Nature et animaux · Animaux marins
L’étoile de mer
L’étoile de mer est un animal marin invertébré de la classe des astérides, parente des oursins. Sans cerveau ni sang, elle se déplace sur des centaines de petits pieds et peut régénérer un bras perdu.
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On compte environ 1 900 espèces d’étoiles de mer dans tous les océans, des zones de balancement des marées jusqu’à plus de 6 000 m de profondeur. Malgré leur nom, ce ne sont pas des poissons : elles appartiennent à l’embranchement des échinodermes (« peau épineuse »), avec les oursins, les holothuries (concombres de mer), les ophiures et les crinoïdes. Leur forme rayonnante, le plus souvent à cinq bras, et leurs capacités de régénération en font l’un des animaux marins les plus étonnants.
Fiche d’identité (étoile de mer commune)
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Asterias rubens |
| Classe / ordre | Astérides (Asteroidea) / Forcipulatida ; embranchement des Échinodermes |
| Taille | 10 à 30 cm de diamètre en général, jusqu’à 50 cm |
| Poids | quelques dizaines à quelques centaines de grammes |
| Longévité | 5 à 10 ans environ ; certaines espèces vivent plus de 30 ans |
| Habitat | Fonds rocheux, sableux et vaseux de l’Atlantique Nord-Est, de l’estran à 400 m environ |
| Régime | Carnivore : moules, huîtres, coques, autres invertébrés, cadavres |
| Statut UICN | Non évaluée ; espèce commune sur les côtes européennes |
Une anatomie sans équivalent
L’étoile de mer présente une symétrie pentaradiée : son corps s’organise autour d’un disque central en cinq parties, ou un multiple de cinq. Certaines espèces ont bien plus de bras, comme l’étoile de mer tournesol du Pacifique, qui en compte jusqu’à 24. Ses larves, en revanche, ont une symétrie bilatérale, comme la plupart des animaux.
Elle n’a ni cerveau ni sang : un anneau nerveux autour de la bouche relié à un nerf dans chaque bras coordonne ses mouvements, et l’eau de mer filtrée circule dans un réseau de canaux, le système aquifère, qui remplace le système circulatoire. Ce système actionne des centaines de pieds ambulacraires, de petits tubes terminés par des ventouses, sous chaque bras : en les remplissant ou en les vidant d’eau, l’étoile se déplace lentement et s’agrippe aux rochers.
Au bout de chaque bras se trouve un œil rudimentaire, composé de dizaines de petites unités, qui distingue la lumière et les grandes formes. Son squelette est fait de petites plaques calcaires sous la peau, souvent hérissées d’épines.
Un estomac qui sort du corps
L’étoile de mer se nourrit souvent de bivalves (moules, huîtres). Elle les enlace avec ses bras et tire avec ses pieds ambulacraires sur les deux valves pendant des heures, jusqu’à ce que le coquillage, épuisé, s’entrouvre de quelques millimètres. Elle dévagine alors son estomac, qui sort par sa bouche, située sous le disque central, et le glisse dans la coquille pour digérer la chair sur place, avant de le rentrer. Cette technique lui permet de consommer des proies bien plus grandes que sa bouche. Elle peut aussi avaler de petites proies entières.
Certaines espèces sont des prédateurs clés de leur écosystème. C’est en retirant une étoile de mer (Pisaster ochraceus) de la côte de l’État de Washington que l’écologue Robert Paine a montré, dans les années 1960, qu’une seule espèce peut maintenir la diversité de toute une communauté : il a forgé le concept d'espèce clé de voûte.
Régénération et reproduction
L’étoile de mer peut régénérer un bras perdu face à un prédateur, en quelques mois à un an. Chez certaines espèces, un bras détaché portant une partie du disque central peut même reformer un individu complet.
| Mode | Fonctionnement |
|---|---|
| Reproduction sexuée | la plupart des espèces ont des sexes séparés ; mâles et femelles libèrent ovules et spermatozoïdes dans l’eau, souvent au printemps |
| Ponte | une femelle d’étoile de mer commune peut libérer plusieurs millions d’œufs |
| Larves | elles dérivent plusieurs semaines dans le plancton avant de se fixer et de se métamorphoser en petite étoile |
| Reproduction asexuée | certaines espèces se divisent en deux, chaque moitié régénérant la partie manquante |
Espèces des côtes françaises
| Espèce | Signes distinctifs |
|---|---|
| Étoile de mer commune (Asterias rubens) | orange à violacée, 5 bras, très commune en Manche et Atlantique |
| Étoile glaciaire (Marthasterias glacialis) | grande, épines blanches, Atlantique et Méditerranée |
| Astérine gibbeuse (Asterina gibbosa) | petite (5 cm), bras très courts, mares rocheuses |
| Étoile rouge de Méditerranée (Echinaster sepositus) | rouge vif, bras lisses et cylindriques |
Menaces
- Le syndrome du dépérissement des étoiles de mer : depuis 2013, une maladie a tué des milliards d’étoiles de mer sur la côte pacifique de l’Amérique du Nord. Les individus atteints se couvrent de lésions, perdent leurs bras et se désagrègent en quelques jours. L’étoile de mer tournesol a perdu plus de 90 % de ses effectifs et a été classée en danger critique (CR) par l’UICN en 2020. Sa disparition a favorisé la prolifération des oursins, qui ont dévasté des forêts de kelp.
- Le réchauffement des eaux, qui favoriserait ces épidémies.
- La collecte pour les souvenirs et la décoration : une étoile sortie de l’eau meurt en quelques minutes.
Questions fréquentes
L’étoile de mer est-elle un poisson ?
Non. C’est un invertébré de l'embranchement des échinodermes, comme les oursins. Les scientifiques préfèrent d’ailleurs le nom anglais sea star à starfish, pour éviter la confusion.
Une étoile de mer peut-elle repousser ?
Oui. Elle régénère un bras perdu, et chez certaines espèces un bras arraché avec une partie du disque central peut redonner une étoile entière.
Peut-on sortir une étoile de mer de l’eau ?
Il vaut mieux l’éviter : elle respire par des branchies cutanées et ses pieds ambulacraires se dessèchent vite. Une étoile ramassée sur la plage doit être remise rapidement dans l’eau, et ne jamais être rapportée chez soi.
Comment l’étoile de mer mange-t-elle une moule ?
Elle écarte lentement les deux valves avec ses bras et ses pieds ambulacraires, puis fait sortir son estomac par la bouche pour le glisser dans la coquille et digérer la moule sur place.