Mythologies et religions · Mythologie grecque et romaine
Dionysos
Dionysos est le dieu grec de la vigne, du vin, de l’ivresse, de la fête et du théâtre. Fils de Zeus et de la mortelle Sémélé, il naît de la cuisse de son père. Les Romains l’appellent Bacchus.
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Dionysos occupe une place à part parmi les dieux grecs. Dieu de la vigne et du vin, il est aussi celui de la transe, de la libération des contraintes sociales, des masques et du théâtre. Il est souvent présenté comme un dieu « venu d’ailleurs », qui arrive en Grèce après avoir conquis l’Orient. Son nom figure pourtant déjà sur des tablettes mycéniennes en linéaire B (vers 1300 av. J.-C.) : son culte est donc très ancien. Il est compté parmi les douze Olympiens dans certaines listes, à la place d’Hestia.
Fiche d’identité
| Élément | Détail |
|---|---|
| Domaine | Vigne, vin, ivresse, fête, fertilité, théâtre, renaissance |
| Parents | Zeus et Sémélé, fille de Cadmos, roi de Thèbes |
| Épouse | Ariane |
| Cortège | Ménades (ou Bacchantes), satyres, Silène |
| Attributs | Thyrse (bâton surmonté d’une pomme de pin), canthare (coupe), vigne, lierre |
| Animaux | Panthère, taureau, bouc |
| Nom romain | Bacchus (assimilé au dieu italique Liber) |
Le dieu deux fois né
La mortelle Sémélé est aimée de Zeus. Jalouse, Héra, déguisée, lui conseille d’exiger que son amant se montre dans toute sa splendeur. Zeus, lié par un serment, apparaît avec sa foudre : Sémélé est consumée. Zeus arrache de son ventre l’enfant inachevé et le coud dans sa cuisse, d’où Dionysos naît à terme. D’où son surnom de Dimêtôr (« qui a deux mères ») et l’expression française se croire sorti de la cuisse de Jupiter.
L’enfant est confié à Hermès, puis élevé par les nymphes du mont Nysa, à l’abri d’Héra. Une tradition orphique raconte une autre naissance : Dionysos Zagreus, fils de Zeus et de Perséphone, est dépecé par les Titans puis renaît, ce qui fait de lui un dieu de la mort et de la renaissance.
L’invention du vin et les voyages
Adulte, Dionysos découvre la culture de la vigne. Frappé de folie par Héra, il erre à travers l’Égypte, la Syrie, l’Asie Mineure et jusqu’en Inde, où il enseigne la viticulture et répand son culte. Il revient en Grèce sur un char tiré par des panthères, entouré de son cortège, le thiase :
- les Ménades ou Bacchantes, femmes en transe vêtues de peaux de faon, qui dansent dans les montagnes ;
- les satyres, êtres mi-hommes mi-boucs, buveurs et lubriques ;
- Silène, vieux satyre ivre, son précepteur.
Les résistances à son culte
Plusieurs mythes racontent le châtiment de ceux qui refusent de reconnaître sa divinité :
- Penthée, roi de Thèbes, interdit les rites dionysiaques. Déguisé en femme pour espionner les Ménades, il est mis en pièces par elles, dont sa propre mère Agavé, qui le prend pour un lion. C’est le sujet des Bacchantes d’Euripide (405 av. J.-C.).
- Lycurgue, roi de Thrace, qui chasse le dieu, est frappé de folie.
- Les filles de Minyas, qui restent à tisser au lieu de rejoindre la fête, sont changées en chauves-souris.
- Les pirates tyrrhéniens qui l’enlèvent sont changés en dauphins, tandis que de la vigne pousse sur le mât de leur navire.
Ariane
Abandonnée par Thésée sur l’île de Naxos après l’avoir aidé à vaincre le Minotaure (voir Thésée et le Minotaure), Ariane est découverte par Dionysos, qui l’épouse. Il lui offre une couronne, placée ensuite dans le ciel : la constellation de la Couronne boréale. Titien a peint la scène dans Bacchus et Ariane (1520-1523, National Gallery de Londres).
Midas et l’or
Pour remercier le roi Midas d’avoir accueilli Silène, Dionysos lui accorde un vœu. Midas demande que tout ce qu’il touche se change en or. Incapable de manger et de boire, il supplie le dieu de lui retirer ce don et s’en lave dans le fleuve Pactole, qui charrie depuis des paillettes d’or – d’où l’expression toucher le pactole.
Dionysos et la naissance du théâtre
À Athènes, les Grandes Dionysies (ou Dionysies urbaines), célébrées au printemps, comprenaient des concours de tragédies, de comédies et de drames satyriques. Le théâtre de Dionysos, au pied de l’Acropole, a vu jouer les pièces d’Eschyle, Sophocle, Euripide et Aristophane. Selon Aristote, la tragédie serait issue du dithyrambe, chant choral en l’honneur de Dionysos, et la comédie des chants phalliques de ses fêtes. Les masques portés par les acteurs étaient liés à ce dieu de la métamorphose. La fiche genres littéraires présente la descendance de ces formes.
Dionysiaque et apollinien
Dionysos est souvent opposé à Apollon : l’ivresse et la démesure contre la mesure et la forme. Les Grecs eux-mêmes les associaient : Dionysos était honoré à Delphes pendant les mois d’hiver, quand Apollon était censé s’absenter. Nietzsche a fait de ce couple le cœur de sa théorie de la tragédie dans La Naissance de la tragédie (1872).
Bacchus à Rome
À Rome, Dionysos devient Bacchus et se confond avec le vieux dieu italique Liber. Ses cultes à mystères, les Bacchanales, se répandent en Italie. En 186 av. J.-C., le Sénat les juge dangereux pour l’ordre public et les soumet à de sévères restrictions par un sénatus-consulte, connu par une inscription conservée. Le mot bacchanale désigne depuis une fête débridée.
Questions fréquentes
Pourquoi Dionysos est-il né de la cuisse de Zeus ?
Sa mère Sémélé ayant été foudroyée par la vision de Zeus dans toute sa gloire, Zeus recueillit l’enfant inachevé et le cousit dans sa cuisse jusqu’à sa naissance.
Quelle est la différence entre Dionysos et Bacchus ?
Bacchus est le nom romain de Dionysos, emprunté à l’un de ses surnoms grecs, Bakchos. Les Romains l’ont assimilé à leur dieu Liber.
Qui sont les Ménades ?
Les femmes du cortège de Dionysos, saisies d’un délire sacré. Les Romains les appelaient Bacchantes.
Dionysos fait-il partie des dieux de l’Olympe ?
Oui dans certaines listes, où il remplace Hestia parmi les douze Olympiens, notamment sur la frise du Parthénon.