Arts · Mouvements artistiques
Le land art
Le land art naît aux États-Unis à la fin des années 1960 : les artistes créent dans la nature, avec ses matériaux (terre, pierres, branches), des œuvres monumentales ou éphémères, connues par la photo.
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Une spirale de roches noires avançant dans un lac salé, une ligne tracée en marchant dans l’herbe, un cercle de feuilles rouges posé sur une rivière : les œuvres du land art quittent le musée pour s’installer dans le paysage. Le mouvement interroge la place de l’art, son caractère durable ou éphémère, et notre rapport à la nature. Très pratiqué à l’école, il permet de créer avec des éléments trouvés en extérieur.
Origines et contexte
Le land art naît aux États-Unis à la fin des années 1960, en lien avec :
- le refus de l'œuvre-marchandise vendue en galerie ;
- l'art minimal et l'art conceptuel, qui privilégient les formes simples et l’idée ;
- la prise de conscience écologique naissante ;
- le goût pour les grands espaces du désert américain.
L’exposition Earthworks à la galerie Dwan de New York (1968) et Earth Art à l’université Cornell (1969) en marquent la reconnaissance.
Deux tendances
| Tendance | Caractéristiques | Artistes |
|---|---|---|
| Américaine, monumentale | grands travaux dans le désert, engins de chantier, œuvres permanentes | Robert Smithson, Michael Heizer, Walter De Maria, Nancy Holt |
| Européenne, discrète | interventions légères, marche, matériaux ramassés, œuvres éphémères | Richard Long, Andy Goldsworthy, Nils-Udo, Herman de Vries |
Œuvres célèbres
| Œuvre | Artiste | Date | Description |
|---|---|---|---|
| A Line Made by Walking | Richard Long | 1967 | une ligne tracée dans l’herbe en marchant, photographiée |
| Double Negative | Michael Heizer | 1969-1970 | deux tranchées creusées dans une mesa du Nevada |
| Spiral Jetty | Robert Smithson | 1970 | spirale de basalte et de terre d’environ 460 m de long dans le Grand Lac Salé (Utah) |
| Sun Tunnels | Nancy Holt | 1973-1976 | quatre tubes de béton alignés sur les levers et couchers du soleil aux solstices, désert de l’Utah |
| The Lightning Field | Walter De Maria | 1977 | 400 mâts d’acier inoxydable dans le désert du Nouveau-Mexique, qui attirent la foudre |
| œuvres éphémères | Andy Goldsworthy | depuis les années 1970 | feuilles, glace, galets, branches assemblés avec précision, puis laissés à la nature |
Spiral Jetty a disparu plusieurs décennies sous les eaux du lac, avant de réapparaître, recouverte de cristaux de sel blanc, au début des années 2000 : l’œuvre évolue avec le site.
Christo et Jeanne-Claude : un cas à part
Christo et Jeanne-Claude sont souvent rattachés au land art, même s’ils préféraient ne pas se voir classés. Ils emballent ou transforment des paysages et des monuments, de manière temporaire : Valley Curtain (Colorado, 1972), Surrounded Islands (Miami, 1983), Le Pont-Neuf empaqueté (Paris, 1985), The Gates (Central Park, 2005). L’Arc de Triomphe, empaqueté a été réalisé à Paris en 2021, après la mort des deux artistes, selon leur projet.
Le rôle de la photographie
Les œuvres du land art sont souvent éloignées, éphémères ou trop grandes pour être vues en entier depuis le sol. La plupart des gens les connaissent donc par des photographies, des films ou des cartes, qui sont exposés en galerie et deviennent une partie de l’œuvre. Ce paradoxe est l’un des sujets de réflexion du mouvement : l’artiste qui refusait le marché vend finalement des traces de son œuvre (voir l’histoire de la photographie).
Questions posées par le land art
- Durée : une œuvre doit-elle durer ? Le land art accepte l’érosion, la fonte, la disparition.
- Lieu : l’œuvre est indissociable de son site (in situ).
- Nature : l’art doit-il respecter le paysage ? Les grands terrassements américains ont été critiqués ; les artistes européens privilégient des interventions sans traces durables.
- Spectateur : il faut se déplacer, parfois très loin, pour voir l’œuvre.
Faire du land art à l’école
- Collecter dans un parc ou un jardin : feuilles, branches, galets, pommes de pin, fleurs tombées (sans arracher de plantes vivantes).
- Choisir un principe : cercle, spirale, ligne, dégradé de couleurs, accumulation, contraste (feuilles rouges sur herbe verte).
- Installer l’œuvre en tenant compte du lieu : tronc d’arbre, sol, bord d’un ruisseau.
- Photographier l’œuvre sous plusieurs angles, puis observer son évolution au fil des jours.
- Laisser la nature reprendre ses droits.
Les références de Goldsworthy et de Long sont les plus utilisées en classe, pour leur simplicité de moyens.
Questions fréquentes
Qui a inventé le land art ?
Il n’y a pas d’inventeur unique : le mouvement apparaît en même temps chez plusieurs artistes vers 1967-1968, comme Robert Smithson, Michael Heizer et Walter De Maria aux États-Unis, et Richard Long en Angleterre.
Le land art est-il éphémère ?
Souvent, mais pas toujours. Les œuvres de Goldsworthy disparaissent en quelques heures ou quelques jours ; d’autres, comme Spiral Jetty ou Double Negative, sont pensées pour durer, tout en se transformant avec le temps.
Quelle est la différence entre land art et street art ?
Le land art intervient dans la nature avec des matériaux naturels ; le street art intervient dans l’espace urbain, sur les murs, avec peinture, affiches ou pochoirs.