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Catholiques, protestants et orthodoxes : les différences
Catholiques, orthodoxes et protestants sont chrétiens. Ils diffèrent surtout par l’autorité reconnue (pape, conciles, Bible seule), les sacrements, la place de Marie et des saints, et le clergé.
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Les trois grandes familles du christianisme partagent l’essentiel de la foi : un Dieu unique en trois personnes (la Trinité), Jésus-Christ mort et ressuscité, la Bible, le baptême. Leurs différences sont nées de deux grandes ruptures : le schisme de 1054 entre l’Occident latin et l’Orient grec, puis la Réforme du XVIe siècle au sein de l’Église d’Occident. Cette fiche décrit ces différences telles que chaque tradition les présente, sans prendre parti.
Tableau comparatif
| Catholiques | Orthodoxes | Protestants | |
|---|---|---|---|
| Origine de la séparation | Église d’Occident, centrée sur Rome | Église d’Orient (schisme de 1054) | Réforme du XVIe siècle (Luther, Calvin) |
| Autorité suprême | Le pape, évêque de Rome, avec les évêques ; Écriture et Tradition | Conciles œcuméniques et Tradition ; patriarches et Églises autocéphales | La Bible seule (sola scriptura) |
| Organisation | Centralisée, hiérarchique | Communion d’Églises nationales indépendantes | Très diverse : Églises luthériennes, réformées, anglicane, évangéliques… |
| Sacrements | Sept | Sept (appelés « mystères ») | Deux en général : baptême et cène |
| Eucharistie | Présence réelle du Christ (transsubstantiation) | Présence réelle, sans définition philosophique | Présence réelle, spirituelle ou symbolique selon les Églises |
| Marie | Vénérée ; dogmes de l’Immaculée Conception (1854) et de l’Assomption (1950) | Vénérée comme Mère de Dieu (Theotokos) ; Dormition | Respectée, sans culte particulier |
| Saints | Vénérés, canonisés par le pape | Vénérés, notamment par les icônes | Pas de culte des saints |
| Clergé | Prêtres célibataires (dans le rite latin) ; pas d’ordination des femmes | Prêtres pouvant être mariés avant l’ordination ; évêques célibataires | Pasteurs pouvant se marier ; femmes pasteures dans de nombreuses Églises |
| Purgatoire | Oui | Pas de doctrine du purgatoire au sens catholique | Rejeté |
| Salut | Par la grâce, avec la foi et les œuvres | Par la grâce, processus de divinisation (théosis) | Par la grâce seule, reçue par la foi seule |
| Langue du culte | Langue locale depuis Vatican II (1962-1965), latin possible | Langues locales ou anciennes (grec, slavon) | Langue locale |
Le schisme de 1054 : catholiques et orthodoxes
Pendant le premier millénaire, l’Église était une, mais ses parties latine (autour de Rome) et grecque (autour de Constantinople) se sont éloignées par la langue, la culture et la politique (voir Empire byzantin). Deux désaccords principaux ont conduit à la rupture :
- la primauté du pape : Rome revendique une autorité sur toute l’Église ; les Églises d’Orient lui reconnaissent une primauté d’honneur, non de juridiction ;
- le Filioque : les Latins ont ajouté au Credo que le Saint-Esprit procède du Père « et du Fils » (Filioque) ; les Orientaux rejettent cet ajout.
En 1054, le légat du pape, le cardinal Humbert, et le patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire, s’excommunient mutuellement. Le sac de Constantinople par les croisés en 1204 a rendu la séparation durable (voir croisades). Les excommunications de 1054 ont été levées en 1965 par le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras, sans rétablir la pleine communion.
Ce qui caractérise l’orthodoxie
L’Église orthodoxe est formée d’Églises autocéphales (indépendantes) – de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche, de Jérusalem, de Russie, de Serbie, de Roumanie, de Grèce, etc. –, unies par la foi et les sacrements. Le patriarche de Constantinople, dit œcuménique, y a une primauté d’honneur. Les icônes occupent une place centrale dans la prière et la liturgie. Plusieurs Églises orthodoxes suivent le calendrier julien, ce qui explique que Noël y soit célébré le 7 janvier et que Pâques tombe souvent à une autre date.
La Réforme : catholiques et protestants
Au début du XVIe siècle, le moine allemand Martin Luther dénonce la vente des indulgences (remise des peines liées aux péchés contre de l’argent). Ses 95 thèses, de 1517, ouvrent un mouvement qui se répand rapidement grâce à l’imprimerie (voir Réforme protestante). Les principes des réformateurs sont résumés par trois formules :
- sola scriptura : la Bible seule est l’autorité en matière de foi ;
- sola gratia et sola fide : l’homme est sauvé par la grâce seule de Dieu, reçue par la foi, et non par ses œuvres ;
- le sacerdoce universel : tous les baptisés sont prêtres ; le pasteur est un ministre chargé de prêcher, non un intermédiaire sacré.
L’Église catholique répond par le concile de Trente (1545-1563), qui réaffirme ses doctrines et réforme son organisation : c’est la Réforme catholique ou Contre-Réforme. En France, la rivalité dégénère en guerres de Religion (1562-1598), jusqu’à l’édit de Nantes.
La diversité protestante
Le protestantisme n’a pas d’autorité centrale. Ses principales familles sont :
- les luthériens, majoritaires en Allemagne du Nord et en Scandinavie ;
- les réformés ou calvinistes, en Suisse, aux Pays-Bas, en Écosse (presbytériens), et en France ;
- l'anglicanisme, né de la rupture d’Henri VIII avec Rome en 1534, qui se situe entre catholicisme et protestantisme ;
- les baptistes, méthodistes et Églises évangéliques et pentecôtistes, nés à partir du XVIIe siècle et aujourd’hui en forte croissance dans le monde.
Les rapprochements : l’œcuménisme
Au XXe siècle, le mouvement œcuménique cherche l’unité des chrétiens. Le Conseil œcuménique des Églises est fondé en 1948 à Amsterdam ; l’Église catholique n’en est pas membre mais y collabore. En 1999, catholiques et luthériens ont signé une déclaration commune sur la doctrine de la justification, principal point de désaccord du XVIe siècle.
Questions fréquentes
Les protestants croient-ils en la Vierge Marie ?
Ils reconnaissent Marie comme la mère de Jésus, conformément aux Évangiles, mais ne lui rendent pas de culte et rejettent les dogmes catholiques de l’Immaculée Conception et de l’Assomption.
Les prêtres orthodoxes peuvent-ils se marier ?
Un homme marié peut être ordonné prêtre ; en revanche, un prêtre ne peut pas se marier après son ordination. Les évêques sont choisis parmi les moines, donc célibataires.
Pourquoi les orthodoxes fêtent-ils Noël le 7 janvier ?
Parce que plusieurs Églises orthodoxes, dont celles de Russie, de Serbie et de Jérusalem, suivent le calendrier julien, qui a aujourd’hui treize jours de retard sur le calendrier grégorien. Le 25 décembre julien correspond au 7 janvier grégorien.
Les anglicans sont-ils protestants ?
L’anglicanisme est issu de la Réforme et généralement classé parmi les Églises protestantes, mais il a conservé une organisation épiscopale et une liturgie proches du catholicisme.