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Arts · Architecture

Le Colisée

Le Colisée est le plus grand amphithéâtre de l’Empire romain, inauguré à Rome en 80 après J.-C. Il pouvait accueillir environ 50 000 spectateurs venus assister aux combats de gladiateurs et aux chasses.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le Colisée, ou amphithéâtre Flavien (Amphitheatrum Flavium), est un amphithéâtre construit au centre de Rome entre 70 et 80 après J.-C. par les empereurs de la dynastie flavienne. Avec ses quatre niveaux d’arcades et sa forme elliptique, c’est le plus grand amphithéâtre jamais construit par les Romains et l’un des symboles de l'Empire romain. Il accueillait les jeux offerts au peuple : combats de gladiateurs, chasses d’animaux sauvages et exécutions. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO avec le centre historique de Rome, il a été désigné en 2007 comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde.

Chiffres clés

DonnéeValeur
Début de la constructionvers 70 – 72 apr. J.-C., sous Vespasien
Inauguration80 apr. J.-C., sous Titus
FormeEllipse de 188 × 156 m
Arèneenviron 83 × 48 m
Hauteurenviron 48 m
Capacitéenviron 50 000 spectateurs (estimations de 50 000 à 70 000)
Entrées80 arcades au rez-de-chaussée, dont 76 numérotées pour le public
MatériauxTravertin, tuf, brique, béton romain

La construction

Un projet politique

Après la mort de Néron en 68 et une année de guerre civile, l’empereur Vespasien, fondateur de la dynastie flavienne, décide de construire un amphithéâtre sur le site du lac artificiel de la Maison dorée, l’immense palais de Néron. Rendre ce terrain au peuple sous forme de lieu de spectacles est un geste politique. Le chantier est financé en partie par le butin de la prise de Jérusalem en 70.

Son fils Titus inaugure l’édifice en 80 par cent jours de jeux. Son autre fils, Domitien, achève le dernier niveau et fait aménager l'hypogée, réseau de couloirs et de cages sous l’arène.

Le nom de Colisée

Le nom de Colosseum n’apparaît qu’au Moyen Âge. Il viendrait d’une statue colossale de Néron, haute d’environ 35 mètres, dressée à côté de l’amphithéâtre, plutôt que de la taille du bâtiment lui-même.

L’architecture

  • Quatre niveaux : trois rangs de 80 arcades superposées, encadrées de demi-colonnes d’ordres différents (toscan ou dorique en bas, ionique au milieu, corinthien en haut), puis un attique plein orné de pilastres corinthiens.
  • Un système de circulation remarquable : escaliers et couloirs (vomitoria) permettaient de remplir et vider l’édifice en peu de temps.
  • Une hiérarchie des places : l’empereur et les sénateurs près de l’arène, puis les chevaliers, les citoyens, et tout en haut les femmes, les esclaves et les pauvres.
  • Le velarium : un immense voile, manœuvré par des marins de la flotte, protégeait les spectateurs du soleil.
  • L’hypogée : sous le plancher de bois couvert de sable (arena en latin signifie « sable »), des monte-charges faisaient surgir animaux et décors.

Le Colisée illustre la maîtrise romaine de l’arc, de la voûte et du béton. Les ordres superposés de sa façade ont inspiré l'architecture classique de la Renaissance.

Les jeux du Colisée

SpectacleDescription
MuneraCombats de gladiateurs, souvent des esclaves, prisonniers ou condamnés, parfois des volontaires ; plusieurs types (rétiaire, mirmillon, thrace…)
VenationesChasses d’animaux exotiques (lions, ours, éléphants, taureaux)
ExécutionsCondamnés livrés aux bêtes ou mis à mort en public, souvent à midi
Mises en scèneReconstitutions de batailles ou de mythes

Les sources anciennes mentionnent des naumachies, combats navals, lors de l’inauguration, avant la construction de l’hypogée ; leur réalité dans l’arène reste débattue. Les combats de gladiateurs déclinent au IVe siècle et disparaissent au Ve siècle ; les dernières chasses connues datent de 523.

Le Colisée et les martyrs chrétiens

La tradition selon laquelle de nombreux chrétiens auraient été martyrisés au Colisée ne repose sur aucune source sûre ; les persécutions ont eu lieu ailleurs, notamment au cirque de Néron. En 1749, le pape Benoît XIV consacre pourtant le monument à la mémoire de la Passion du Christ. Depuis, le pape y préside chaque Vendredi saint un chemin de croix.

Du déclin à la restauration

Endommagé par des tremblements de terre, notamment en 847 et en 1349, qui font s’effondrer une partie de l’anneau extérieur sud, le Colisée sert de forteresse à des familles nobles au Moyen Âge, puis de carrière de pierre : son travertin a servi à construire des palais et des églises de Rome. Les trous visibles sur sa façade correspondent aux crampons de métal arrachés. À partir du XIXe siècle, il est consolidé, dégagé et étudié. Une grande restauration de la façade a été menée de 2013 à 2016.

Questions fréquentes

Combien de spectateurs le Colisée pouvait-il accueillir ?

Les estimations varient de 50 000 à 70 000 spectateurs ; le chiffre de 50 000 est le plus souvent retenu par les archéologues.

Pourquoi le Colisée est-il en partie détruit ?

À cause des tremblements de terre, de l’abandon après l’Antiquité et de son exploitation comme carrière de pierre pendant des siècles.

Le Colisée fait-il partie des sept merveilles du monde ?

Pas des sept merveilles du monde antique, mais il a été désigné en 2007 parmi les « nouvelles sept merveilles du monde » lors d’un vote international.

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