Nature et animaux · Insectes
La coccinelle
La coccinelle est un petit coléoptère de la famille des Coccinellidés, dont la plupart des espèces dévorent les pucerons. Environ 6 000 espèces existent dans le monde, dont plus d’une centaine en France.
Mis à jour le 4 min de lecture
Insecte le plus populaire d’Europe, la coccinelle est surnommée « bête à bon Dieu » : selon une légende médiévale, elle aurait sauvé un condamné innocent en se posant sur son cou. Ce petit coléoptère est surtout un précieux auxiliaire des jardiniers, car l’adulte comme la larve consomment d’énormes quantités de pucerons.
Fiche d’identité : la coccinelle à sept points
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Coccinella septempunctata |
| Ordre / famille | Coléoptères / Coccinellidés |
| Taille | 5 à 8 mm |
| Longévité | environ un an pour l’adulte |
| Régime | Pucerons (larve et adulte) |
| Répartition | Europe, Asie, Afrique du Nord ; introduite en Amérique du Nord |
| Statut | Commune, non menacée |
Combien de points ?
Le nombre de points n’indique pas l’âge de la coccinelle : il dépend de l’espèce, et parfois varie au sein d’une même espèce. Quelques espèces courantes en France :
| Espèce | Couleurs | Points | Régime |
|---|---|---|---|
| Coccinelle à sept points | Rouge à points noirs | 7 | Pucerons |
| Coccinelle à deux points (Adalia bipunctata) | Rouge à 2 points noirs, ou noire à taches rouges | 2 (formes variables) | Pucerons |
| Coccinelle à 22 points (Psyllobora vigintiduopunctata) | Jaune à points noirs | 22 | Champignons (oïdium) |
| Coccinelle à 14 points (Propylea quatuordecimpunctata) | Jaune à taches noires en damier | variable | Pucerons |
| Coccinelle des friches (Hippodamia variegata) | Orangé | variable | Pucerons |
| Coccinelle de la bryone (Henosepilachna argus) | Orangé à points noirs | 11 à 12 | Végétarienne (bryone, cucurbitacées) |
| Coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) | Très variable : orange, rouge, noire | 0 à 19 | Pucerons et autres insectes |
Les couleurs vives signalent aux prédateurs que la coccinelle n’est pas comestible : menacée, elle se laisse tomber, fait la morte et libère par les articulations de ses pattes un liquide jaune amer et malodorant, riche en alcaloïdes (saignée réflexe).
Le cycle de vie
La coccinelle connaît une métamorphose complète (voir insectes) :
- Œufs : au printemps, la femelle pond des groupes de 10 à 50 œufs jaunes, allongés, près d’une colonie de pucerons, sous les feuilles. Elle peut en pondre plusieurs centaines.
- Larve : après quelques jours éclot une larve allongée, grise ou noire tachée d’orange, qui ne ressemble pas du tout à l’adulte. C’est la phase la plus vorace : une larve dévore plusieurs centaines de pucerons en 3 à 4 semaines.
- Nymphe : la larve se fixe sur une feuille et se transforme en nymphe immobile pendant environ une semaine.
- Adulte : d’abord jaune pâle et sans points, il prend ses couleurs en quelques heures.
Il peut y avoir une à plusieurs générations par an. À l’automne, les adultes hivernent regroupés sous les écorces, dans la litière ou les fissures, parfois par centaines.
L’harmonie asiatique, une espèce invasive
La coccinelle asiatique (Harmonia axyridis), originaire d’Asie orientale, a été introduite en Europe et en Amérique du Nord dans les années 1980-1990 pour la lutte biologique contre les pucerons, notamment en serre. Elle s’est échappée et s’est répandue dans toute la France au cours des années 2000.
Pourquoi pose-t-elle problème ?
- elle est plus vorace et plus prolifique que les espèces indigènes ;
- elle mange aussi les œufs et les larves d’autres coccinelles ;
- elle a contribué au déclin de plusieurs espèces locales, dont la coccinelle à deux points ;
- l’hiver, elle se regroupe en masse dans les maisons, où elle peut tacher les murs ;
- elle s’attaque parfois aux fruits mûrs, notamment au raisin, et peut altérer le goût du vin.
On la reconnaît à sa taille un peu plus grande (6 à 8 mm), à la grande variabilité de ses couleurs et à une tache blanche sur le pronotum dessinant souvent un M ou un W noir. Sa vente comme auxiliaire est désormais remplacée par des souches non volantes ou des espèces indigènes.
Les coccinelles au jardin
Pour les attirer et les garder :
- ne pas utiliser d’insecticides, qui les tuent en même temps que les pucerons ;
- tolérer quelques pucerons au printemps : ils nourrissent les premières générations de coccinelles ;
- laisser des plantes sauvages (orties, fenouil, achillée) et des abris d’hiver (feuilles mortes, tiges creuses, écorces) ;
- éviter d’acheter des coccinelles asiatiques ; préférer favoriser les espèces locales.
Voir aussi jardin et biodiversité.
Questions fréquentes
Les coccinelles piquent-elles ?
Non. Elles n’ont pas de dard. La coccinelle asiatique peut pincer légèrement la peau avec ses mandibules, sans danger. Son liquide jaune peut tacher et, rarement, provoquer une réaction allergique.
Que mange une coccinelle ?
La plupart mangent des pucerons, des cochenilles ou des acariens. Certaines espèces se nourrissent d’oïdium (un champignon) et quelques-unes de feuilles.
Combien de pucerons mange une coccinelle ?
Une coccinelle à sept points peut consommer plusieurs dizaines de pucerons par jour à l’âge adulte, et une larve plusieurs centaines au cours de son développement.