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Mythologies et religions · Religions du monde

La Torah

La Torah désigne d’abord les cinq premiers livres de la Bible hébraïque – Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome –, attribués par la tradition à Moïse. C’est le texte le plus sacré du judaïsme.

Mis à jour le 5 min de lecture

Le mot hébreu Torah signifie « enseignement », « instruction », plutôt que « loi », traduction pourtant courante depuis la version grecque de la Septante (nomos). Au sens strict, il désigne les cinq livres de Moïse, appelés en grec Pentateuque (« les cinq étuis »). Au sens large, il désigne l’ensemble de l’enseignement juif, écrit et oral. Pour le judaïsme, la Torah a été donnée par Dieu à Moïse au mont Sinaï ; elle est le fondement de l’alliance entre Dieu et le peuple d’Israël. Les chrétiens la lisent comme la première partie de l’Ancien Testament (voir la Bible).

Les cinq livres

Nom françaisNom hébreu (premier mot significatif)Contenu
GenèseBereshit (« Au commencement »)Création du monde, Adam et Ève, Caïn et Abel, déluge et Noé, tour de Babel, patriarches Abraham, Isaac, Jacob, histoire de Joseph
ExodeShemot (« Noms »)Esclavage en Égypte, naissance et vocation de Moïse, dix plaies, sortie d’Égypte, traversée de la mer, don de la Loi au Sinaï, veau d’or, construction du sanctuaire
LévitiqueVayikra (« Il appela »)Lois sur les sacrifices, la pureté, les prêtres, les fêtes ; « tu aimeras ton prochain comme toi-même » (19, 18)
NombresBamidbar (« Dans le désert »)Recensements, errance de quarante ans dans le désert
DeutéronomeDevarim (« Paroles »)Derniers discours de Moïse, rappel de la Loi, mort de Moïse avant l’entrée en Canaan

Les 613 commandements

Selon la tradition rabbinique, rapportée dans le Talmud, la Torah contient 613 commandements (mitsvot) : 248 commandements positifs (« tu feras ») et 365 commandements négatifs (« tu ne feras pas »). Ils concernent la foi, le culte, les fêtes, la nourriture, la famille, la justice, l’économie et les relations avec autrui. Le philosophe Maïmonide (XIIe siècle) en a établi une liste devenue classique. Beaucoup, liés au Temple de Jérusalem détruit en 70, ne peuvent plus être appliqués.

Les Dix Commandements (le Décalogue) figurent deux fois, en Exode 20 et en Deutéronome 5. Parmi eux : reconnaître un Dieu unique, ne pas faire d’idoles, ne pas prononcer en vain le nom de Dieu, observer le shabbat, honorer son père et sa mère, ne pas tuer, ne pas commettre d’adultère, ne pas voler, ne pas porter de faux témoignage, ne pas convoiter.

Torah écrite et Torah orale

La tradition juive distingue :

  • la Torah écrite (Torah shebikhtav), c’est-à-dire le Pentateuque, et par extension toute la Bible hébraïque ;
  • la Torah orale (Torah shebe’al pe), qui selon la tradition a été transmise oralement de Moïse aux sages, et qui explique et complète la Torah écrite. Elle a été mise par écrit dans la Mishna (vers 200 apr. J.-C.), puis commentée dans le Talmud.

Par exemple, la Torah écrite ordonne d’observer le shabbat sans détailler ce qui constitue un travail interdit ; la Torah orale en précise les catégories. Le judaïsme rabbinique considère les deux comme indissociables.

Qui a écrit la Torah ?

Selon la tradition juive et chrétienne, Moïse a écrit la Torah sous la dictée de Dieu (seuls les derniers versets, qui racontent sa mort, sont attribués par le Talmud à Josué). La recherche historique moderne y voit le résultat de la combinaison de plusieurs sources et traditions, rédigées sur plusieurs siècles et réunies en un texte final, généralement situé à l’époque perse (VIe–IVe siècle av. J.-C.). Cette question fait l’objet de nombreuses hypothèses ; l’ancienne « hypothèse documentaire » à quatre sources a été largement révisée. Ces approches historiques et la lecture religieuse coexistent.

Le rouleau de la Torah

À la synagogue, la Torah est lue dans un Sefer Torah, rouleau de parchemin écrit à la main par un scribe spécialisé, le sofer, selon des règles extrêmement précises. Il contient 304 805 lettres dans la tradition ashkénaze et séfarade ; une seule erreur rend le rouleau impropre à la lecture publique jusqu’à sa correction. Sa rédaction demande plus d’un an de travail. Le texte n’y comporte ni voyelles ni signes de cantillation : le lecteur doit les connaître.

Le rouleau est conservé dans l'arche sainte (aron hakodesh), orientée vers Jérusalem. On ne touche pas le texte directement : on suit la lecture avec une main pointée en argent, le yad. Le rouleau est souvent paré d’un manteau, d’une couronne et d’un pectoral.

La lecture de la Torah

La Torah est divisée en 54 sections hebdomadaires (parashot), lues à la synagogue lors de l’office du shabbat matin, de façon à la lire en entier chaque année. Des passages sont aussi lus le lundi et le jeudi matin ainsi qu’aux fêtes. Être appelé à monter lire ou à réciter les bénédictions (aliyah) est un honneur ; c’est le cas notamment lors de la bar-mitsva.

Le cycle annuel s’achève et recommence le même jour lors de la fête de Simhat Torah (« joie de la Torah »), à l’automne, à la fin de Souccot : on lit la fin du Deutéronome puis le début de la Genèse, et l’on danse avec les rouleaux.

La Torah dans les autres religions

  • Pour le christianisme, le Pentateuque est la première partie de l’Ancien Testament. Les chrétiens n’appliquent généralement pas les règles rituelles (alimentaires, sacrificielles), considérées comme accomplies par le Christ, mais conservent le Décalogue.
  • Pour l'islam, la Tawrat est l’un des livres révélés, donné à Moïse ; le Coran mentionne de nombreux récits qui y figurent (voir le Coran).
  • Les Samaritains possèdent leur propre version du Pentateuque, qui est leur seule Écriture.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la Torah et la Bible ?

La Torah correspond aux cinq premiers livres de la Bible hébraïque. La Bible hébraïque (Tanakh) comprend en outre les Prophètes et les Écrits, et la Bible chrétienne y ajoute le Nouveau Testament.

Combien y a-t-il de commandements dans la Torah ?

613 selon la tradition rabbinique : 248 positifs et 365 négatifs. Les Dix Commandements en sont une partie.

En quelle langue la Torah est-elle écrite ?

En hébreu ancien. Le rouleau utilisé à la synagogue est écrit en caractères hébreux carrés, sans voyelles.

Que fait-on d’un rouleau de Torah abîmé ?

S’il ne peut plus être réparé, il est enterré dans un cimetière juif, comme les autres écrits sacrés hors d’usage déposés dans une gueniza, par respect pour le nom de Dieu qu’il contient.

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