Géographie · Le monde
Les migrations internationales
Une migration internationale est le déplacement d’une personne qui s’installe durablement dans un autre pays. Environ 300 millions de personnes, soit 3,7 % de l’humanité, vivent hors de leur pays de naissance.
Mis à jour le 4 min de lecture
Les migrations internationales sont au programme de géographie de 4e (« des mobilités humaines transnationales ») et de seconde (« des mobilités généralisées »). Elles font l’objet de nombreux débats publics, souvent marqués par des idées fausses. Les chiffres de cette fiche proviennent principalement de l’ONU (Division de la population) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les définitions à connaître
| Terme | Définition |
|---|---|
| Émigré | personne qui a quitté son pays (vu du pays de départ) |
| Immigré | personne installée dans un pays où elle n’est pas née (vu du pays d’accueil) ; en France, l’Insee définit l’immigré comme une personne née étrangère à l’étranger |
| Étranger | personne qui n’a pas la nationalité du pays où elle vit ; un immigré naturalisé n’est plus étranger |
| Réfugié | personne qui a fui son pays par crainte de persécutions et qui bénéficie d’une protection internationale (convention de Genève de 1951) |
| Demandeur d’asile | personne qui demande le statut de réfugié et attend la décision |
| Déplacé interne | personne contrainte de fuir mais restée dans son propre pays |
| Diaspora | ensemble des membres d’une communauté installés hors de leur pays d’origine |
Les migrations en chiffres
| Repère | Valeur (environ) |
|---|---|
| Migrants internationaux en 1990 | 153 millions |
| Migrants internationaux en 2020 | 281 millions |
| Migrants internationaux en 2024 | 304 millions (3,7 % de la population mondiale) |
| Personnes déracinées par la force (réfugiés, demandeurs d’asile, déplacés internes) | plus de 120 millions au milieu des années 2020, selon le HCR |
Le nombre de migrants augmente, mais leur part dans la population mondiale reste faible et relativement stable. Contrairement à une idée répandue, la grande majorité des humains ne migre jamais hors de son pays.
Les grands flux migratoires
Les migrations ne vont pas seulement du Sud vers le Nord :
| Type de flux | Part approximative | Exemples |
|---|---|---|
| Sud → Sud | environ un tiers | Afrique de l’Ouest vers la Côte d’Ivoire, Asie du Sud vers les pays du Golfe |
| Sud → Nord | environ un tiers | Mexique et Amérique centrale vers les États-Unis, Maghreb et Afrique vers l’Europe |
| Nord → Nord | important | migrations au sein de l’Union européenne, Royaume-Uni vers l’Australie |
| Nord → Sud | faible | retraités européens au Maroc, expatriés |
Principaux pays d’accueil : les États-Unis (de loin le premier, avec plus de 50 millions d’immigrés), l'Allemagne, l'Arabie saoudite, le Royaume-Uni, la France, le Canada, les Émirats arabes unis, où les étrangers représentent près de 9 habitants sur 10.
Principaux pays d’origine : l'Inde (le premier, avec environ 18 millions d’émigrés), le Mexique, la Russie, la Chine, la Syrie, l’Ukraine, le Bangladesh.
Pourquoi migre-t-on ?
On distingue des facteurs répulsifs (qui poussent à partir) et attractifs (qui attirent ailleurs) :
| Facteurs répulsifs | Facteurs attractifs |
|---|---|
| pauvreté, chômage | emplois, salaires plus élevés |
| guerres, persécutions | sécurité, libertés |
| catastrophes, dégradation de l’environnement | services (santé, éducation) |
| absence de perspectives | réseaux familiaux et diasporas déjà installés |
Les motifs principaux sont le travail, le regroupement familial, les études et la protection (asile). Les migrations liées au climat augmentent, mais elles se font surtout à l’intérieur des pays ou vers les pays voisins.
Les effets des migrations
Pour les pays de départ
- Remises (transferts d’argent des migrants) : elles atteignent plusieurs centaines de milliards de dollars par an vers les pays à revenu faible et intermédiaire, davantage que l’aide publique au développement. Elles représentent une part considérable du PIB de pays comme le Népal, le Tadjikistan, le Liban ou Haïti.
- Mais aussi : départ de personnes qualifiées (fuite des cerveaux), en particulier de médecins et d’ingénieurs.
Pour les pays d’accueil
- Apport de main-d’œuvre dans des secteurs en manque (bâtiment, santé, agriculture, restauration, numérique).
- Contribution à la démographie de pays vieillissants (voir vieillissement de la population).
- Débats sur l’intégration, le contrôle des frontières et les politiques d’accueil.
Des routes migratoires dangereuses
Le renforcement des contrôles aux frontières pousse certains migrants vers des routes plus dangereuses : la Méditerranée centrale (Libye ou Tunisie vers l’Italie), la route atlantique vers les Canaries, le désert entre le Mexique et les États-Unis, la Manche. Selon l’OIM, des dizaines de milliers de personnes sont mortes ou disparues en Méditerranée depuis 2014.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un migrant et un réfugié ?
Tout réfugié est un migrant, mais tous les migrants ne sont pas des réfugiés. Le réfugié a fui une persécution ou une guerre et bénéficie d’une protection juridique internationale ; le migrant économique part principalement pour travailler.
Quel pays accueille le plus de réfugiés ?
Selon le HCR, les pays qui accueillent le plus de réfugiés sont surtout des pays voisins des zones de crise : l’Iran, la Turquie, la Colombie, l’Allemagne, l’Ouganda ou le Pakistan figurent régulièrement en tête.
Les migrations augmentent-elles dans le monde ?
Le nombre de migrants a doublé depuis 1990, mais leur part dans la population mondiale reste autour de 3 à 4 %. Les déplacements forcés, eux, ont fortement augmenté depuis les années 2010.