Nature et animaux · Insectes
Le scarabée et les coléoptères
Le mot scarabée désigne les coléoptères de la famille des Scarabéidés (bousiers, hannetons, cétoines), et parfois tous les coléoptères. Avec environ 400 000 espèces, ils forment le plus grand ordre du règne animal.
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Près d’une espèce animale décrite sur quatre est un coléoptère. Leur succès repose en partie sur une innovation : leur première paire d’ailes s’est transformée en élytres, étuis durs qui protègent les ailes membraneuses repliées dessous et le corps. Ainsi cuirassés, les coléoptères ont colonisé presque tous les milieux terrestres et d’eau douce : bois mort, sol, excréments, fleurs, mares.
Ce qui caractérise un coléoptère
| Caractère | Description |
|---|---|
| Élytres | Ailes antérieures durcies qui se rejoignent sur le dos en une ligne droite |
| Ailes postérieures | Membraneuses, repliées sous les élytres, servent au vol |
| Pièces buccales | Broyeuses (mandibules) |
| Métamorphose | Complète : œuf, larve, nymphe, adulte |
| Taille | de moins de 0,5 mm à plus de 15 cm |
| Nombre d’espèces | environ 400 000 décrites, dont près de 10 000 en France |
Les coccinelles, les lucioles, les charançons, les carabes et les dytiques sont aussi des coléoptères (voir coccinelle et luciole).
Les Scarabéidés : les scarabées au sens strict
La famille des Scarabéidés regroupe environ 30 000 espèces, reconnaissables à leurs antennes terminées en lamelles qui s’ouvrent en éventail.
Les bousiers
Les bousiers se nourrissent d'excréments de mammifères. Certains façonnent une boule de bouse qu’ils roulent à reculons pour l’enterrer et y pondre ; d’autres creusent des galeries sous la bouse. Ils rendent des services considérables :
- ils enfouissent les excréments, ce qui fertilise et aère le sol ;
- ils limitent les mouches et les parasites du bétail ;
- en Australie, des bousiers africains et européens ont été introduits à partir des années 1960 pour enfouir les bouses de bovins, que les bousiers indigènes, adaptés aux crottes de marsupiaux, ne recyclaient pas.
Certains bousiers s’orientent la nuit grâce à la Voie lactée, comme l’ont montré des expériences publiées en 2013.
Le hanneton
Le hanneton commun (Melolontha melolontha), brun roux, vole au crépuscule en avril et mai. Sa larve, le ver blanc, vit trois ans environ dans le sol (quatre en altitude) et ronge les racines. Ses pullulations étaient autrefois redoutées des agriculteurs ; les insecticides en ont fait chuter les populations au XXe siècle, avant qu’elles ne remontent localement. L’expression « hanneton » pour une personne étourdie évoque son vol maladroit.
La cétoine dorée
La cétoine dorée (Cetonia aurata), d’un vert métallique éclatant, butine les fleurs (roses, sureaux). Elle vole les élytres fermés, en sortant les ailes par une échancrure latérale. Sa larve, grosse et blanche, vit dans le compost et le terreau, où elle aide à décomposer la matière organique : elle ne doit pas être confondue avec le ver blanc du hanneton, nuisible aux racines. On distingue la larve de cétoine à ses pattes courtes et à sa façon de se déplacer sur le dos.
Le lucane cerf-volant
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Lucanus cervus |
| Famille | Lucanidés |
| Taille | mâle jusqu’à 8 cm environ, mandibules comprises ; femelle 3 à 5 cm |
| Larve | 3 à 5 ans, parfois plus, dans le bois mort de feuillus, surtout de chênes |
| Statut | Protégé à l’échelle européenne (directive Habitats) |
C’est le plus grand coléoptère d’Europe. Les mandibules démesurées du mâle, en forme de bois de cerf, servent aux combats entre mâles pour l’accès aux femelles. Les adultes ne vivent que quelques semaines, en juin et juillet, et volent lourdement au crépuscule. Sa présence dépend du maintien de bois mort et de vieux arbres.
Records chez les coléoptères
| Record | Espèce | Valeur |
|---|---|---|
| Plus long | Titan (Titanus giganteus), Amazonie | jusqu’à environ 17 cm |
| Parmi les plus lourds | Goliaths (Afrique), Megasoma (Amérique) | larves dépassant 50 g, adultes jusqu’à 50 g environ |
| Parmi les plus longs avec cornes | Scarabée hercule (Dynastes hercules) | jusqu’à environ 17 cm, corne comprise |
| Parmi les plus petits | Ptiliidés (Scydosella musawasensis) | environ 0,3 mm |
Le scarabée rhinocéros et le scarabée hercule peuvent soulever des charges représentant de nombreuses fois leur propre poids.
Coléoptères utiles et nuisibles
- Auxiliaires : carabes (mangeurs de limaces), coccinelles, staphylins, bousiers.
- Recycleurs : larves des coléoptères du bois mort, essentielles à la décomposition des arbres dans la forêt.
- Ravageurs : doryphore de la pomme de terre, charançons des céréales stockées, scolytes des épicéas, capricorne des maisons.
- Espèces protégées : grand capricorne, pique-prune (Osmoderma eremita), rosalie des Alpes, dépendants des vieux arbres.
Questions fréquentes
Le scarabée est-il dangereux ?
Non. Les scarabées de France ne piquent pas et ne sont pas venimeux. Un lucane saisi à la main peut pincer avec ses mandibules, sans danger.
Quelle est la différence entre un scarabée et un cafard ?
Le cafard (blatte) n’est pas un coléoptère : ses ailes antérieures sont souples et se chevauchent, et sa métamorphose est incomplète. Le scarabée a des élytres durs qui se rejoignent bord à bord.
Pourquoi y a-t-il autant d’espèces de coléoptères ?
Leur ancienneté (plus de 300 millions d’années), la protection des élytres, la métamorphose complète qui sépare les besoins des larves et des adultes, et leur diversification avec les plantes à fleurs expliquent en grande partie leur extraordinaire diversité.