Nature et animaux · Animaux marins
Les tortues marines
Il existe sept espèces de tortues marines, des reptiles qui passent leur vie en mer et ne reviennent à terre que pour pondre. Six sont considérées comme menacées ou insuffisamment connues par l’UICN.
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Les tortues marines parcourent les océans depuis plus de 100 millions d’années. Leurs pattes transformées en nageoires en font d’excellentes nageuses, capables de migrer sur des milliers de kilomètres entre leurs zones d’alimentation et les plages où elles sont nées. Les territoires français d’outre-mer (Guyane, Antilles, Mayotte, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, îles Éparses) accueillent des sites de ponte d’importance mondiale.
Les sept espèces
| Espèce | Nom scientifique | Taille de carapace | Alimentation | Statut UICN (année) |
|---|---|---|---|---|
| Tortue luth | Dermochelys coriacea | jusqu’à 1,8 m ; 300 à 700 kg | Méduses | Vulnérable (2013) |
| Tortue verte | Chelonia mydas | jusqu’à 1,2 m | Herbes marines, algues (adulte) | Préoccupation mineure (réévaluation de 2025, auparavant en danger) |
| Tortue caouanne | Caretta caretta | jusqu’à 1,1 m | Crabes, mollusques | Vulnérable (2015) |
| Tortue imbriquée | Eretmochelys imbricata | jusqu’à 90 cm | Éponges des récifs | En danger critique (2008) |
| Tortue olivâtre | Lepidochelys olivacea | environ 70 cm | Omnivore | Vulnérable (2008) |
| Tortue de Kemp | Lepidochelys kempii | environ 70 cm | Crabes | En danger critique (2019) |
| Tortue à dos plat | Natator depressus | environ 1 m | Omnivore | Données insuffisantes (1996) |
Plusieurs populations régionales ont un statut différent du statut mondial : la tortue luth du Pacifique Est et du Pacifique Ouest est en danger critique.
La tortue luth, une géante à part
La tortue luth est la plus grande tortue et l’un des plus grands reptiles actuels. Sa carapace n’est pas faite d’écailles cornées mais d’une peau épaisse et huileuse recouvrant de petites plaques osseuses, parcourue de sept crêtes longitudinales. Elle plonge à plus de 1 000 m et supporte des eaux froides, jusqu’au large de la Bretagne et du Canada atlantique, grâce à sa masse et à un système d’échange de chaleur. Elle ne se nourrit presque que de méduses, ce qui la rend très vulnérable aux sacs plastiques qu’elle confond avec ses proies. La Guyane française (plages de Yalimapo et d’Awala) a longtemps été l’un des principaux sites de ponte au monde.
Le cycle de vie
- Accouplement au large des plages de ponte.
- Ponte : la nuit, la femelle monte sur la plage, creuse un trou avec ses nageoires arrière et y dépose 80 à 120 œufs en moyenne, de la taille d’une balle de ping-pong. Elle peut pondre plusieurs fois par saison, tous les 2 à 4 ans.
- Incubation : environ 45 à 70 jours dans le sable chaud. La température du nid détermine le sexe des petits : au-dessus d’environ 29 °C, ils naissent surtout femelles ; en dessous, surtout mâles.
- Émergence : les tortillons sortent ensemble, de nuit, et se dirigent vers la mer en se guidant sur l’horizon le plus lumineux.
- Années perdues : les jeunes dérivent en haute mer pendant plusieurs années, souvent dans les radeaux d’algues, période encore mal connue.
- Maturité : atteinte entre 10 et plus de 30 ans selon les espèces. Les femelles reviennent pondre sur la plage où elles sont nées, ou à proximité, en s’orientant notamment grâce au champ magnétique terrestre.
On estime qu’environ un tortillon sur mille seulement atteint l’âge adulte.
Les menaces
- Captures accidentelles dans les filets, chaluts et palangres, première cause de mortalité en mer ;
- pollution plastique et ingestion de déchets ;
- éclairage des plages, qui désoriente les tortillons vers l’intérieur des terres ;
- braconnage des œufs, de la viande et de l’écaille de la tortue imbriquée (le commerce international est interdit par la CITES) ;
- aménagement et érosion des plages de ponte ;
- réchauffement climatique : hausse du niveau de la mer et féminisation des populations, des plages très chaudes ne produisant presque plus que des femelles.
Des succès de conservation
La réévaluation de la tortue verte, passée de « en danger » à « préoccupation mineure » en 2025, illustre l’effet de décennies de protection des plages de ponte et de limitation de la chasse, notamment dans l’Atlantique et le Pacifique. La tortue de Kemp, réduite à quelques centaines de femelles dans les années 1980 dans le golfe du Mexique, a aussi remonté grâce à la protection de son unique grande plage de ponte et à des dispositifs d’exclusion des tortues dans les chaluts à crevettes.
Questions fréquentes
Combien d’espèces de tortues marines existe-t-il ?
Sept : luth, verte, caouanne, imbriquée, olivâtre, de Kemp et à dos plat.
Les tortues marines peuvent-elles rentrer dans leur carapace ?
Non. Contrairement à beaucoup de tortues terrestres, elles ne peuvent rétracter ni la tête ni les nageoires.
Combien de temps vit une tortue marine ?
Plusieurs décennies : on estime qu’une tortue verte ou caouanne peut vivre 50 à 70 ans, voire davantage, mais l’âge exact est difficile à mesurer.
Pourquoi les tortues mangent-elles du plastique ?
Les sacs et films plastiques flottants ressemblent à des méduses, nourriture de la tortue luth et d’autres espèces. Leur ingestion peut bloquer le tube digestif.