Géographie · France
La périurbanisation
La périurbanisation est l’installation de citadins dans des communes rurales autour des villes, où ils vivent tout en continuant à travailler en ville. Elle crée les espaces périurbains.
Mis à jour le 4 min de lecture
La périurbanisation est une notion centrale du programme de géographie de 3e (« les aires urbaines, une nouvelle géographie d’une France mondialisée ») et de première. En France, elle a pris son essor à partir des années 1970 et a profondément transformé les campagnes autour des villes. Elle est l’une des formes principales de l'étalement urbain.
Ville-centre, banlieue, périurbain : les couronnes de la ville
| Espace | Caractéristiques |
|---|---|
| Ville-centre | commune principale, dense, ancienne, concentre emplois, commerces et services |
| Banlieue | communes urbanisées en continuité avec la ville-centre (bâti continu) |
| Couronne périurbaine | communes rurales ou petites villes, non contiguës, sous l’influence de la ville par les déplacements domicile-travail |
L’Insee a longtemps défini les aires urbaines (pôle urbain + couronne périurbaine où au moins 40 % des actifs travaillent dans le pôle). Depuis 2020, il utilise le zonage en aires d’attraction des villes (voir aires d’attraction des villes), fondé sur le même principe.
Pourquoi les citadins partent-ils vers le périurbain ?
- Le désir de maison individuelle avec jardin, très répandu en France.
- Le prix du foncier et de l’immobilier, bien plus bas qu’en ville ou en banlieue proche.
- L’automobile et le développement des routes, rocades et autoroutes, qui permettent de parcourir de longues distances chaque jour.
- La recherche d’un cadre de vie jugé plus calme, plus vert et plus sûr pour élever des enfants.
- Les politiques publiques : aides à l’accession à la propriété, stratégie de petites communes qui ouvrent des lotissements pour gagner des habitants.
Les mobilités pendulaires
Les habitants du périurbain effectuent des migrations pendulaires (ou navettes) : allers-retours quotidiens entre leur domicile et leur lieu de travail ou d’études. En France, la grande majorité de ces trajets se fait en voiture, faute de transports en commun efficaces. Les distances domicile-travail ont nettement augmenté depuis les années 1970. Les heures de pointe provoquent des embouteillages aux entrées des agglomérations.
Les paysages du périurbain
- Lotissements pavillonnaires, souvent à l’écart du vieux village.
- Zones commerciales et d’activités le long des routes (hypermarchés, entrepôts, concessions automobiles).
- Ronds-points, rocades, parkings.
- Champs et bois de plus en plus morcelés.
- Villages anciens réhabilités, résidences secondaires devenues principales.
Les conséquences
| Domaine | Effets |
|---|---|
| Environnement | consommation de terres agricoles et naturelles, artificialisation, dépendance à la voiture, émissions de CO₂ |
| Économie des ménages | budget transport élevé (deux voitures souvent nécessaires), vulnérabilité à la hausse des prix du carburant |
| Société | allongement des temps de trajet, isolement des personnes sans voiture (jeunes, personnes âgées), sentiment d’éloignement des services |
| Communes | croissance rapide de la population, besoins en écoles, réseaux, équipements ; transformation de l’identité rurale |
| Villes-centres | perte d’habitants pendant des décennies, puis reconquête |
Le mouvement des « gilets jaunes » (2018-2019), déclenché par une hausse des taxes sur les carburants, a mis en lumière la dépendance automobile d’une partie de la population périurbaine et rurale.
Les réponses des pouvoirs publics
- Limiter l’artificialisation : objectif de « zéro artificialisation nette » fixé en 2021 pour 2050.
- Densifier les bourgs et les lotissements existants.
- Développer les transports : trains express régionaux, projets de « RER métropolitains » (services express régionaux métropolitains), cars express, parkings relais, covoiturage.
- Revitaliser les centres-bourgs et les petites villes (programme « Petites villes de demain »).
- Planifier à l’échelle de l’intercommunalité (SCoT, PLU intercommunal).
Voir aussi aménagement du territoire.
Exemple : la périurbanisation autour de Toulouse
Toulouse est l’une des aires d’attraction qui gagnent le plus d’habitants en France. Sa croissance, liée en particulier à l’industrie aéronautique et spatiale, s’est diffusée dans des dizaines de communes du Lauragais, du Gers ou du Tarn-et-Garonne, à 30 ou 50 km de la ville. Les axes routiers vers la métropole sont saturés aux heures de pointe, d’où les projets de troisième ligne de métro et de RER métropolitain.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre périurbanisation et rurbanisation ?
Les deux mots ont été utilisés pour le même phénomène. « Rurbanisation » (de rural et urbain), proposé dans les années 1970, insiste sur le mélange de modes de vie urbains dans un cadre rural. Aujourd’hui, les géographes emploient surtout « périurbanisation ».
Le périurbain est-il de la ville ou de la campagne ?
Les deux à la fois : les paysages restent souvent ruraux, mais les modes de vie et les emplois des habitants sont liés à la ville. C’est pour cela qu’on parle d’espace « sous influence urbaine ».
La périurbanisation ralentit-elle ?
Elle se poursuit, mais à un rythme moins rapide que dans les années 1980-1990, et elle s’éloigne toujours plus des villes. Depuis la crise sanitaire de 2020 et l’essor du télétravail, certaines communes rurales plus lointaines attirent aussi de nouveaux habitants.