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Sciences · Terre et climat

L’adaptation au changement climatique

S’adapter au changement climatique, c’est ajuster les sociétés et les milieux aux effets actuels et attendus du réchauffement pour en limiter les dommages. Elle complète l’atténuation, qui vise à réduire les émissions.

Mis à jour le 4 min de lecture

Même si les émissions de gaz à effet de serre baissaient fortement dès aujourd’hui, le climat continuerait de changer pendant des décennies : une partie du réchauffement est déjà acquise, et la montée des eaux se poursuivra pendant des siècles. Il faut donc à la fois limiter le changement climatique et s’y préparer. Ces deux stratégies, l’atténuation et l’adaptation, sont les deux piliers de la politique climatique (voir réchauffement climatique).

Adaptation et atténuation

AtténuationAdaptation
ObjectifRéduire les causes : les émissions de gaz à effet de serreRéduire les conséquences : vulnérabilité aux impacts
ExemplesÉnergies bas carbone, sobriété, isolation, puits de carboneDigues, végétalisation des villes, cultures résistantes à la sécheresse, systèmes d’alerte
Échelle des bénéficesMondiale, sur le long termeSurtout locale, souvent immédiate

Les deux se renforcent : plus on réduit les émissions, moins l’adaptation sera coûteuse, et au-delà d’un certain réchauffement, certaines adaptations deviennent impossibles.

Pourquoi s’adapter : l’état des lieux

Selon le rapport du groupe de travail II du GIEC publié en 2022, environ 3,3 à 3,6 milliards de personnes vivent dans des contextes très vulnérables au changement climatique. Les impacts déjà observés touchent la santé (chaleur), l’eau, l’agriculture, les écosystèmes, les infrastructures et les zones côtières.

En France, le gouvernement a adopté une trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation (TRACC) : le pays doit se préparer à un réchauffement de +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, correspondant à un réchauffement mondial d’environ +3 °C à la fin du siècle. Le troisième plan national d’adaptation (PNACC-3), publié en 2025, s’appuie sur cette trajectoire.

Des exemples concrets

Face à la chaleur

  • Végétaliser les villes, créer des îlots de fraîcheur, transformer les cours d’école en « cours oasis » comme à Paris.
  • Adapter les bâtiments : volets, isolation, ventilation, toits clairs, plutôt que généraliser la climatisation.
  • Plans de gestion des vagues de chaleur, registres des personnes vulnérables, horaires de travail aménagés (voir canicule).

Face à l’eau

  • Limiter la construction en zones inondables, redonner de l’espace aux rivières, restaurer les zones humides qui absorbent les crues (voir inondations).
  • Réutiliser les eaux usées traitées, réduire les fuites des réseaux, économiser l’eau d’irrigation (voir sécheresse).

Face à la mer

  • Ouvrages de protection : après l’inondation catastrophique de 1953, les Pays-Bas ont construit les grands ouvrages du plan Delta ; à Londres, la barrière de la Tamise, en service depuis 1982, protège la ville des marées de tempête (voir Pays-Bas).
  • Recomposition du littoral : déplacer progressivement les habitations menacées par le recul du trait de côte. L’immeuble Le Signal, à Soulac-sur-Mer, évacué en 2014 face à l’avancée de l’océan et démoli en 2023, en est devenu le symbole.

Dans l’agriculture et la forêt

  • Choisir des variétés et des espèces plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse, diversifier les cultures, avancer les dates de semis.
  • Développer l’agroforesterie et la couverture des sols, qui retiennent l’eau.
  • Diversifier les essences forestières pour limiter les risques de dépérissement et d’incendie (voir feux de forêt).

Dans la santé et la prévention

  • Systèmes d’alerte précoce : vigilance météo, alertes canicule, prévision des crues (voir prévisions météo).
  • Surveillance des maladies dont l’aire s’étend, comme celles transmises par le moustique tigre.

La maladaptation

Les limites de l’adaptation

Le GIEC distingue :

  • les limites souples, que des moyens financiers, techniques ou politiques supplémentaires pourraient dépasser ;
  • les limites strictes, qui ne peuvent être franchies : certains récifs coralliens, petites îles basses ou glaciers ne pourront pas être sauvés au-delà d’un certain réchauffement.

Les impacts qui ne peuvent être évités par l’adaptation constituent les pertes et préjudices. Un fonds dédié, décidé lors de la COP27 en 2022 et rendu opérationnel à la COP28 en 2023, doit aider les pays vulnérables à y faire face.

Qui finance l’adaptation ?

L'accord de Paris de 2015 a fixé un objectif mondial d’adaptation à côté de l’objectif de température. Les pays en développement, qui ont peu contribué aux émissions, sont souvent les plus exposés et réclament des financements accrus. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, les besoins d’adaptation de ces pays dépassent très largement les financements internationaux effectivement fournis.

Questions fréquentes

Pourquoi ne pas seulement s’adapter, plutôt que réduire les émissions ?

Parce que l’adaptation a des limites : au-delà d’un certain réchauffement, des écosystèmes disparaissent, des régions deviennent difficilement habitables et les coûts explosent. Chaque dixième de degré évité réduit les risques.

Que peut faire un particulier pour s’adapter ?

Connaître les risques de son logement (inondation, retrait-gonflement des argiles, feux de forêt) sur le site Géorisques, adapter son habitat à la chaleur, économiser l’eau, préparer un kit d’urgence et suivre les vigilances météo.

L’adaptation est-elle une forme de renoncement ?

Non. Elle reconnaît que des changements sont déjà en cours et inévitables. Elle accompagne l’effort de réduction des émissions sans le remplacer.

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