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Nature et animaux · Animaux marins

L’orque

L’orque (Orcinus orca), aussi appelée épaulard, est le plus grand membre de la famille des dauphins. Superprédateur de tous les océans, elle vit en groupes familiaux matriarcaux aux traditions de chasse propres.

Mis à jour le 4 min de lecture

Son nom anglais de killer whale (« baleine tueuse ») vient des baleiniers qui la voyaient attaquer de grandes baleines ; en réalité, l’orque est un dauphin, et non une baleine. C’est, après l’humain, le mammifère le plus largement réparti sur la planète : on la trouve de l’Arctique à l’Antarctique, avec une préférence pour les eaux froides et riches des hautes latitudes.

Fiche d’identité

CaractéristiqueDonnée
Nom scientifiqueOrcinus orca
Classe / familleMammifères / Delphinidés
Taillemâle 6 à 8 m, jusqu’à près de 10 m ; femelle 5 à 7 m
Poidsmâle jusqu’à 6 tonnes et plus ; femelle 3 à 4 tonnes
Longévitéfemelle 50 ans en moyenne, jusqu’à 80-90 ans ; mâle 30 ans en moyenne, jusqu’à 50-60 ans
HabitatTous les océans, surtout eaux froides côtières
RégimeCarnivore : poissons, phoques, otaries, dauphins, baleines, requins, manchots selon les populations
Statut UICNDonnées insuffisantes (DD), évaluation de 2017 ; la sous-population du détroit de Gibraltar est en danger critique

Description

L’orque est noire avec une tache blanche au-dessus de l’œil, une gorge et un ventre blancs, et une selle grise derrière la nageoire dorsale. La nageoire dorsale du mâle adulte est droite et peut atteindre 1,8 m de haut ; celle de la femelle est plus courte et recourbée. La forme de la dorsale et de la selle, avec ses entailles et cicatrices, permet aux chercheurs d’identifier chaque individu sur photo. Ses dents coniques, une quarantaine, mesurent jusqu’à 10 cm.

Une société matriarcale

L’orque vit en groupes familiaux stables organisés autour d’une femelle âgée, la matriarche, avec ses enfants et petits-enfants. Chez les orques « résidentes » du Pacifique Nord-Est, les fils comme les filles restent toute leur vie avec leur mère, un cas unique chez les mammifères. Chaque groupe possède son propre dialecte, un répertoire de cris transmis par apprentissage.

L’orque est l’une des rares espèces, avec l’humain et quelques autres cétacés, où les femelles connaissent une ménopause et vivent encore des décennies après leur dernière mise bas. Les grands-mères guident le groupe vers les zones de pêche, surtout les années de pénurie de saumons, et leur mort réduit la survie de leurs petits-enfants.

Les écotypes : des cultures de chasse différentes

Les orques d’une même région peuvent avoir des régimes et des comportements si différents qu’elles ne se mélangent pas. Les chercheurs parlent d'écotypes, dont certains pourraient être des espèces distinctes.

Écotype (exemples)RégionProiesTechnique
RésidentesPacifique Nord-Est (Colombie-Britannique, État de Washington)Saumons, surtout le saumon chinookÉcholocation, partage des prises
Transitoires (de Bigg)Pacifique Nord-EstPhoques, otaries, marsouinsChasse silencieuse en petits groupes
Type BAntarctiquePhoquesVague provoquée pour faire tomber les phoques des glaces flottantes
Orques de PatagoniePéninsule Valdés (Argentine)Jeunes otariesÉchouage volontaire sur la plage
Orques de NorvègeAtlantique NordHarengs« Carrousel » : bancs regroupés puis assommés à coups de queue

Des orques tuent aussi des requins, dont le requin blanc, et chassent en groupe des baleineaux de baleines grises ou à bosse, voire des baleines bleues adultes, comme l’ont documenté des chercheurs australiens en 2019 et 2021.

Reproduction

ÉtapeDonnée
Gestationenviron 15 à 18 mois
Naissanceun petit de 2 à 2,5 m
Allaitementau moins 1 an
Intervalle entre naissances3 à 10 ans, 5 ans en moyenne
Maturitéfemelle vers 12-15 ans

Les orques et les bateaux de la péninsule Ibérique

Depuis 2020, des orques de la petite population du détroit de Gibraltar et des côtes portugaises et galiciennes s’en prennent aux safrans des voiliers, au point de les briser et de rendre des bateaux ingouvernables ; quelques voiliers ont coulé. Les causes restent débattues (jeu, comportement de mode transmis entre jeunes, réaction à un incident). Cette sous-population, de quelques dizaines d’individus, dépend du thon rouge.

Menaces

  • Pollution chimique : les PCB, accumulés dans la graisse, sont à des niveaux qui menacent la reproduction de plusieurs populations d’Europe ; la population côtière du Royaume-Uni est proche de l’extinction ;
  • raréfaction des proies, comme le saumon chinook pour les orques résidentes du Sud, classées en voie de disparition au Canada et aux États-Unis ;
  • bruit et trafic maritime ;
  • captivité : les captures pour les parcs marins ont décimé certaines populations dans les années 1960-1970. En France, une loi de 2021 interdit à terme la détention de cétacés dans les delphinariums (échéance fin 2026).

Questions fréquentes

L’orque est-elle une baleine ou un dauphin ?

Un dauphin : elle appartient à la famille des Delphinidés, dont elle est le plus grand représentant.

L’orque est-elle dangereuse pour l’humain ?

Aucune attaque mortelle d’orque sauvage sur l’humain n’est documentée. Les accidents mortels connus se sont produits en captivité.

Pourquoi l’appelle-t-on épaulard ?

Épaulard est un autre nom français de l’orque, courant au Québec et dans la langue des marins. Son étymologie est discutée ; le terme scientifique orque vient du latin orca, qui désignait un cétacé.

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