Géographie · Le monde
L’Antarctique
L’Antarctique est le continent du pôle Sud. Couvert à 98 % de glace, c’est le continent le plus froid, le plus sec et le plus venté. Depuis le traité de 1959, il est voué à la paix et à la science.
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L'Antarctique (du grec anti-arktikos, « opposé à l’Arctique ») est le cinquième continent par la superficie. Découvert tardivement, au début du XIXe siècle, il n’a jamais eu de population permanente. Il est étudié en géographie comme espace extrême (6e) et comme espace aux enjeux géopolitiques et climatiques (lycée). Pour la région polaire du Nord, voir Arctique.
Fiche d’identité
| Repère | Valeur (environ) |
|---|---|
| Superficie | 14 millions de km² (plus que l’Europe, près de 25 fois la France métropolitaine) |
| Part couverte de glace | 98 % |
| Épaisseur moyenne de la glace | environ 2 km, jusqu’à près de 4,8 km |
| Part de l’eau douce de la planète | environ 70 % (sous forme de glace) |
| Point culminant | mont Vinson, environ 4 892 m |
| Température la plus basse mesurée | −89,2 °C à la station russe Vostok (21 juillet 1983) |
| Population | aucune population permanente ; de 1 000 personnes l’hiver à près de 5 000 l’été dans les bases scientifiques |
Un milieu extrême
- Le plus froid : la moyenne annuelle au centre du continent est inférieure à −50 °C.
- Le plus sec : l’intérieur reçoit si peu de précipitations qu’il est considéré comme un désert froid, le plus grand du monde (voir déserts du monde).
- Le plus venté : des vents catabatiques, qui dévalent la calotte vers les côtes, dépassent parfois 300 km/h ; la terre Adélie en est l’un des exemples les plus connus.
- Le plus élevé en altitude moyenne, en raison de l’épaisseur de la glace.
- La nuit polaire dure plusieurs mois en hiver austral (de mai à août), et le soleil ne se couche pas en été (de novembre à février).
L’Antarctique est entouré par l'océan Austral (voir océans) et par une ceinture de banquise qui s’étend en hiver et fond en grande partie en été. Les plates-formes de glace (comme celles de Ross ou de Ronne) sont des glaciers qui flottent sur la mer.
Une faune adaptée
La vie terrestre est très limitée (mousses, lichens), mais les côtes et l’océan abritent une faune abondante : manchots (empereur, Adélie), phoques, otaries, baleines, oiseaux marins, et à la base de la chaîne alimentaire, le krill, petit crustacé dont dépendent de nombreuses espèces. Il n’y a pas d’ours polaires en Antarctique.
Le traité sur l’Antarctique
Signé à Washington le 1er décembre 1959 par douze États, en pleine guerre froide, et entré en vigueur en 1961, le traité sur l’Antarctique :
- réserve le continent aux activités pacifiques : interdiction de toute installation militaire et des essais nucléaires ;
- garantit la liberté de la recherche scientifique et l’échange d’informations ;
- gèle les revendications territoriales : elles ne sont ni reconnues ni rejetées, et aucune nouvelle revendication n’est possible.
Le protocole de Madrid (1991, en vigueur depuis 1998) a fait de l’Antarctique une « réserve naturelle consacrée à la paix et à la science » et interdit toute exploitation des ressources minérales. Plus de cinquante États sont aujourd’hui parties au traité.
Les revendications territoriales
Sept États revendiquent des secteurs en forme de parts de gâteau, convergeant vers le pôle :
| État | Secteur |
|---|---|
| Royaume-Uni | Territoire antarctique britannique |
| Argentine | Antarctique argentine (chevauche les revendications britannique et chilienne) |
| Chili | Territoire chilien de l’Antarctique |
| Norvège | terre de la Reine-Maud et île Pierre-Ier |
| Australie | Territoire antarctique australien (le plus vaste, environ 42 % du continent) |
| Nouvelle-Zélande | dépendance de Ross |
| France | terre Adélie, rattachée aux Terres australes et antarctiques françaises |
La France y possède la base Dumont-d’Urville, sur la côte de la terre Adélie, et gère avec l’Italie la station Concordia, sur le plateau, l’une des rares bases intérieures habitées toute l’année (voir outre-mer français). La base américaine Amundsen-Scott est située exactement au pôle Sud géographique.
Un laboratoire du climat
- Les carottes de glace forées en Antarctique (à Vostok, puis au dôme C par le projet européen EPICA) ont permis de reconstituer le climat et la composition de l’atmosphère sur environ 800 000 ans (voir paléoclimat).
- Le trou dans la couche d’ozone, découvert au-dessus de l’Antarctique dans les années 1980, a conduit au protocole de Montréal (1987).
- La fonte des glaciers de l’Antarctique de l’Ouest, comme le glacier Thwaites, est l’une des grandes inquiétudes pour l’élévation future du niveau de la mer (voir montée des eaux).
Les dates de la découverte
| Date | Événement |
|---|---|
| 1773 | James Cook franchit le cercle polaire antarctique sans voir le continent |
| 1820 | premières observations du continent (expéditions russe, britannique et américaine) |
| 1840 | Jules Dumont d’Urville découvre et nomme la terre Adélie, du prénom de sa femme |
| 14 décembre 1911 | le Norvégien Roald Amundsen atteint le premier le pôle Sud |
| 17 janvier 1912 | le Britannique Robert Scott y arrive à son tour ; il meurt au retour avec ses compagnons |
Questions fréquentes
L’Antarctique est-il un continent ?
Oui. Sous la glace se trouve un socle rocheux continental, en partie sous le niveau de la mer à cause du poids de la calotte. C’est ce qui le distingue de l’Arctique, qui est un océan.
Peut-on visiter l’Antarctique ?
Oui, des dizaines de milliers de touristes s’y rendent chaque été austral, surtout en croisière vers la péninsule Antarctique depuis l’Argentine. Le tourisme est encadré par les règles du traité.
Pourquoi l’Antarctique est-il plus froid que l’Arctique ?
Parce que c’est un continent très élevé couvert de glace épaisse, alors que l’Arctique est un océan dont l’eau, même sous la banquise, adoucit les températures.