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Philosophie · Grands philosophes

Confucius

Confucius (551-479 av. J.-C.) est un penseur chinois dont l’enseignement moral et politique, fondé sur l’humanité, les rites et l’étude, a façonné la culture de la Chine et de l’Asie orientale.

Mis à jour le 4 min de lecture

Confucius est la forme latinisée, due aux missionnaires jésuites du XVIIe siècle, de Kongfuzi (« maître Kong »), souvent appelé Kongzi. Son nom personnel est Kong Qiu. Selon la tradition, il est né en 551 av. J.-C. dans le petit État de Lu (actuelle province du Shandong) et mort en 479 av. J.-C. Il vit à l’époque des Printemps et Automnes, quand le pouvoir de la dynastie Zhou s’effrite et que les principautés s’affrontent. Il se présente non comme un inventeur, mais comme un transmetteur : « Je transmets, je n’invente pas » (Entretiens, VII, 1).

Une vie d’enseignant

Issu d’une famille de petite noblesse appauvrie, orphelin de père jeune, Confucius occupe des fonctions administratives modestes, puis peut-être des fonctions plus élevées à Lu. Déçu par les dirigeants, il quitte son pays vers 497 et voyage pendant environ quatorze ans de cour en cour, cherchant un prince qui mettrait en œuvre ses idées. Il n’en trouve pas et revient à Lu, où il se consacre à l’enseignement. La tradition lui prête trois mille disciples, dont soixante-douze auraient maîtrisé son enseignement. Il est l’un des premiers en Chine à enseigner à tous ceux qui le désirent, quelle que soit leur naissance.

Les Entretiens

Confucius n’a rien écrit. Ses paroles ont été recueillies par ses disciples et leurs successeurs dans les Entretiens (Lunyu), compilés sur plusieurs générations après sa mort. Le livre compte vingt chapitres de courtes sentences et dialogues. La tradition lui attribue aussi l’édition des classiques (Livre des odes, Livre des documents, Annales des Printemps et Automnes), ce que les historiens jugent incertain.

Les notions centrales

NotionTranscriptionSens
Humanité, bienveillancerenVertu suprême : aimer les hommes, se comporter humainement envers autrui
RitesliEnsemble des règles de conduite, cérémonies et bienséances qui ordonnent la vie sociale
Juste, équitéyiFaire ce qui convient, par opposition au profit
Piété filialexiaoRespect et soin dus aux parents, base de toutes les vertus
Homme de bienjunziL’homme accompli moralement, par opposition à l’homme de peu (xiaoren)
Rectification des nomszhengmingMettre les mots en accord avec les réalités et les rôles

Le ren et la règle d’or

Interrogé sur le ren, Confucius répond : « Aimer les hommes » (XII, 22). Il formule une version de la règle d’or : « Ce que tu ne veux pas qu’on te fasse, ne le fais pas aux autres » (XV, 24 ; XII, 2). Le ren se cultive par l’effort sur soi : « Se vaincre soi-même et revenir aux rites, voilà l’humanité » (XII, 1).

Les rites

Les rites ne sont pas de simples formalités : ils éduquent les sentiments, règlent les relations entre les personnes et donnent sa forme à la vie commune. Sans le ren, ils sont vides ; sans eux, la bonne volonté se perd. Les relations sociales sont pensées comme des rôles réciproques : prince et sujet, père et fils, mari et femme, aîné et cadet, amis.

L’homme de bien

Le junzi était à l’origine le fils de prince, le noble de naissance. Confucius en fait un idéal moral : est noble celui qui se cultive, étudie, agit selon le juste. « L’homme de bien comprend ce qui est juste ; l’homme de peu comprend ce qui est profitable » (IV, 16).

L’étude

Confucius accorde une place essentielle à l'étude : « Apprendre sans réfléchir est vain ; réfléchir sans apprendre est dangereux » (II, 15). Il décrit lui-même sa vie comme un progrès : « À quinze ans, je m’appliquai à l’étude ; à trente ans, je m’y affermis ; à quarante ans, je n’éprouvais plus de doutes ; à cinquante ans, je connaissais le décret du Ciel ; à soixante ans, j’avais l’oreille accordée ; à soixante-dix ans, je pouvais suivre les désirs de mon cœur sans transgresser aucune règle » (II, 4).

Le gouvernement par la vertu

Le bon gouvernement repose sur l'exemple moral du dirigeant plutôt que sur les lois et les châtiments. « Gouvernez par les lois, maintenez l’ordre par les châtiments, le peuple s’y soustraira sans honte. Gouvernez par la vertu, maintenez l’ordre par les rites, le peuple aura le sens de la honte et se corrigera » (II, 3). La rectification des noms est la première tâche politique : que le prince soit prince, le ministre ministre, le père père, le fils fils (XII, 11).

Le confucianisme

PériodeÉtape
IVe s. av. J.-C.Mencius (Mengzi) : la nature humaine est bonne
IIIe s. av. J.-C.Xunzi : la nature humaine est mauvaise et doit être corrigée par les rites
IIe s. av. J.-C.Sous les Han, le confucianisme devient doctrine officielle de l’État
605-1905Les classiques confucéens fondent les examens impériaux de recrutement des fonctionnaires
XIIe s.Zhu Xi fonde le néoconfucianisme et fixe les « Quatre Livres »

Le confucianisme s’est diffusé en Corée, au Japon et au Vietnam. Critiqué en Chine au XXe siècle comme symbole de la tradition, notamment pendant la Révolution culturelle, il connaît depuis la fin du siècle un regain d’intérêt. Sur le contexte, voir la Chine impériale ; sur l’autre grande tradition chinoise, voir Lao-tseu.

Questions fréquentes

Le confucianisme est-il une religion ?

C’est surtout une morale et une philosophie politique, sans Dieu créateur ni clergé. Il comporte cependant une dimension rituelle (culte des ancêtres, culte de Confucius dans les temples) qui le rapproche, pour certains, d’une religion.

Quelle est la différence entre Confucius et Lao-tseu ?

Confucius met l’accent sur l’étude, les rites et les devoirs sociaux ; le taoïsme de Lao-tseu prône le retour à la simplicité naturelle, le non-agir et la méfiance envers les conventions.

Les citations attribuées à Confucius sur internet sont-elles authentiques ?

Beaucoup ne le sont pas. Seules les paroles des Entretiens et de quelques textes anciens peuvent lui être rattachées, avec prudence. Il vaut mieux vérifier qu’une citation y figure.

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