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Géographie · France

La tertiarisation

La tertiarisation est l’augmentation de la part du secteur tertiaire, celui des services, dans l’emploi et la production d’un pays. En France, les services représentent environ 80 % des emplois.

Mis à jour le 3 min de lecture

La tertiarisation est l’une des grandes transformations des économies développées depuis 1945. Elle est étudiée en géographie de 3e (« les espaces productifs et leurs évolutions ») et en SES. Pour la comprendre, il faut d’abord connaître le découpage classique de l’économie en trois secteurs.

Les trois secteurs d’activité

Ce découpage a été popularisé par l’économiste britannique Colin Clark (1940) et, en France, par Jean Fourastié :

SecteurActivitésExemples
Primaireexploitation directe des ressources naturellesagriculture, pêche, sylviculture, mines
Secondairetransformation des matières premièresindustrie, énergie, construction
Tertiaireservices, activités qui ne produisent pas de biens matérielscommerce, transports, banque, assurance, santé, éducation, administration, tourisme, numérique

Certains auteurs distinguent aussi un secteur quaternaire (activités de la connaissance : recherche, conseil, informatique), mais il n’est pas utilisé dans les statistiques officielles.

La tertiarisation en France

Année (ordre de grandeur)PrimaireSecondaireTertiaire
1950environ 30 % des emploisenviron 35 %environ 35 %
1975environ 10 %environ 38 %environ 52 %
Années 2020moins de 3 %environ 20 % (industrie et construction)environ 77-80 %

Le tertiaire représente aussi près de 80 % de la valeur ajoutée. Cette évolution, commune à tous les pays riches, a été décrite par Jean Fourastié comme le passage vers une « civilisation tertiaire ».

Pourquoi l’économie se tertiarise-t-elle ?

  1. Les gains de productivité dans l’agriculture puis dans l’industrie : on produit autant avec beaucoup moins de travailleurs, qui se reportent vers les services.
  2. La hausse du niveau de vie : les ménages consacrent une part croissante de leurs revenus aux loisirs, au tourisme, à la santé, à l’éducation.
  3. Le vieillissement de la population, qui augmente les besoins de soins et d’aide à domicile (voir vieillissement de la population).
  4. L’externalisation : les entreprises industrielles confient à des sociétés de services le nettoyage, la sécurité, la comptabilité, l’informatique ou la logistique. Une partie de la « désindustrialisation » est en fait un transfert d’emplois vers le tertiaire (voir industrie en France).
  5. Le développement de l’État-providence (enseignement, santé, administration).
  6. La révolution numérique, qui crée de nouveaux services.

Un secteur très hétérogène

Le tertiaire regroupe des emplois très différents :

Tertiaire supérieurTertiaire banal
finance, sièges sociaux, conseil, recherche, ingénierie, informatique, médiascommerce de détail, restauration, nettoyage, sécurité, livraison, aide à domicile
emplois très qualifiés et bien rémunérésemplois souvent peu qualifiés, parfois précaires
concentré dans les métropolesréparti sur tout le territoire

On distingue aussi le tertiaire marchand (vendu par des entreprises) et le tertiaire non marchand (services publics gratuits ou quasi gratuits : école, hôpital public, administration).

La géographie des services

  • Le tertiaire supérieur se concentre dans les grandes métropoles et surtout à Paris : le quartier d’affaires de La Défense est le premier d’Europe continentale par la surface de bureaux. C’est l’un des moteurs de la métropolisation.
  • Les services à la population (commerces, écoles, santé) suivent la répartition des habitants ; leur recul dans les campagnes isolées pose problème (voir espaces ruraux).
  • Le tourisme fait vivre des territoires entiers : littoraux, montagnes, Paris (voir tourisme en France).
  • La logistique (entrepôts, plateformes de commerce en ligne) s’installe le long des autoroutes et autour des grandes villes, par exemple dans le nord de l’Île-de-France ou autour de Lyon.

Les limites et débats

  • Les services sont moins exportables que les biens, ce qui pèse sur la balance commerciale, même si la France est un grand exportateur de services (tourisme, transport, services financiers et informatiques).
  • La productivité progresse souvent moins vite dans les services que dans l’industrie.
  • Certains services sont à leur tour délocalisés (centres d’appels, développement informatique) ou automatisés (caisses automatiques, intelligence artificielle).
  • La frontière entre industrie et services devient floue : un constructeur automobile vend aussi des financements, de l’entretien et des logiciels.

Questions fréquentes

Quelle est la part du tertiaire en France ?

Environ trois quarts à quatre cinquièmes de l’emploi selon les sources, et une part comparable de la valeur ajoutée. La France est l’un des pays les plus tertiarisés de l’Union européenne.

Le commerce fait-il partie du tertiaire ?

Oui. Le commerce, de gros comme de détail, est l’une des principales branches du secteur tertiaire, avec les transports, les services aux entreprises, la santé et l’éducation.

La tertiarisation concerne-t-elle les pays en développement ?

Oui. Dans beaucoup de pays d’Afrique et d’Amérique latine, le tertiaire, souvent informel (vente de rue, petits services), a même progressé sans que le pays passe par une forte phase industrielle.

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