Géographie · Le monde
Les bidonvilles
Un bidonville est un quartier d’habitat précaire construit sans autorisation, souvent sans accès suffisant à l’eau et à l’assainissement. Environ 1,1 milliard de citadins y vivent.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le mot bidonville est apparu au Maroc dans les années 1930, à Casablanca, où des habitations étaient construites avec des bidons aplatis. Il désigne aujourd’hui, partout dans le monde, des quartiers d'habitat informel et précaire, caractéristiques des villes à croissance rapide des pays du Sud. L’étude d’un bidonville est un classique du programme de géographie de collège (« habiter une métropole », « des villes inégales »).
Combien de personnes vivent dans des bidonvilles ?
Selon ONU-Habitat, environ 1,1 milliard de personnes vivaient dans des bidonvilles ou des conditions d’habitat informel au début des années 2020, soit près d’un citadin sur quatre dans le monde. Les proportions varient fortement :
| Région | Part des citadins vivant en bidonville (ordre de grandeur) |
|---|---|
| Afrique subsaharienne | plus de 50 % |
| Asie du Sud | environ 1 sur 3 |
| Amérique latine | environ 1 sur 5 |
| Europe, Amérique du Nord | très faible |
Les noms des bidonvilles
| Nom | Région |
|---|---|
| favela | Brésil |
| villa miseria | Argentine |
| barrio, rancho | Venezuela, Colombie |
| slum, jhuggi | Inde |
| township, informal settlement | Afrique du Sud |
| gecekondu | Turquie (« construit en une nuit ») |
Pourquoi les bidonvilles existent-ils ?
- Une croissance urbaine trop rapide : exode rural et forte natalité font grandir les villes plus vite que la construction de logements (voir urbanisation).
- La pauvreté : une grande partie des citadins travaille dans le secteur informel (vente de rue, petits métiers) et ne peut pas payer un logement légal.
- Le manque de terrains constructibles abordables et la faiblesse des politiques publiques de logement.
- Des situations de crise : conflits, catastrophes, déplacements de population.
Où se trouvent-ils dans la ville ?
Les bidonvilles occupent souvent les terrains délaissés ou dangereux : pentes instables (morros de Rio de Janeiro), bords de rivières inondables, abords de voies ferrées ou de décharges, marges des aéroports. Ils peuvent être en périphérie, mais aussi au cœur de la ville, à côté de quartiers très riches : c’est l’une des manifestations les plus visibles des inégalités urbaines.
Exemples célèbres
- Dharavi (Mumbai, Inde) : l’un des plus grands bidonvilles d’Asie, sur environ 2 km², avec plusieurs centaines de milliers d’habitants (les estimations varient beaucoup) et une intense activité artisanale (recyclage, poterie, cuir).
- Kibera (Nairobi, Kenya) : l’un des plus grands d’Afrique ; sa population exacte est débattue.
- Rocinha (Rio de Janeiro, Brésil) : la plus grande favela de Rio, accrochée à un morne entre des quartiers aisés.
- Orangi Town (Karachi, Pakistan) : connu pour un programme d’assainissement mené par les habitants eux-mêmes.
La vie dans un bidonville
Les bidonvilles ne sont pas seulement des lieux de misère. Ce sont aussi des quartiers dynamiques, où se développent une économie informelle, des solidarités familiales et associatives, des écoles et des commerces. Mais les habitants subissent :
- l’absence ou l’insuffisance d’eau potable et de toilettes (voir accès à l’eau) ;
- des risques sanitaires (choléra, diarrhées) ;
- des incendies et des glissements de terrain ;
- l’insécurité foncière et la menace d’expulsion ;
- parfois la violence de groupes criminels.
Que font les pouvoirs publics ?
| Politique | Principe | Limites |
|---|---|---|
| Éradication | détruire le bidonville et reloger ailleurs | relogement souvent lointain, destruction des réseaux sociaux |
| Réhabilitation sur place | apporter eau, électricité, voirie, titres de propriété | coûteux, lent, mais mieux accepté |
| Programmes de logements sociaux | construire massivement (ex. « Minha Casa, Minha Vida » au Brésil) | logements parfois éloignés des emplois |
| Auto-construction accompagnée | aider les habitants à améliorer eux-mêmes leur logement | dépend des moyens et de l’organisation locale |
L’objectif de développement durable n° 11 de l’ONU vise à assurer à tous l’accès à un logement et des services de base adéquats et à assainir les quartiers de taudis d’ici 2030.
Questions fréquentes
Y a-t-il des bidonvilles en France ?
Oui, à une échelle bien plus réduite. En métropole, des campements illicites et bidonvilles abritent quelques dizaines de milliers de personnes. Dans certains territoires d'outre-mer, comme Mayotte ou la Guyane, l’habitat informel est beaucoup plus répandu. Dans les années 1950-1960, de grands bidonvilles existaient autour de Paris, comme celui de Nanterre.
Quelle est la différence entre un bidonville et une favela ?
Aucune sur le fond : favela est le nom brésilien du bidonville. Beaucoup de favelas anciennes sont aujourd’hui construites en dur et raccordées à certains services.
Le nombre d’habitants des bidonvilles diminue-t-il ?
La part des citadins vivant en bidonville a baissé depuis 2000, mais leur nombre a augmenté, car les villes des pays en développement grandissent très vite.