Nature et animaux · Animaux marins
Le béluga
Le béluga (Delphinapterus leucas), ou baleine blanche, est un cétacé à dents des eaux arctiques et subarctiques. Très vocal, il est surnommé le « canari des mers » ; sa population du Saint-Laurent est en voie de disparition.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le béluga vit dans l’océan Arctique et les mers adjacentes : Alaska, Arctique canadien et baie d’Hudson, Groenland, Svalbard, Russie. Une population isolée, la plus méridionale du monde, vit toute l’année dans l'estuaire du Saint-Laurent, au Québec. Avec le narval, il forme la famille des Monodontidés. Son nom vient du russe belyi, « blanc ». Il ne faut pas le confondre avec le béluga (Huso huso), un esturgeon de la mer Caspienne dont on tire le caviar.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Delphinapterus leucas |
| Classe / famille | Mammifères / Monodontidés (cétacés à dents) |
| Taille | 3,5 à 5,5 m pour le mâle ; 3 à 4 m pour la femelle |
| Poids | 700 à 1 500 kg |
| Longévité | 40 à 60 ans, parfois davantage |
| Habitat | Eaux côtières, estuaires et banquise de l’Arctique et du Subarctique |
| Régime | Poissons (morue arctique, capelan, hareng, saumon), calmars, crevettes, vers |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation mondiale de 2017 ; plusieurs populations isolées sont menacées |
Description
Le béluga adulte est entièrement blanc, une couleur qui le camoufle parmi les glaces. Les petits naissent gris foncé ou brun et blanchissent progressivement, jusqu’à l’âge de 5 à 12 ans environ. Comme le narval, il n’a pas de nageoire dorsale, mais une crête sur le dos, adaptation à la nage sous la glace.
Contrairement à la plupart des cétacés, ses vertèbres cervicales ne sont pas soudées : il peut tourner et hocher la tête, ce qui lui donne des expressions particulières. Son front porte un melon, un organe graisseux qui focalise les sons de l’écholocation et dont il peut modifier la forme. Ses lèvres mobiles lui permettent de souffler des jets d’eau pour déloger ses proies dans les sédiments.
Le béluga mue chaque été : il se frotte contre les fonds de gravier des estuaires pour éliminer sa vieille peau.
Le « canari des mers »
Le béluga est l’un des cétacés au répertoire vocal le plus riche : sifflements, trilles, grincements, claquements, gazouillis, souvent audibles depuis la surface ou à travers la coque des bateaux, d’où son surnom anglais de sea canary. Ces sons lui servent à communiquer au sein du groupe, à s’orienter et à chasser par écholocation, y compris dans les eaux troubles des estuaires et sous la glace.
Mode de vie
Le béluga est très social. Il vit en groupes de quelques individus à quelques dizaines, souvent séparés entre femelles avec jeunes et mâles adultes. En été, des milliers de bélugas se rassemblent dans certains estuaires de l’Arctique, comme celui de la rivière Churchill, dans la baie d’Hudson, pour se nourrir, muer et mettre bas. Les populations arctiques migrent en automne vers les zones de banquise disloquée, tandis que celle du Saint-Laurent reste sur place. Il plonge en général à quelques centaines de mètres, et parfois à plus de 800 m.
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Accouplement | fin d’hiver et printemps |
| Gestation | environ 14 à 15 mois |
| Naissance | en été, 1 petit gris d’environ 1,5 m et 80 kg |
| Allaitement | environ 2 ans |
| Intervalle entre naissances | environ 3 ans |
| Maturité sexuelle | 8 à 14 ans environ |
Le béluga du Saint-Laurent
La population du Saint-Laurent comptait sans doute plus de 7 000 individus au début du XXe siècle. La chasse, encouragée un temps par des primes parce qu’on accusait les bélugas de nuire à la pêche, l’a réduite fortement ; elle est interdite depuis 1979. Malgré cette protection, la population ne s’est pas rétablie : elle est estimée à environ 1 850 individus au début des années 2020 et est désignée en voie de disparition en vertu de la Loi canadienne sur les espèces en péril depuis 2017.
Ses menaces :
- les contaminants (BPC, retardateurs de flamme, hydrocarbures) accumulés dans les graisses, qui affaiblissent le système immunitaire et la reproduction ; des taux de cancers élevés ont été observés chez les bélugas morts ;
- le bruit de la navigation commerciale et touristique, qui perturbe la communication et la chasse ;
- le dérangement par les bateaux d’observation ;
- la baisse des proies et le réchauffement des eaux du golfe ;
- une mortalité anormale des femelles et des nouveau-nés observée depuis les années 2010.
Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, créé en 1998 autour de Tadoussac, protège une partie de son habitat ; une réglementation impose des distances minimales d’approche.
Questions fréquentes
Pourquoi le béluga est-il blanc ?
Sa couleur blanche le camoufle dans les glaces de l’Arctique, face à ses prédateurs, l’orque et l’ours polaire. Les jeunes naissent gris et blanchissent avec l’âge.
Combien reste-t-il de bélugas dans le Saint-Laurent ?
Environ 1 850 selon les estimations de Pêches et Océans Canada au début des années 2020, contre plus de 7 000 au début du XXe siècle.
Le béluga est-il une baleine ?
C’est un cétacé à dents, apparenté au narval et plus lointainement aux dauphins, pas une baleine à fanons. Le nom « baleine blanche » est un usage courant.
Le béluga est-il menacé ?
Pas au niveau mondial, où l’on compte plus de 150 000 bélugas, mais certaines populations isolées, comme celles du Saint-Laurent et de l’inlet de Cook en Alaska, sont en danger.