Nature et animaux · Animaux marins
Le narval
Le narval (Monodon monoceros) est un cétacé à dents de l’Arctique, surnommé la « licorne des mers ». Sa défense spiralée, qui peut dépasser 2,5 m, est une dent, portée surtout par les mâles.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le narval vit toute l’année dans les eaux arctiques de l’Atlantique : nord-est du Canada (Nunavut), Groenland, Svalbard et ouest de l’Arctique russe. Il passe l’été dans les fjords et les baies libérés par les glaces, puis migre en automne vers le large, où il hiverne sous la banquise dense, respirant dans de rares fissures. Avec le béluga, il forme la petite famille des Monodontidés. Discret et difficile à observer, c’est l’un des cétacés les moins bien connus.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Monodon monoceros |
| Classe / famille | Mammifères / Monodontidés (cétacés à dents) |
| Taille | 4 à 5,5 m sans la défense ; défense de 1,5 à 3 m |
| Poids | 800 à 1 600 kg ; mâles plus lourds |
| Longévité | 50 ans ou plus ; des estimations suggèrent jusqu’à une centaine d’années pour certains individus |
| Habitat | Eaux arctiques profondes, fjords en été, banquise dense en hiver |
| Régime | Flétans du Groenland, morues arctiques, calmars, crevettes |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation de 2017 (auparavant Quasi menacé) |
Description
Le narval a un corps trapu, une petite tête arrondie et pas de nageoire dorsale, une adaptation à la nage sous la glace. Sa peau, gris-bleu tachetée chez les adultes, blanchit avec l’âge. Les petits naissent gris uniforme.
La défense
La défense du narval est une canine supérieure gauche qui traverse la lèvre et pousse en spirale toujours dans le même sens (vers la gauche), jusqu’à plus de 2,5 m et parfois 3 m. Elle est présente chez la plupart des mâles et chez environ 15 % des femelles selon les estimations. Très rarement, un narval porte deux défenses. Le narval n’a pas d’autres dents fonctionnelles dans la bouche.
Sa fonction a longtemps été débattue :
| Hypothèse | État des connaissances |
|---|---|
| Caractère sexuel secondaire (comme les bois des cerfs) | la mieux étayée : la taille de la défense est liée à la condition physique du mâle ; les mâles se frottent les défenses en surface (tusking) |
| Organe sensoriel | la défense contient des millions de terminaisons nerveuses et pourrait percevoir des variations de l’eau (température, salinité) ; rôle discuté |
| Outil de chasse | des images de drone de 2017 montrent des narvals frappant des morues avec leur défense pour les étourdir |
| Briser la glace ou combattre | peu soutenue : la défense est fragile et sert peu au combat |
Mode de vie
Le narval vit en groupes de quelques individus à une vingtaine, qui se rassemblent en centaines, voire en milliers lors des migrations. Il communique et chasse grâce à l'écholocation, émettant des clics, des sifflements et des sons pulsés.
C’est un plongeur remarquable : en hiver, il descend régulièrement à plus de 1 500 m, parfois au-delà de 1 800 m, pour chasser le flétan du Groenland près du fond, et peut rester plus de 20 minutes sous l’eau. Il effectue plusieurs dizaines de plongées profondes par jour. Ses muscles sont parmi les plus riches en myoglobine de tous les mammifères, ce qui lui permet de stocker beaucoup d’oxygène.
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Accouplement | au printemps (mars-mai), sous la banquise |
| Gestation | environ 14 à 15 mois |
| Naissance | en été, 1 petit d’environ 1,5 m et 80 kg |
| Allaitement | environ 20 mois |
| Intervalle entre naissances | environ 3 ans |
| Maturité sexuelle | 6 à 9 ans |
Menaces
La population mondiale est estimée à plus de 100 000 narvals, avec plusieurs grands stocks dans l’Arctique canadien et au Groenland. Les menaces principales :
- le changement climatique : la réduction de la banquise modifie l’accès aux proies, expose davantage les narvals aux orques, dont la présence augmente dans l’Arctique, et ouvre la région au trafic maritime ;
- le bruit sous-marin (navires, prospection sismique, exploitation minière), auquel le narval est très sensible ;
- les piégeages dans la glace (savssats), lorsque la banquise se referme brutalement sur un groupe ;
- la chasse pratiquée par les Inuits du Canada et du Groenland, encadrée par des quotas, pour la peau riche en vitamine C (mattaq), la viande et les défenses.
Le narval ne survit pas en captivité : toutes les tentatives de le maintenir en aquarium ont échoué.
Questions fréquentes
La défense du narval est-elle une corne ?
Non, c’est une dent, une canine qui sort de la mâchoire supérieure en traversant la lèvre et pousse en spirale.
Les femelles narvals ont-elles une défense ?
Certaines, une minorité estimée autour de 15 %. La défense est une caractéristique surtout masculine, comme les bois des cerfs.
Où vit le narval ?
Dans l’Arctique atlantique : Arctique canadien, Groenland, Svalbard et ouest de l’Arctique russe. Il ne vit pas dans le Pacifique Nord.
Le narval est-il menacé ?
Il est classé en préoccupation mineure depuis 2017, avec une population de plus de 100 000 individus, mais il est considéré comme l’un des mammifères marins les plus sensibles au changement climatique.