Nature et animaux · Insectes
La luciole et le ver luisant
Lucioles et vers luisants sont des coléoptères de la famille des Lampyridés, capables de produire de la lumière froide par bioluminescence. En France, le ver luisant est en réalité la femelle sans ailes du lampyre.
Mis à jour le 4 min de lecture
Les soirs d’été, dans l’herbe d’un talus ou au bord d’un chemin, on peut apercevoir de petites lumières vert-jaune immobiles : ce sont des vers luisants. Plus au sud, ou dans d’autres régions du monde, des lucioles volantes clignotent dans l’obscurité. Ni vers ni mouches, ces insectes sont des coléoptères, dont on connaît environ 2 000 espèces, surtout dans les régions tropicales et tempérées chaudes.
Fiche d’identité : le lampyre (ver luisant)
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Lampyris noctiluca |
| Ordre / famille | Coléoptères / Lampyridés |
| Taille | mâle 10 à 12 mm ; femelle 15 à 20 mm |
| Apparence | Mâle ailé, brun ; femelle sans ailes, d’aspect larvaire |
| Période d’observation | Juin à août, surtout fin juin et juillet, de nuit |
| Larve | 1 à 3 ans ; carnivore, se nourrit d’escargots et de limaces |
| Adulte | Ne se nourrit presque pas ; vit environ deux semaines |
Comment produisent-ils de la lumière ?
La lumière est produite par une réaction chimique dans des organes situés sous les derniers segments de l’abdomen :
- une molécule, la luciférine, est oxydée par l’oxygène ;
- la réaction est catalysée par une enzyme, la luciférase, et consomme de l’ATP, la molécule énergétique des cellules ;
- l’énergie est libérée presque entièrement sous forme de lumière visible, avec très peu de chaleur : on parle de lumière froide.
Le rendement lumineux de cette réaction est très élevé, bien supérieur à celui d’une ampoule à incandescence, qui perd l’essentiel de son énergie en chaleur. Chez les lucioles volantes, l’insecte contrôle ses éclairs en régulant l’arrivée d’oxygène dans l’organe lumineux.
Pourquoi brillent-ils ?
Pour se trouver
La lumière sert avant tout à la rencontre des sexes. Chez le lampyre de France :
- la femelle, incapable de voler, grimpe sur une herbe ou une pierre au crépuscule et allume son abdomen, recourbé vers le haut ;
- le mâle ailé, aux gros yeux, patrouille au-dessus de la végétation et repère cette lueur fixe ;
- après l’accouplement, la femelle éteint sa lumière, pond ses œufs et meurt quelques jours plus tard.
Chez de nombreuses lucioles d’Amérique et d’Asie, mâles et femelles échangent des codes de clignotements propres à chaque espèce (durée, rythme, couleur). Dans certaines forêts d’Asie du Sud-Est et des Appalaches, aux États-Unis, des milliers de mâles clignotent même en synchronie.
Pour avertir
Les larves et les adultes contiennent des substances au goût répulsif, voire toxiques. La lumière, présente dès l’œuf et la larve, signale probablement aux prédateurs nocturnes qu’ils ne sont pas comestibles.
Pour tromper
En Amérique du Nord, les femelles du genre Photuris imitent les signaux lumineux des femelles d’autres espèces. Elles attirent ainsi les mâles, qu’elles dévorent : on les surnomme les « femmes fatales » des lucioles.
Les espèces de France
| Espèce | Particularité |
|---|---|
| Lampyre ou ver luisant (Lampyris noctiluca) | Le plus répandu ; femelle sans ailes à lumière fixe |
| Petit lampyre (Lamprohiza splendidula) | Est de la France ; mâles lumineux en vol |
| Lucioles du genre Luciola (dont Luciola lusitanica) | Surtout dans le Sud-Est ; mâles volants à éclairs |
| Phosphaenus hemipterus | Petite espèce aux ailes très réduites, à lumière faible |
Le nom de « luciole » désigne en français plutôt les espèces volantes et clignotantes ; celui de « ver luisant », les femelles et les larves au sol.
La larve, chasseuse d’escargots
La larve du lampyre vit un à trois ans dans les herbes, les haies et les jardins. Elle chasse les escargots et les limaces : elle les mord à plusieurs reprises et leur injecte une salive qui les paralyse et commence à les digérer, puis aspire leur chair liquéfiée. Une larve peut s’attaquer à un escargot bien plus gros qu’elle. C’est un précieux auxiliaire des jardiniers.
Pourquoi les lucioles disparaissent-elles ?
Les observateurs constatent un déclin des vers luisants et des lucioles dans de nombreuses régions. Les causes principales :
- la pollution lumineuse : l’éclairage public, les lampes de jardin et les phares masquent les signaux des femelles et désorientent les mâles ;
- la destruction des habitats : haies arrachées, talus rasés, prairies retournées ;
- les pesticides et les anti-limaces, qui tuent les larves ou leurs proies ;
- la tonte rase des pelouses et des bords de routes.
Pour les aider : éteindre les éclairages extérieurs inutiles la nuit, laisser des bandes d’herbe haute, maintenir haies et tas de feuilles, renoncer aux pesticides et aux granulés anti-limaces. Voir jardin et biodiversité.
Questions fréquentes
Les lucioles sont-elles dangereuses ?
Non. Elles ne piquent pas et ne mordent pas l’homme. Elles contiennent toutefois des substances toxiques pour certains animaux (lézards, oiseaux en captivité) : il ne faut pas les donner à manger à un animal de compagnie.
Quand peut-on voir des vers luisants ?
En France, surtout de la fin juin à la fin juillet, de la tombée de la nuit à minuit environ, par temps doux et sans vent, dans les herbes des talus, des lisières et des jardins peu éclairés.
Les lucioles sont-elles les seuls animaux lumineux ?
Non. La bioluminescence existe chez des champignons, des vers de terre, des myriapodes et surtout chez de nombreux animaux marins, en particulier dans l'océan profond.