Arts · Peintres et sculpteurs
La Cène de Léonard de Vinci
La Cène est une peinture murale de Léonard de Vinci réalisée entre 1495 et 1498 dans le réfectoire du couvent Santa Maria delle Grazie, à Milan. Elle saisit l’instant où Jésus annonce que l’un des apôtres va le trahir.
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La Cène (en italien Il Cenacolo ou L’Ultima Cena) est une peinture murale de Léonard de Vinci, exécutée entre 1495 et 1498 sur le mur du réfectoire des dominicains de Santa Maria delle Grazie, à Milan. Commandée par le duc Ludovic Sforza, dit le More, elle mesure environ 4,6 × 8,8 mètres. C’est l’une des œuvres les plus célèbres de la Renaissance et l’un des chefs-d’œuvre les plus fragiles : à peine vingt ans après son achèvement, elle se dégradait déjà.
| Fiche de l’œuvre | |
|---|---|
| Artiste | Léonard de Vinci (1452-1519) |
| Date | vers 1495 – 1498 |
| Technique | Détrempe et huile sur enduit sec (et non fresque) |
| Dimensions | environ 460 × 880 cm |
| Commanditaire | Ludovic Sforza, duc de Milan |
| Lieu | Réfectoire de Santa Maria delle Grazie, Milan |
| Protection | Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1980, avec l’église et le couvent |
Le sujet
La Cène est le dernier repas de Jésus avec ses douze apôtres, la veille de sa crucifixion, au cours duquel il institue l’Eucharistie. Le thème était traditionnel dans les réfectoires de couvents : les moines prenaient leurs repas sous l’image du repas du Christ.
Léonard choisit un moment précis, rapporté par les Évangiles : l’instant qui suit la phrase de Jésus « En vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera » (Matthieu 26, 21). Chaque apôtre réagit selon son caractère : stupeur, indignation, incrédulité, questions.
La composition
- Jésus au centre, isolé, les bras ouverts formant un triangle, encadré par la fenêtre du fond qui lui fait comme une auréole naturelle.
- Les douze apôtres en quatre groupes de trois, deux de chaque côté, reliés par les gestes et les regards ; l’agitation des apôtres contraste avec le calme du Christ.
- La perspective : toutes les lignes de fuite du plafond et des murs convergent vers la tempe droite de Jésus. Un trou de clou, retrouvé à cet endroit, aurait servi à tendre les cordelettes du tracé.
- L’illusion architecturale : la salle peinte prolonge le réfectoire réel, comme si le Christ dînait avec les moines.
- Judas, contrairement à la tradition qui le plaçait seul de l’autre côté de la table, est assis parmi les apôtres. Il se reconnaît à son visage dans l’ombre, à son recul et à la bourse qu’il serre dans sa main droite, allusion aux trente deniers.
De gauche à droite : Barthélemy, Jacques le Mineur, André ; Judas, Pierre, Jean ; Jésus ; Thomas, Jacques le Majeur, Philippe ; Matthieu, Thaddée, Simon. Cette identification repose sur des notes de Léonard et des copies anciennes.
Une technique expérimentale
La fresque traditionnelle impose de peindre vite, sur un enduit frais, sans retouche possible. Léonard, qui travaille lentement et retouche sans cesse, choisit de peindre à sec, avec une détrempe et de l’huile, sur une préparation posée sur le mur. Cette technique permet le modelé et les nuances, mais elle adhère mal : la peinture commence à s’écailler dès le début du XVIe siècle. Vasari, en 1556, décrit déjà une œuvre très abîmée.
Une survie miraculeuse
| Date | Événement |
|---|---|
| 1652 | Une porte est percée dans le mur, supprimant les pieds du Christ |
| XVIIIe siècle | Restaurations maladroites et repeints |
| fin du XVIIIe siècle | Le réfectoire est utilisé par les troupes françaises, selon plusieurs témoignages |
| août 1943 | Un bombardement allié détruit une grande partie du réfectoire ; le mur, protégé par des sacs de sable et un échafaudage, résiste |
| 1978 – 1999 | Restauration dirigée par Pinin Brambilla Barcilon, qui retire les repeints et stabilise ce qui reste de la couche originale |
On estime qu’une partie importante de la peinture d’origine a disparu ; ce que l’on voit aujourd’hui est un original très lacunaire, complété par des retouches neutres.
Idées reçues
Le roman Da Vinci Code (2003) a popularisé l’idée que le personnage à la droite de Jésus serait Marie-Madeleine. Les historiens de l’art y reconnaissent saint Jean, traditionnellement représenté jeune, imberbe et aux traits doux, comme dans de nombreuses Cènes florentines de la même époque. Aucune source ne vient appuyer la thèse du roman.
Visiter La Cène
La visite du Cenacolo Vinciano se fait uniquement sur réservation, par petits groupes et pour une durée limitée (environ quinze minutes), afin de contrôler l’humidité et la température de la salle. Les places sont souvent réservées plusieurs semaines à l’avance. Sur le mur opposé du réfectoire se trouve une grande Crucifixion de Giovanni Donato da Montorfano (1495).
Questions fréquentes
La Cène est-elle une fresque ?
Non au sens technique : Léonard a peint sur un enduit sec, avec de la détrempe et de l’huile, et non sur un enduit frais comme dans la fresque. C’est la cause de sa dégradation rapide.
Où se trouve La Cène de Léonard de Vinci ?
À Milan, en Italie, dans l’ancien réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie. Elle ne peut pas être déplacée.
Comment reconnaître Judas dans La Cène ?
Il est le quatrième en partant de la gauche, le visage dans l’ombre, penché en arrière, une bourse à la main, le coude sur la table, juste devant Pierre qui tient un couteau.
Combien de temps Léonard a-t-il mis pour peindre La Cène ?
Environ trois ans, de 1495 à 1498. Selon un témoin, l’écrivain Matteo Bandello, il pouvait peindre du matin au soir sans manger, puis rester des jours sans toucher un pinceau.