Aller au contenu
connaissance.org

Géographie · Le monde

Agriculture intensive et agriculture extensive

L’agriculture intensive obtient des rendements élevés sur une surface limitée grâce à beaucoup de travail, de capital ou d’intrants. L’extensive exploite de vastes surfaces avec peu de moyens.

Mis à jour le 3 min de lecture

La distinction entre agriculture intensive et agriculture extensive est l’une des bases de la géographie rurale, étudiée au collège et au lycée. Elle repose sur une question simple : combien produit-on par hectare, et avec quels moyens ? Elle se combine avec une seconde distinction, entre agriculture vivrière et agriculture commerciale.

Le tableau comparatif

Agriculture intensiveAgriculture extensive
Surfaceréduite ou moyenne, utilisée au maximumtrès vaste
Moyens par hectarebeaucoup de travail et/ou de capitalpeu de travail et de capital
Intrantsengrais, pesticides, irrigation, semences sélectionnéespeu ou pas d’intrants
Rendementsélevésfaibles
Exemplescéréales du Bassin parisien, maraîchage sous serre, rizières du delta du Mékongélevage en ranch, pastoralisme nomade, grandes cultures des steppes
Impact environnementalpollution des eaux et des sols, perte de biodiversitédéfrichement possible, mais faible pression par hectare

Attention : intensive ne veut pas dire « grande ». Une petite rizière asiatique cultivée à la main peut être très intensive (beaucoup de travail par hectare), tandis qu’un immense ranch argentin est extensif.

Deux formes d’agriculture intensive

  1. L’intensif en travail : beaucoup de main-d’œuvre sur une petite surface. Exemple : les rizières irriguées d’Asie du Sud-Est, qui permettent parfois deux ou trois récoltes par an.
  2. L’intensif en capital : machines, engrais, irrigation, génétique, numérique. Exemple : les exploitations céréalières de la Beauce, les serres d’Almería en Espagne ou des Pays-Bas.

L’agriculture intensive en capital s’est développée en Europe et en Amérique du Nord après 1945 (on parle de « modernisation agricole »), puis dans une partie des pays du Sud avec la révolution verte des années 1960-1970 (variétés de blé et de riz à haut rendement, engrais, irrigation), notamment en Inde.

L’agriculture extensive

On la rencontre là où la terre est abondante et la main-d’œuvre rare, ou bien là où le milieu est contraignant :

  • Élevage extensif : ranchs des Grandes Plaines américaines, de la pampa argentine, de l’outback australien.
  • Pastoralisme nomade : Sahel, steppes d’Asie centrale, Mongolie.
  • Agriculture itinérante sur brûlis : en forêt tropicale, on défriche une parcelle par le feu, on la cultive quelques années puis on la laisse en jachère.
  • Grandes cultures peu intensives de certaines plaines de Russie ou du Kazakhstan.

Vivrière ou commerciale ?

Agriculture vivrièreAgriculture commerciale
Butnourrir la famille ou la communautévendre sur les marchés, souvent à l’exportation
Taillepetites exploitationsmoyennes à très grandes
Exemplescultures de mil, sorgho, manioc en Afrique subsahariennesoja au Brésil, café, cacao, palmier à huile, blé américain

Une agriculture productiviste est une agriculture commerciale intensive en capital, qui cherche à produire toujours plus. L'agrobusiness désigne l’ensemble des grandes firmes qui contrôlent la filière, des semences à la distribution. Au Brésil, l’avancée du front pionnier du soja et de l’élevage est l’une des causes de la déforestation de l’Amazonie.

Les limites de l’agriculture intensive

  • Pollution des nappes phréatiques par les nitrates et les pesticides.
  • Épuisement des sols et érosion.
  • Surconsommation d’eau pour l’irrigation (voir accès à l’eau).
  • Perte de biodiversité (haies arrachées, monocultures).
  • Dépendance aux énergies fossiles (engrais azotés, carburant).

D’où le développement d’alternatives : agriculture biologique, agroécologie, agriculture de conservation, circuits courts.

Exercice corrigé

Une exploitation A récolte 4 000 quintaux de blé sur 50 ha ; une exploitation B récolte 6 000 quintaux sur 300 ha.

  • Rendement A : 4 000 ÷ 50 = 80 q/ha (intensif).
  • Rendement B : 6 000 ÷ 300 = 20 q/ha (extensif).
  • B produit davantage au total, mais A est bien plus intensive.

Questions fréquentes

L’agriculture française est-elle intensive ?

Majoritairement oui, surtout dans les grandes plaines céréalières et en Bretagne pour l’élevage hors-sol. Les rendements en blé y sont parmi les plus élevés du monde. Il existe aussi des formes extensives, comme l’élevage ovin en montagne. Voir agriculture française.

L’agriculture biologique est-elle extensive ?

Pas forcément. Elle n’utilise pas d’engrais ni de pesticides de synthèse, ce qui donne souvent des rendements plus faibles, mais elle peut demander beaucoup de travail par hectare, ce qui en fait une forme d’intensif en travail.

Qu’est-ce que l’élevage hors-sol ?

Un élevage où les animaux (porcs, volailles) sont en bâtiments et nourris avec des aliments achetés, sans lien direct avec les terres de l’exploitation. C’est une forme très intensive.

À lire aussi

Le monde : toutes les fiches