’arrête pas à ses limites administratives, elle s’étend aussi loin que vont chaque jour ses travailleurs.

Pourquoi ne pas se contenter de la commune ?

La commune de Lyon compte environ 520 000 habitants, mais l’agglomération en rassemble bien plus et l’aire d’attraction de Lyon plus de 2 millions. La commune de Marseille, très vaste, inclut au contraire des espaces naturels. Comparer des villes à partir des seules communes n’a donc pas de sens. Les zonages de l’Insee permettent de comparer des réalités équivalentes (voir plus grandes villes de France).

Les trois zonages à connaître

ZonageCritèreCe qu’il mesure
Unité urbainebâti continu (pas plus de 200 m entre deux constructions) et au moins 2 000 habitantsla ville « physique », l’agglomération
Aire urbaine (1996-2020)pôle urbain offrant au moins 10 000 emplois + couronne de communes où au moins 40 % des actifs travaillent dans l’airel’influence de la ville sur l’emploi
Aire d’attraction des villes (depuis 2020)pôle défini par sa population et ses emplois + couronne de communes où au moins 15 % des actifs travaillent dans le pôlel’influence de la ville, harmonisée avec les définitions européennes

Le seuil de 15 %, plus bas que les 40 % de l’ancienne aire urbaine, donne des aires plus étendues. Il correspond à la méthode européenne des functional urban areas (zones urbaines fonctionnelles), ce qui facilite les comparaisons avec les autres pays de l’Union.

Ce que montrent les aires d’attraction

  • Environ 93 % de la population française vit dans l’aire d’attraction d’une ville, et la grande majorité dans l’une des grandes aires.
  • On compte un peu moins de 700 aires d’attraction en France.
  • L’aire de Paris est de très loin la plus grande, avec environ 13 millions d’habitants, soit près d’un Français sur cinq.
  • Seules quelques aires dépassent un million d’habitants : Paris, Lyon, Marseille-Aix-en-Provence, Lille (partie française), Toulouse, Bordeaux.

L’Insee classe les aires par taille de population : Paris, aires de 700 000 habitants ou plus, de 200 000 à 700 000, de 50 000 à 200 000, et moins de 50 000.

Les grandes aires d’attraction

Aire d’attraction (ordre de grandeur, années 2020)Population
Parisenviron 13 millions
Lyonplus de 2 millions
Marseille-Aix-en-Provenceenviron 1,9 million
Lille (partie française)environ 1,5 million
Toulouseenviron 1,5 million
Bordeauxenviron 1,4 million
Nantesenviron 1 million

Les chiffres exacts varient selon l’année de recensement ; l’ordre est stable, avec une croissance particulièrement rapide de Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes et Montpellier.

Comment utiliser ces notions dans une copie ?

  • Pour parler de la ville au sens large, avec ses navetteurs : utiliser « aire d’attraction » (ou « aire urbaine » si le manuel l’emploie).
  • Pour parler de la ville bâtie continue : utiliser « agglomération » ou « unité urbaine ».
  • Pour parler de l'institution qui gère les transports, l’urbanisme ou les déchets : utiliser « métropole », « communauté urbaine » ou « intercommunalité » (voir métropoles françaises).

La croissance des aires s’explique largement par la périurbanisation : les couronnes gagnent davantage d’habitants que les pôles.

Schéma d’une aire d’attraction

En partant du centre :

  1. La ville-centre, cœur du pôle, avec les principales fonctions.
  2. La banlieue, en continuité du bâti, qui fait partie du pôle.
  3. La couronne, formée de communes rurales ou de petites villes reliées au pôle par les déplacements domicile-travail.
  4. Au-delà, des communes hors attraction des villes, souvent dans les espaces de faible densité.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre aire urbaine et aire d’attraction des villes ?

L’aire urbaine (zonage de 2010) utilisait un seuil de 40 % d’actifs travaillant dans le pôle ; l’aire d’attraction des villes (zonage de 2020) utilise un seuil de 15 % et une définition des pôles fondée sur la densité et l’emploi. Les aires d’attraction sont donc plus vastes.

Quelle est la plus grande aire d’attraction de France ?

Celle de Paris, avec environ 13 millions d’habitants, qui s’étend bien au-delà de l’Île-de-France sur des communes de l’Oise, de l’Eure, de l’Eure-et-Loir, du Loiret, de l’Yonne ou de l’Aisne.

Une métropole et une aire d’attraction, est-ce la même chose ?

Non. La métropole est une intercommunalité, avec des élus et un budget. L’aire d’attraction est un zonage statistique, sans pouvoir politique. Le territoire de la Métropole de Lyon est par exemple bien plus petit que l’aire d’attraction de Lyon.

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