Nature et animaux · Milieux naturels
La forêt boréale
La forêt boréale, ou taïga, est une immense ceinture de conifères qui entoure l’hémisphère Nord, du Canada à la Sibérie. C’est le plus vaste biome terrestre et environ un tiers des forêts du monde.
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Au sud de la toundra et au nord des forêts tempérées s’étend une forêt presque continue de conifères, entrecoupée de lacs, de tourbières et de rivières. Elle couvre une grande partie du Canada, de l’Alaska, de la Scandinavie et de la Russie. Le mot taïga, d’origine russe, désigne surtout sa partie eurasiatique. Ce milieu aux hivers extrêmes joue un rôle majeur dans le climat mondial.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Surface | environ 11 à 12 millions de km² de forêts, soit environ un tiers de la surface forestière mondiale |
| Latitudes | environ 50 à 70° nord |
| Pays principaux | Russie (la majeure partie), Canada, États-Unis (Alaska), Finlande, Suède, Norvège |
| Climat | Subarctique : hivers longs (6 à 8 mois) et très froids, étés courts et doux |
| Températures | jusqu’à -40 °C et moins en hiver ; 15 à 20 °C et plus en été |
| Précipitations | modérées, 300 à 800 mm environ par an, en grande partie sous forme de neige |
| Sols | Podzols acides et pauvres, tourbières, pergélisol dans le nord et en Sibérie |
Un climat extrême
La forêt boréale connaît les plus grands écarts de température du monde : à Verkhoïansk, en Sibérie orientale, la température peut descendre sous -60 °C en hiver et dépasser 30 °C en été. La saison de végétation, pendant laquelle les arbres peuvent croître, ne dure que trois à cinq mois. En revanche, les jours d’été sont très longs.
Les sols restent froids, et la décomposition des feuilles et des aiguilles est très lente : la matière organique s’accumule en épaisses couches d’humus acide et de tourbe. Dans le nord de la Sibérie et du Canada, le sol est gelé en profondeur toute l’année : c’est le pergélisol (ou permafrost).
Les arbres de la taïga
Un petit nombre d’espèces d’arbres domine la forêt boréale, souvent sur des étendues immenses :
| Arbre | Région | Particularité |
|---|---|---|
| Épicéas, épinettes noire et blanche | Canada, Scandinavie, Russie d’Europe | Silhouette conique qui laisse glisser la neige (voir épicéa) |
| Sapins (sapin baumier, sapin de Sibérie) | Canada, Sibérie occidentale | Aiguilles souples, résine aromatique |
| Pins (pin sylvestre, pin gris) | Eurasie, Canada | Supportent les sols secs et sableux, liés au feu |
| Mélèzes (mélèze de Dahurie, mélèze de Sibérie) | Sibérie centrale et orientale | Conifères qui perdent leurs aiguilles en hiver ; ils dominent sur le pergélisol, là où il fait le plus froid |
| Bouleaux, peupliers faux-trembles | Partout | Feuillus pionniers après les incendies (voir bouleau) |
Les conifères sont bien adaptés : aiguilles persistantes et cireuses qui résistent au gel et permettent la photosynthèse dès les premiers beaux jours, forme conique, sève qui ne gèle pas grâce aux sucres concentrés. Le mélèze de Dahurie, qui supporte des températures de -60 °C et plus, forme la forêt la plus septentrionale du monde, au-delà de 72° nord en Sibérie.
La faune
| Groupe | Espèces caractéristiques |
|---|---|
| Grands herbivores | Orignal (élan), caribou des bois et renne, bison des bois au Canada |
| Prédateurs | Loup, ours brun et ours noir, lynx du Canada et lynx boréal, carcajou (glouton), tigre de Sibérie à l’extrême sud-est de la Russie |
| Petits mammifères | Lièvre d’Amérique, écureuils, martre, zibeline (fourrure recherchée en Sibérie), castor |
| Oiseaux | Grand tétras, chouette lapone, chouette épervière, mésange lapone, gros-bec, bec-croisé, et des milliards d’oiseaux migrateurs nicheurs en été (fauvettes, grives, canards) |
| Insectes | Moustiques et mouches noires en été ; tordeuse des bourgeons de l’épinette, défoliateur majeur |
En hiver, beaucoup d’animaux migrent, hibernent (ours, marmottes) ou s’adaptent : pelage blanc et longs pieds du lièvre d’Amérique, sabots larges de l’orignal pour marcher dans la neige.
Le feu, moteur de la forêt boréale
Les incendies naturels, souvent allumés par la foudre, font partie du fonctionnement de la forêt boréale. Ils renouvellent les peuplements, libèrent les nutriments et favorisent les espèces pionnières (pins gris dont les cônes ne s’ouvrent qu’à la chaleur, bouleaux, trembles). Mais le réchauffement climatique allonge les saisons sèches et multiplie les mégafeux : la saison 2023 au Canada a été la plus destructrice jamais enregistrée, avec plus de 15 millions d’hectares brûlés.
Un réservoir de carbone
La forêt boréale stocke d’énormes quantités de carbone, surtout dans ses sols, ses tourbières et son pergélisol, davantage que dans ses arbres. Elle compte parmi les plus grands réservoirs de carbone terrestre de la planète. Le réchauffement y est environ deux fois plus rapide que la moyenne mondiale ; le dégel du pergélisol et les incendies risquent de libérer une partie de ce carbone, ce qui accélérerait encore le changement climatique (voir réchauffement climatique).
Menaces
- Exploitation forestière industrielle, notamment pour la pâte à papier et le bois d’œuvre, en Russie, au Canada et en Scandinavie.
- Extraction minière, pétrole et gaz (sables bitumineux de l’Alberta).
- Incendies plus fréquents et plus intenses.
- Insectes ravageurs favorisés par la chaleur, comme le dendroctone du pin ponderosa en Colombie-Britannique.
- Fragmentation par les routes et les infrastructures, qui menace le caribou des bois, en déclin au Canada.
Une partie importante de la forêt boréale reste cependant l’un des derniers grands massifs forestiers intacts de la planète, avec l'Amazonie.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la taïga et la toundra ?
La taïga est une forêt de conifères ; la toundra, plus au nord ou en altitude, est un milieu sans arbres, couvert de mousses, de lichens, d’herbes et d’arbustes nains, où le sol est gelé en profondeur toute l’année.
Pourquoi la forêt boréale est-elle surtout composée de conifères ?
Leurs aiguilles persistantes et cireuses résistent au froid et à la sécheresse hivernale, leur forme conique évite l’accumulation de neige, et ils peuvent faire de la photosynthèse dès le début du court été, sans attendre de refaire leurs feuilles.
Y a-t-il de la forêt boréale en France ?
Non. Mais certaines forêts de montagne des Alpes, du Jura et des Vosges, dominées par l’épicéa, le pin cembro et le mélèze, ainsi que certaines tourbières, présentent des ressemblances avec elle et abritent des espèces boréales reliques, comme la chouette de Tengmalm ou le grand tétras.