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Nature et animaux · Insectes

Le puceron

Les pucerons sont de petits insectes hémiptères qui piquent les plantes pour en aspirer la sève. Capables de se reproduire sans mâle et de donner naissance à des petits vivants, ils pullulent au printemps.

Mis à jour le 4 min de lecture

On connaît environ 5 000 espèces de pucerons dans le monde, et plusieurs centaines en France. Ils mesurent de 1 à 4 mm, vivent en colonies serrées sous les feuilles et sur les jeunes pousses, et sont parmi les principaux ravageurs des cultures et des jardins. Ils sont aussi à la base de nombreuses chaînes alimentaires : coccinelles, syrphes, chrysopes, mésanges et petites guêpes parasites s’en nourrissent.

Fiche d’identité

CaractéristiqueDonnée
Ordre / super-familleHémiptères / Aphidoïdes
Taille1 à 4 mm
CouleursVerts, noirs, roses, jaunes, gris, parfois couverts de cire blanche (pucerons lanigères)
RégimeSève élaborée des plantes (phloème)
ReproductionParthénogenèse et viviparité une grande partie de l’année
ExemplesPuceron vert du pêcher, puceron noir de la fève, puceron du rosier, puceron lanigère du pommier

Un cycle de vie hors norme

Le cycle typique d’un puceron des régions tempérées alterne reproduction asexuée et sexuée :

  1. Hiver : des œufs pondus à l’automne passent l’hiver sur une plante hôte, souvent un arbre ou un arbuste.
  2. Printemps : de chaque œuf naît une fondatrice, une femelle qui se reproduit sans mâle (parthénogenèse) et donne directement naissance à des petits vivants (viviparité).
  3. Printemps et été : les générations de femelles se succèdent toutes les une à deux semaines. Un embryon peut déjà contenir dans son propre corps l’embryon de la génération suivante : c’est le télescopage des générations.
  4. Quand la colonie devient trop dense ou que la plante s’épuise, des femelles ailées apparaissent et colonisent d’autres plantes, parfois d’une autre espèce (hôte secondaire).
  5. Automne : apparaissent des mâles et des femelles sexuées, qui s’accouplent ; les femelles pondent les œufs d’hiver.

Grâce à ce système, une seule fondatrice peut théoriquement être à l’origine de millions de descendants en une saison. En pratique, les prédateurs, les maladies et le climat freinent cette explosion.

Comment se nourrit un puceron ?

Le puceron enfonce dans la plante un rostre, faisceau de stylets très fins qui se glisse entre les cellules jusqu’aux vaisseaux transportant la sève élaborée. Cette sève, sous pression, monte presque seule dans son tube digestif. Très riche en sucres mais pauvre en certains acides aminés, elle est complétée par des bactéries symbiotiques (Buchnera) logées dans des cellules spéciales du puceron, qui fabriquent les acides aminés manquants. Cette association dure depuis plus de 100 millions d’années.

Le miellat et les fourmis

Les pucerons rejettent l’excès de sucre sous forme de gouttelettes collantes : le miellat. Il recouvre les feuilles, les voitures stationnées sous les tilleuls et les érables, et favorise un champignon noir, la fumagine, qui gêne la photosynthèse.

De nombreuses fourmis récoltent ce miellat. Elles « traient » les pucerons en leur tapotant l’abdomen avec leurs antennes, les protègent des coccinelles et les transportent parfois vers de nouvelles pousses. C’est l’un des exemples les plus connus de mutualisme. Une colonie de pucerons entourée de fourmis est donc plus difficile à réguler naturellement. Les abeilles butinent aussi le miellat, qu’elles transforment en miel de miellat (miel de sapin, de forêt).

Les dégâts

DégâtConséquence
Prélèvement de sèveAffaiblissement, ralentissement de la croissance
Salive toxiqueFeuilles enroulées, crispées, déformées ; pousses tordues
Miellat et fumagineFeuilles collantes et noircies
Transmission de virusLe dégât le plus grave en agriculture : jaunisse de la betterave, sharka des arbres fruitiers, virus de la pomme de terre

Les pucerons transmettent plusieurs centaines de virus végétaux. La jaunisse de la betterave, transmise par le puceron vert du pêcher, a causé de lourdes pertes en France en 2020.

Lutter contre les pucerons au jardin

La lutte la plus durable consiste à favoriser leurs ennemis naturels plutôt qu’à les éliminer chimiquement :

  • auxiliaires : coccinelles et leurs larves, larves de syrphes et de chrysopes, petites guêpes parasitoïdes (qui pondent dans les pucerons, laissant des « momies » brunes), perce-oreilles, mésanges ;
  • haies diversifiées et fleurs sauvages (ombellifères, achillée, fenouil) qui nourrissent les adultes de ces auxiliaires ;
  • éviter l’excès d’engrais azotés, qui rend les pousses tendres et attractives ;
  • jet d’eau sur les colonies, ou retrait manuel des pousses très infestées ;
  • savon noir dilué en pulvérisation, en dernier recours, sans arroser les fleurs visitées par les pollinisateurs.

Les insecticides tuent aussi les auxiliaires et les pollinisateurs, et les pucerons, plus prolifiques, reviennent souvent plus vite que leurs prédateurs. Voir jardin et biodiversité et rosier.

Questions fréquentes

D’où viennent les pucerons ?

Soit d’œufs d’hiver pondus sur la plante ou sur un hôte voisin, soit de femelles ailées venues d’ailleurs, parfois portées par le vent sur de longues distances.

Les pucerons piquent-ils l’homme ?

Non. Leur rostre ne sert qu’à prélever la sève des plantes. Quelques pucerons ailés peuvent se poser sur la peau, sans piquer.

Pourquoi ma voiture colle-t-elle sous un tilleul ?

À cause du miellat, liquide sucré rejeté par les pucerons qui vivent sur les feuilles du tilleul. Un simple lavage à l’eau suffit à l’enlever.

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