Géographie · Le monde
Les territoires de la mondialisation
La mondialisation ne touche pas tous les territoires de la même façon : elle met en réseau des centres d’impulsion (métropoles, façades maritimes), intègre des périphéries et laisse à l’écart des espaces en marge.
Mis à jour le 4 min de lecture
La fiche mondialisation présente le phénomène sous l’angle économique et historique. Cette fiche adopte le point de vue du géographe : où se fait la mondialisation, par quels flux et réseaux, et comment elle hiérarchise les territoires. C’est un thème central du programme de 4e (« des espaces transformés par la mondialisation ») et de terminale (« la mondialisation, un fonctionnement d’ensemble »).
Les flux de la mondialisation
| Flux | Exemples | Supports |
|---|---|---|
| Marchandises | produits manufacturés, matières premières, énergie | porte-conteneurs, pétroliers, gazoducs (voir conteneurisation) |
| Capitaux | investissements directs à l’étranger, flux financiers, remises des migrants | réseaux bancaires et boursiers |
| Informations | données, communications, contenus numériques | câbles sous-marins (qui transportent l’essentiel des données intercontinentales), satellites, centres de données |
| Personnes | migrants, touristes, étudiants, hommes d’affaires | avions, trains, navires (voir migrations internationales et tourisme mondial) |
Ces flux circulent sur des réseaux reliés par des nœuds (ports, aéroports, métropoles) et des interfaces (littoraux, frontières).
Une organisation en centres et périphéries
Les centres d’impulsion
Ce sont les espaces qui commandent la mondialisation :
- Les grandes métropoles, et surtout les villes mondiales (New York, Londres, Tokyo, Paris, Shanghai…), où se trouvent les sièges des firmes transnationales, les places financières et les centres de décision politique.
- Les grandes façades maritimes : la Northern Range en Europe (du Havre à Hambourg), la façade Nord-Est des États-Unis, la façade japonaise, la façade chinoise de Tianjin à Hong Kong.
- Les mégalopoles (voir mégalopole).
Longtemps, on a parlé de Triade (expression du Japonais Kenichi Ohmae, années 1980) pour désigner les trois pôles dominants : Amérique du Nord, Europe occidentale, Japon. Aujourd’hui, l'Asie orientale dans son ensemble (avec la Chine) a remplacé le seul Japon et le monde est devenu polycentrique.
Les périphéries intégrées
Ce sont des espaces qui participent fortement à la mondialisation, mais sous la dépendance des centres :
- les pays émergents et leurs régions littorales (voir pays émergents) ;
- les zones économiques spéciales (ZES), créées pour attirer les investisseurs étrangers grâce à des avantages fiscaux et douaniers : Shenzhen, en Chine, créée en 1980, est l’exemple le plus célèbre ;
- les zones franches et les maquiladoras du nord du Mexique ;
- les régions productrices de matières premières pour l’exportation (mines du Chili, soja du Brésil, pétrole du golfe Persique).
Les espaces en marge
Certains territoires restent à l’écart ou ne participent que faiblement : une grande partie de l’Afrique subsaharienne (hors littoraux et capitales), les régions enclavées d’Asie centrale, les espaces de faible densité, les pays en guerre. Mais les marges ne sont pas totalement coupées du monde : elles sont reliées par les migrations, la téléphonie mobile, l’aide internationale ou les trafics illicites.
Les espaces maritimes au cœur de la mondialisation
Plus de 80 % du commerce mondial de marchandises en volume passe par la mer. La mondialisation favorise donc la littoralisation et renforce l’importance des détroits et canaux stratégiques. La grande route maritime Est-Ouest, de l’Asie orientale à l’Europe par Malacca et Suez, puis vers l’Amérique, est la colonne vertébrale de l’économie mondiale.
La mondialisation recompose les territoires
| Effets positifs | Effets négatifs |
|---|---|
| croissance des régions intégrées (littoral chinois, Sud-Est brésilien) | désindustrialisation de vieilles régions industrielles (Nord-Est américain, Nord de la France, Lorraine) |
| emplois dans les zones d’exportation | délocalisations et chômage dans certains bassins |
| diffusion des technologies | creusement des inégalités entre métropoles et marges |
| essor des métropoles | dépendance aux chaînes d’approvisionnement mondiales |
Depuis la crise financière de 2008, la pandémie de 2020 et les tensions entre grandes puissances, on parle de démondialisation ou de fragmentation : relocalisations, protectionnisme, recherche d’approvisionnements plus sûrs. Les flux restent néanmoins à des niveaux très élevés.
Méthode : réaliser un croquis de la mondialisation
Une légende classique s’organise en trois parties :
- Les centres d’impulsion : grandes métropoles, façades maritimes, pôles de la Triade.
- Les flux : routes maritimes, principaux échanges, passages stratégiques.
- La hiérarchie des territoires : centres, périphéries intégrées, espaces en marge.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une façade maritime ?
C’est un littoral équipé d’une série de grands ports proches, reliés à un arrière-pays riche (l'hinterland) et ouverts sur le monde. La Northern Range est la première façade maritime d’Europe.
La mondialisation est-elle nouvelle ?
Non. Les historiens identifient plusieurs phases : les grandes découvertes du XVIe siècle, l’expansion coloniale et industrielle du XIXe siècle, puis la mondialisation contemporaine accélérée depuis les années 1980-1990.
Qu’est-ce que la Triade ?
L’ensemble des trois pôles qui dominaient l’économie mondiale à la fin du XXe siècle : Amérique du Nord, Europe occidentale et Japon. On l’élargit aujourd’hui à l’Asie orientale, avec la Chine et la Corée du Sud.