Mythologies et religions · Mythologie grecque et romaine
Apollon
Apollon est le dieu grec des arts, de la musique, de la poésie, de la médecine et des oracles, associé à la lumière. Fils de Zeus et de Léto, il parle à Delphes. Les Romains gardent son nom.
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Apollon est l’un des dieux les plus importants et les plus complexes de l’Olympe. Il préside à l’harmonie sous toutes ses formes : la musique, la poésie, la mesure, l’ordre et la purification. Il est aussi le dieu archer qui envoie les épidémies et celui qui les guérit, ainsi que le grand dieu des oracles. Son surnom Phébus (Phoibos, « le brillant ») explique son association tardive avec le Soleil, à l’origine personnifié par Hélios.
Fiche d’identité
| Élément | Détail |
|---|---|
| Domaine | Musique, poésie, prophétie, médecine, lumière, purification |
| Parents | Zeus et Léto |
| Sœur jumelle | Artémis |
| Symboles | Lyre, arc et flèches, laurier, corbeau, cygne, trépied |
| Sanctuaires | Delphes, Délos, Didymes, Claros |
| Fils célèbres | Asclépios (médecine), Orphée (selon certaines versions), Aristée |
| Nom romain | Apollon (Apollo) |
Naissance à Délos
Enceinte de Zeus, Léto est poursuivie par la jalousie d'Héra, qui interdit à toute terre ferme de l’accueillir. Seule l’île flottante de Délos, dans les Cyclades, accepte. Léto y accouche, au pied d’un palmier, d'Artémis puis d'Apollon (dans la version de l'Hymne homérique à Apollon, seule la naissance d’Apollon à Délos est racontée). Délos devient fixe et sacrée : il était interdit d’y naître ou d’y mourir à l’époque classique.
La conquête de Delphes
Encore jeune, Apollon tue de ses flèches le serpent monstrueux Python, qui gardait le site de Delphes, au pied du Parnasse. Il y fonde son oracle, le plus célèbre du monde grec. Pour se purifier de ce meurtre, il s’exile un temps en Thessalie. Les Jeux pythiques, organisés tous les quatre ans à Delphes, commémoraient cette victoire.
À Delphes, une prêtresse, la Pythie, assise sur un trépied, transmettait les réponses du dieu, interprétées par des prêtres. Cités, rois et particuliers venaient la consulter avant une décision importante. Sur le temple étaient gravées des maximes, dont la célèbre « Connais-toi toi-même ». C’est aussi l’oracle de Delphes qui aurait déclaré que nul n’était plus sage que Socrate, épisode rapporté dans l'Apologie de Socrate.
Les amours malheureuses d’Apollon
Apollon est souvent malheureux en amour :
- Daphné : frappé par une flèche d’Éros, il poursuit la nymphe, qui supplie son père, le dieu-fleuve Pénée, de la sauver. Elle est changée en laurier. Apollon fait de cet arbre son emblème : les vainqueurs des Jeux pythiques et les poètes sont couronnés de laurier.
- Hyacinthe : ce jeune Spartiate est tué accidentellement par le disque lancé par Apollon. De son sang naît la fleur qui porte son nom.
- Cassandre : le dieu lui accorde le don de prophétie en échange de son amour ; quand elle se refuse, il la condamne à ne jamais être crue. Elle annonce en vain la chute de Troie.
- Coronis : infidèle, elle est tuée ; Apollon sauve l’enfant qu’elle porte, Asclépios, futur dieu de la médecine.
Le dieu de la musique
Apollon joue de la lyre, inventée par Hermès et offerte à Apollon pour se faire pardonner le vol de son troupeau. Il conduit le chœur des Muses, d’où son épithète Musagète. Deux mythes illustrent sa suprématie musicale et sa sévérité :
- le satyre Marsyas, qui le défie à la flûte, est vaincu et écorché vif ;
- le roi Midas, qui préfère la flûte de Pan à la lyre d’Apollon, reçoit des oreilles d’âne.
Apollon, guerrier et guérisseur
Dans l'Iliade, Apollon soutient les Troyens. Il envoie la peste dans le camp grec parce qu’Agamemnon a outragé son prêtre Chrysès, et guide la flèche de Pâris qui atteint Achille au talon, selon la tradition postérieure à Homère. Ses flèches apportent la mort subite et la maladie, mais il est aussi Paian, le guérisseur, père d’Asclépios.
Apollinien et dionysiaque
Dans La Naissance de la tragédie (1872), Nietzsche oppose l'apollinien – la mesure, la forme, le rêve, l’individualité – au dionysiaque – l’ivresse, la démesure, la fusion collective incarnées par Dionysos. Selon lui, la tragédie grecque naît de la rencontre de ces deux principes. L’opposition est restée un outil courant de l’analyse des arts.
Apollon dans l’art
L’idéal de beauté masculine juvénile est associé à Apollon : l'Apollon du Belvédère (copie romaine d’un original grec, musées du Vatican) a été considéré au XVIIIe siècle comme le modèle même de la perfection classique. Le Bernin a sculpté Apollon et Daphné (1622-1625, galerie Borghèse, Rome). Louis XIV, le Roi-Soleil, s’est fait représenter en Apollon, et le dieu est omniprésent dans le décor de Versailles.
Questions fréquentes
Apollon est-il le dieu du Soleil ?
Pas à l’origine. Le Soleil était personnifié par Hélios. L’assimilation d’Apollon au Soleil, à cause de son surnom Phébus (« le brillant »), s’est imposée progressivement à partir de l’époque classique et surtout chez les Romains.
Quelle est la sœur d’Apollon ?
Artémis, sa jumelle, déesse de la chasse, identifiée à Diane par les Romains.
Pourquoi le laurier est-il le symbole d’Apollon ?
Parce que la nymphe Daphné, qu’il poursuivait, fut changée en laurier. Le dieu en fit son arbre sacré.
Qu’est-ce que la Pythie ?
La prêtresse d’Apollon à Delphes, qui transmettait les oracles du dieu aux consultants.