Nature et animaux · Insectes
L’abeille
L’abeille domestique (Apis mellifera) vit en colonies de plusieurs dizaines de milliers d’individus autour d’une reine. Mais elle n’est qu’une espèce parmi environ 20 000 abeilles dans le monde, dont près de 1 000 en France.
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Les abeilles sont des insectes de l’ordre des hyménoptères, comme les guêpes et les fourmis. Elles se distinguent par leur régime : adultes et larves se nourrissent presque exclusivement de nectar et de pollen, ce qui fait d’elles les principaux pollinisateurs des plantes à fleurs. L’abeille domestique, élevée depuis l’Antiquité pour son miel et sa cire, est la plus connue, mais la grande majorité des espèces sont des abeilles sauvages, souvent solitaires.
Fiche d’identité : l’abeille domestique
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Apis mellifera |
| Classe / famille | Insectes / Apidés |
| Taille | ouvrière 12 à 15 mm ; reine 18 à 20 mm |
| Longévité | ouvrière : 5 à 6 semaines en été, plusieurs mois en hiver ; reine : 3 à 5 ans |
| Habitat | Ruches ; à l’état sauvage, cavités d’arbres ou de rochers |
| Régime | Nectar, pollen, miel |
| Statut UICN | Données insuffisantes (DD) dans la Liste rouge européenne des abeilles (2014) |
L’organisation de la colonie
Une colonie compte de 10 000 à plus de 50 000 individus en été, répartis en trois castes :
| Caste | Nombre | Rôle |
|---|---|---|
| Reine | 1 | Seule femelle féconde ; pond jusqu’à 2 000 œufs par jour au printemps |
| Ouvrières | des dizaines de milliers | Femelles stériles qui assurent tous les travaux |
| Faux bourdons | quelques centaines | Mâles, dont le seul rôle est de féconder les reines ; chassés de la ruche à l’automne |
Une ouvrière change de tâche au cours de sa vie : nettoyeuse de cellules, nourrice des larves, bâtisseuse de rayons de cire, gardienne de l’entrée, puis butineuse dans ses dernières semaines. Ce qui distingue une future reine d’une ouvrière n’est pas son œuf mais sa nourriture : la larve royale reçoit exclusivement de la gelée royale.
Au printemps, la vieille reine quitte la ruche avec une partie des ouvrières pour fonder une nouvelle colonie : c’est l'essaimage.
La danse des abeilles
Une butineuse qui a trouvé une source de nourriture riche communique sa position aux autres par une danse sur les rayons. Pour une source éloignée, elle exécute une danse frétillante en forme de 8 : l’angle de la partie centrale par rapport à la verticale indique la direction de la source par rapport au soleil, et la durée du frétillement indique la distance. Ce langage a été déchiffré par le zoologiste autrichien Karl von Frisch, prix Nobel de physiologie ou médecine en 1973.
Du nectar au miel
Les butineuses aspirent le nectar des fleurs et le stockent dans leur jabot. Dans la ruche, il est transmis de bouche en bouche, enrichi d’enzymes, puis déposé dans les alvéoles et déshydraté par la ventilation des ailes jusqu’à environ 18 % d’eau, avant d’être operculé de cire. Pour produire 1 kg de miel, les abeilles visitent plusieurs millions de fleurs. Une colonie consomme elle-même l’essentiel de sa production, notamment pour passer l’hiver en grappe, en maintenant le centre vers 35 °C par frissonnement des muscles.
Les abeilles sauvages
Environ 20 000 espèces d’abeilles sont décrites dans le monde, dont près de 1 000 en France. La plupart sont solitaires : chaque femelle construit seule son nid dans le sol, une tige creuse ou un trou dans le bois. On compte parmi elles les osmies, les andrènes, les abeilles charpentières (xylocopes) et les bourdons, qui vivent en petites colonies annuelles. Les abeilles sauvages sont souvent plus efficaces que l’abeille domestique pour polliniser certaines cultures et fleurs sauvages, et elles déclinent fortement.
Les menaces
- Varroa (Varroa destructor) : acarien parasite venu d’Asie, arrivé en France au début des années 1980, qui affaiblit les colonies et transmet des virus ;
- frelon asiatique (Vespa velutina), arrivé accidentellement dans le Lot-et-Garonne vers 2004, qui chasse les butineuses devant les ruches ;
- pesticides, notamment les néonicotinoïdes, interdits en France depuis 2018 (avec des dérogations temporaires pour la betterave, annulées en 2023) ;
- perte de ressources florales : disparition des prairies fleuries, des haies et des bords de chemin non fauchés ;
- changement climatique, qui décale les floraisons.
La mortalité hivernale des colonies d’abeilles domestiques est surveillée chaque année par les autorités sanitaires et les organisations apicoles.
Questions fréquentes
L’abeille meurt-elle après avoir piqué ?
L’ouvrière, oui, si elle pique un mammifère : son dard barbelé reste planté dans la peau et s’arrache avec une partie de son abdomen. La reine et la plupart des abeilles sauvages peuvent piquer plusieurs fois. En cas de piqûre avec gonflement du visage, gêne respiratoire ou malaise, appeler le 15 ou le 112 (911 au Québec).
Quelle différence entre une abeille et une guêpe ?
L’abeille est velue, brun doré, et nourrit ses larves de pollen et de nectar. La guêpe est presque glabre, jaune et noir vif, à « taille de guêpe » marquée, et nourrit ses larves de proies animales.
Les abeilles vont-elles disparaître ?
L’abeille domestique, élevée par l’humain, ne risque pas de disparaître, même si les pertes de colonies sont élevées. Ce sont surtout les abeilles sauvages et les autres pollinisateurs qui déclinent.