Nature et animaux · Arbres et plantes
Le saule
Les saules (genre Salix) sont des arbres et arbustes des milieux humides, qui comptent environ 400 espèces. Leur écorce contient de la salicine, à l’origine de l’aspirine ; leurs rameaux souples servent à la vannerie.
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Du saule pleureur des parcs au minuscule saule herbacé des sommets alpins, haut de quelques centimètres, le genre Salix présente une diversité de formes remarquable. Les saules partagent quelques traits : une grande affinité pour l’eau, une croissance rapide, une étonnante facilité à se bouturer et une floraison précoce en chatons, précieuse pour les insectes à la sortie de l’hiver. Ils appartiennent, comme le peuplier, à la famille des Salicacées.
Fiche d’identité : le saule blanc
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Salix alba |
| Famille | Salicacées |
| Hauteur | 15 à 25 m |
| Longévité | environ 100 ans ; plus pour les saules têtards entretenus |
| Feuilles | Étroites, lancéolées, argentées et soyeuses dessous |
| Reproduction | Dioïque : pieds mâles et femelles distincts ; chatons au printemps |
| Milieu | Berges, forêts alluviales, prairies humides |
Les principaux saules de France
| Espèce | Port | Milieu | Particularité |
|---|---|---|---|
| Saule blanc (S. alba) | Grand arbre | Rivières, fossés | Feuillage argenté ; souvent taillé en têtard |
| Saule fragile (S. fragilis) | Arbre | Berges | Rameaux qui se cassent net à la base |
| Saule marsault (S. caprea) | Arbuste ou petit arbre | Lisières, friches, même sur sol sec | Gros chatons soyeux en mars : les « minous » |
| Saule cendré (S. cinerea) | Arbuste | Marais, fossés | Feuilles grisâtres |
| Saule des vanniers ou osier (S. viminalis) | Arbuste | Bords de rivières, oseraies | Longs rameaux souples |
| Saule pourpre (S. purpurea) | Arbuste | Graviers des rivières | Rameaux rougeâtres, utilisés en vannerie |
| Saule herbacé (S. herbacea) | Rampant, quelques cm | Hautes montagnes, combes à neige | L’un des plus petits arbres du monde |
Les saules s’hybrident très facilement entre eux, ce qui rend leur identification parfois difficile même pour les botanistes.
Le saule pleureur
Le saule pleureur (Salix babylonica et ses hybrides) est originaire de Chine, malgré son nom scientifique. Linné l’a appelé « de Babylone » en référence au psaume biblique où les exilés suspendent leurs harpes aux saules au bord des fleuves de Babylone ; les arbres évoqués étaient probablement des peupliers de l’Euphrate. Ses longs rameaux retombants jusqu’au sol en ont fait un arbre de parc apprécié depuis le XVIIIe siècle. Les saules pleureurs plantés en Europe sont en majorité des hybrides plus rustiques.
Les saules têtards
Dans les campagnes de l’ouest et du nord de la France, on voit souvent des saules au tronc court et épais surmonté d’une couronne de rejets : ce sont des saules têtards, ou trognes. Ils résultent d’une taille régulière à 2 ou 3 m de hauteur, tous les 5 à 10 ans environ, pour récolter les branches comme bois de chauffage, fourrage ou osier.
Ces arbres prennent avec l’âge des formes tourmentées et deviennent creux. Leurs cavités abritent une faune remarquable : la chouette chevêche, des chauves-souris, des mésanges, des insectes rares comme le pique-prune, coléoptère protégé au niveau européen. Leur abandon et leur arrachage font disparaître ces habitats.
L’osier et la vannerie
Les rameaux de l’osier et d’autres petits saules, récoltés chaque hiver dans les oseraies, sont utilisés depuis la Préhistoire pour fabriquer paniers, corbeilles, nasses, hottes, mobilier et clôtures tressées. Villaines-les-Rochers, en Indre-et-Loire, est un centre traditionnel de la vannerie en France. Les saules vivants servent aussi au génie végétal : plantés en fascines ou en boutures, ils stabilisent les berges des rivières grâce à leurs racines.
De l’écorce de saule à l’aspirine
L’aspirine est aujourd’hui produite par synthèse chimique, sans saule. L’écorce de saule reste utilisée en phytothérapie ; comme l’aspirine, elle est déconseillée en cas d’allergie aux salicylés, de traitement anticoagulant ou chez l’enfant sans avis médical.
Utiles aux pollinisateurs
Les saules fleurissent très tôt, de février à avril, avant la plupart des autres plantes. Leurs chatons mâles, riches en pollen, et femelles, qui produisent du nectar, sont une ressource vitale pour les reines de bourdons sorties d’hibernation, les abeilles sauvages et les abeilles domestiques qui reconstituent leur couvain. Les chenilles de nombreux papillons, dont le grand mars changeant, se nourrissent aussi de feuilles de saules.
Un bouturage d’une facilité extrême
Une simple branche de saule plantée dans un sol humide s’enracine en quelques semaines. Cette facilité vient d’hormones végétales présentes dans ses tissus ; les jardiniers utilisent même l'eau de saule, obtenue en faisant tremper des rameaux, pour favoriser l’enracinement d’autres boutures.
Questions fréquentes
Le saule est-il dangereux près d’une maison ?
Ses racines, très puissantes et attirées par l’eau, peuvent endommager canalisations, fosses septiques et fondations sur sol argileux. Il vaut mieux le planter à une bonne distance des constructions.
Quelle est la différence entre le saule et l’osier ?
L’osier désigne à la fois certaines espèces de petits saules, surtout le saule des vanniers, et leurs rameaux souples récoltés pour la vannerie. Tout osier est donc un saule.
Pourquoi les saules poussent-ils au bord de l’eau ?
Ils ont besoin de beaucoup d’eau, supportent l’inondation de leurs racines et leurs graines, très légères, ne germent que sur un sol nu et humide, comme les berges et les bancs de sable laissés par les crues.