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Nature et animaux · Arbres et plantes

Les mousses et les lichens

Une mousse est une petite plante sans racines ni fleurs ; un lichen n’est pas une plante mais une association entre un champignon et une algue ou une cyanobactérie. Tous deux colonisent les milieux les plus rudes.

Mis à jour le 4 min de lecture

Sur un vieux mur, une écorce ou un rocher, mousses et lichens poussent souvent côte à côte, et on les confond facilement. Ils partagent une capacité remarquable à supporter la sécheresse, à se dessécher complètement puis à reprendre vie dès qu’il pleut. Ils jouent un rôle discret mais essentiel : ils fabriquent les premiers sols, retiennent l’eau, abritent de minuscules animaux et renseignent sur la qualité de l’air.

Mousse ou lichen ?

CritèreMousseLichen
NaturePlante (bryophyte)Association symbiotique : champignon + algue verte et/ou cyanobactérie
AspectPetites tiges feuillées, vertes, en coussinets ou en tapisCroûtes, lames ou petits buissons ; gris, jaunes, orangés, verdâtres
FeuillesOui, minusculesNon
Couleur au secBrunit, se recroquevilleChange peu
ReproductionSpores produites dans des capsules au bout de fins pédicellesFragments, petites structures contenant les deux partenaires, spores du champignon
MilieuxPlutôt humides et ombragésAussi très secs, exposés, froids

Les mousses

Fiche d’identité

CaractéristiqueDonnée
GroupeBryophytes : mousses, hépatiques, anthocérotes
Nombre d’espècesenviron 12 000 mousses ; environ 20 000 bryophytes au total
Taillequelques millimètres à quelques centimètres en général
ParticularitésPas de vraies racines (simples filaments, les rhizoïdes), pas de vaisseaux conducteurs, pas de fleurs

Les mousses absorbent l’eau et les minéraux par toute leur surface, directement à partir de la pluie et de la rosée. Faute de vaisseaux, elles restent petites. Comme les fougères, elles ont besoin d’eau pour que leurs cellules reproductrices mâles nagent jusqu’aux cellules femelles.

Elles sont parmi les premières plantes à avoir colonisé la terre ferme, il y a plus de 450 millions d’années.

Les sphaignes et les tourbières

Les sphaignes (Sphagnum) sont des mousses des tourbières. Leurs cellules mortes, vides, se remplissent d’eau : elles peuvent retenir une vingtaine de fois leur poids sec en eau. Elles acidifient leur milieu, ce qui ralentit la décomposition : leurs débris s’accumulent depuis des millénaires pour former la tourbe.

Les sphaignes ont servi de pansements absorbants pendant la Première Guerre mondiale, et la tourbe a conservé de remarquables « hommes des tourbières » de l’âge du fer en Europe du Nord.

Idée reçue : la mousse indique-t-elle le nord ?

En Europe, la mousse pousse souvent mieux sur la face nord des troncs, plus ombragée et humide. Mais l’orientation, la pente, la forêt environnante et l’exposition à la pluie comptent davantage : ce n’est pas une boussole fiable.

Les lichens

Une symbiose

Un lichen associe :

  • un champignon (le mycobionte), qui forme la structure, retient l’eau, puise les minéraux et protège ;
  • une algue verte ou une cyanobactérie (le photobionte), qui fait la photosynthèse et fournit les sucres.

Le lichen a une forme et des propriétés que n’ont aucun des partenaires séparément. Des recherches publiées en 2016 ont montré que de nombreux lichens hébergent aussi une levure dans leur couche externe, signe que ces associations sont plus complexes qu’on ne le pensait. On décrit environ 20 000 espèces de lichens, nommées d’après leur champignon.

Les formes de lichens

FormeAspectExemple
CrustacéeCroûte collée au support, impossible à détacherLichens orangés et gris des rochers et des tuiles
FoliacéeLames à bords libres, comme des feuillesXanthorie des murailles, jaune-orangé, sur les écorces et les toits
FruticuleusePetits buissons ou barbes pendantesUsnées (« barbes de vieillard »), cladonies

Des champions de l’extrême

Les lichens colonisent les rochers nus, les déserts, les sommets, l’Antarctique et la toundra. Ils peuvent se dessécher complètement et survivre ainsi longtemps. Ils grandissent très lentement, parfois d’un millimètre par an ou moins ; certains thalles auraient plusieurs milliers d’années. Les géologues utilisent cette croissance lente pour dater les dépôts glaciaires (lichénométrie).

Ils sont des pionniers : en sécrétant des acides, ils attaquent la roche et préparent les premiers sols. Dans le Grand Nord, les cladonies (« lichen des rennes ») constituent la nourriture d’hiver principale des rennes et des caribous.

Des indicateurs de pollution

Les lichens absorbent tout ce qui se trouve dans l’air et la pluie, sans pouvoir s’en protéger. Ils sont très sensibles à la pollution, notamment au dioxyde de soufre : au XXe siècle, ils avaient disparu du centre de nombreuses villes industrielles. Leur retour depuis la baisse de cette pollution est spectaculaire. Aujourd’hui, la présence d’espèces favorisées par l’azote (xanthories) signale plutôt des excès d’azote d’origine agricole ou routière. Ils servent de bioindicateurs de la qualité de l’air.

Faut-il enlever mousses et lichens ?

Les lichens sur les troncs ne parasitent pas les arbres : ils utilisent l’écorce comme support. Leur abondance sur un arbre dépérissant s’explique simplement par la lumière qui atteint davantage les branches dégarnies. Sur les toitures, mousses et lichens peuvent retenir l’humidité ; un brossage doux suffit souvent. Au jardin, une pelouse moussue signale un sol tassé, acide ou ombragé : on peut accepter la mousse, qui ne demande ni tonte ni arrosage.

Questions fréquentes

Le lichen tue-t-il les arbres ?

Non. Le lichen n’est pas un parasite : il pousse sur l’écorce sans pénétrer dans l’arbre ni lui prendre de sève. Il est souvent plus visible sur les arbres malades, mais n’en est pas la cause.

La mousse est-elle une plante ?

Oui. Les mousses sont de petites plantes vertes qui font la photosynthèse, mais elles n’ont ni vraies racines, ni vaisseaux, ni fleurs, ni graines.

Pourquoi les lichens sont-ils de couleurs différentes ?

Leur couleur dépend des pigments du champignon, de leur partenaire photosynthétique et de substances protectrices contre les ultraviolets. Les lichens orangés, comme les xanthories, contiennent un pigment jaune-orangé, la pariétine.

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