Aller au contenu
connaissance.org

Mythologies et religions · Religions du monde

Le bouddhisme

Le bouddhisme est une religion et une sagesse fondées sur l’enseignement du Bouddha, né en Inde vers le Ve siècle av. J.-C. Il vise à libérer de la souffrance. Il comptait 324 millions de fidèles en 2020.

Mis à jour le 5 min de lecture

Le bouddhisme tire son nom du titre de Bouddha, « l’Éveillé », donné à Siddhartha Gautama. Il ne repose pas sur la croyance en un dieu créateur, mais sur une analyse de la souffrance humaine et sur une voie pour s’en libérer. Selon le Pew Research Center, les bouddhistes étaient environ 324 millions en 2020, soit 4,1 % de la population mondiale, majoritairement en Asie de l’Est et du Sud-Est (voir religions du monde). C’est le seul grand groupe religieux dont le nombre de fidèles a diminué entre 2010 et 2020, du fait notamment du vieillissement de la population et de la désaffiliation en Asie de l’Est.

La vie du Bouddha selon la tradition

Les dates du Bouddha sont incertaines : les historiens le situent généralement au Ve siècle av. J.-C. (vers 480-400 selon les estimations actuelles les plus courantes), d’autres plus tôt. Les récits de sa vie, rédigés plusieurs siècles après, mêlent histoire et légende :

  1. Siddhartha Gautama naît à Lumbini (Népal actuel), prince du clan des Shakya, d’où son surnom de Shakyamuni, « le sage des Shakya ». Il grandit dans le luxe, à l’abri de toute souffrance.
  2. Lors de sorties hors du palais, il fait quatre rencontres : un vieillard, un malade, un mort et un ascète. Il découvre la souffrance et décide de chercher à la vaincre.
  3. À 29 ans, il quitte sa famille et pratique pendant six ans une ascèse extrême, qu’il finit par juger inutile. Il choisit une voie du milieu entre plaisir et mortification.
  4. Assis sous un figuier (l'arbre de la Bodhi), à Bodh-Gaya, il atteint l'Éveil (bodhi) à 35 ans selon la tradition.
  5. Il prêche son premier sermon au parc des Gazelles de Sarnath, près de Bénarès, et enseigne pendant quarante-cinq ans en Inde du Nord.
  6. Il meurt à Kushinagar vers 80 ans, entrant dans le parinirvana, l’extinction définitive.

Les quatre nobles vérités

Le cœur de l’enseignement, exposé lors du premier sermon, est formé de quatre « nobles vérités » :

VéritéContenu
1. La souffrance (dukkha)L’existence est marquée par l’insatisfaction : naissance, vieillesse, maladie, mort, séparation, impermanence
2. L’origine de la souffranceElle naît de la soif (tanha) : désir, attachement, ignorance
3. La cessation de la souffranceIl est possible d’y mettre fin en éteignant la soif : c’est le nirvana
4. Le cheminLa voie qui mène à la cessation est le noble sentier octuple

Le noble sentier octuple

Il regroupe huit pratiques, souvent réparties en trois domaines :

  • Sagesse : compréhension juste, pensée (intention) juste ;
  • Éthique : parole juste, action juste, moyens d’existence justes ;
  • Discipline mentale : effort juste, attention juste, concentration juste.

Les notions clés

  • L’impermanence (anicca) : tout ce qui existe est changeant.
  • Le non-soi (anatta) : il n’existe pas de « moi » permanent et indépendant ; la personne est un assemblage changeant de phénomènes physiques et mentaux.
  • Le karma : les actes intentionnels produisent des fruits, dans cette vie ou les suivantes ; la notion est partagée avec l'hindouisme.
  • Le samsara : le cycle des renaissances, conditionné par le karma.
  • Le nirvana : l’extinction de la soif et de l’ignorance, qui libère du cycle des renaissances.

Les Trois Joyaux

Devenir bouddhiste consiste traditionnellement à « prendre refuge » dans les Trois Joyaux : le Bouddha (l’Éveillé), le Dharma (son enseignement) et le Sangha (la communauté, en particulier des moines et des nonnes). Les laïcs s’engagent à respecter cinq préceptes : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas avoir de conduite sexuelle nuisible, ne pas mentir, ne pas consommer de substances qui obscurcissent l’esprit.

Les grandes écoles

ÉcoleSignificationIdée principaleRégions
Theravada« Doctrine des anciens »Libération personnelle par la discipline monastique ; idéal de l'arhat ; canon paliSri Lanka, Thaïlande, Birmanie, Laos, Cambodge
Mahayana« Grand Véhicule »Idéal du bodhisattva, qui retarde sa libération pour aider tous les êtres ; nombreux soutrasChine, Corée, Japon, Vietnam
Vajrayana« Véhicule de diamant »Branche du Mahayana utilisant rituels, mantras et visualisationsTibet, Bhoutan, Mongolie

Au sein du Mahayana, le zen (chan en chinois) met l’accent sur la méditation assise et l’éveil soudain, et l'amidisme (Terre pure) sur la dévotion au bouddha Amitabha. Le dalaï-lama est le chef spirituel de l’école Gelugpa du bouddhisme tibétain.

Les textes

Il n’existe pas un livre unique. Le canon pali (Tipitaka, « trois corbeilles ») contient les discours du Bouddha (sutta), la discipline monastique (vinaya) et les traités doctrinaux (abhidhamma) ; il a été mis par écrit au Sri Lanka au Ier siècle av. J.-C. Le Mahayana y ajoute de nombreux soutras (Soutra du Lotus, Soutra du Cœur), conservés en chinois et en tibétain.

Pratiques

  • La méditation : concentration (samatha) et vision pénétrante (vipassana) ; la « pleine conscience » contemporaine s’en inspire.
  • Le monachisme : moines et nonnes vivent selon des règles strictes ; dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, de nombreux jeunes hommes passent une période au monastère.
  • Les offrandes et la vénération des stupas, monuments abritant des reliques.
  • Les fêtes, dont le Vesak, qui commémore la naissance, l’Éveil et la mort du Bouddha.

Une brève histoire

Le bouddhisme se répand en Inde sous l’empereur Ashoka (IIIe siècle av. J.-C.), puis gagne le Sri Lanka, l’Asie centrale et la Chine (vers le Ier siècle apr. J.-C.), où il rencontre le taoïsme et le confucianisme, la Corée, le Japon (VIe siècle) et le Tibet (VIIe siècle). Il décline en Inde à partir du VIIe siècle et y devient minoritaire. Au XXe siècle, il se diffuse en Occident.

Questions fréquentes

Le bouddhisme est-il une religion ou une philosophie ?

Les deux lectures existent. Il comporte des rites, des moines, des lieux de culte et des croyances (renaissance, karma), ce qui en fait une religion selon la plupart des classifications. Mais il ne repose pas sur un dieu créateur, et une partie de son enseignement relève de la philosophie et de la psychologie.

Les bouddhistes croient-ils en Dieu ?

Le bouddhisme ne reconnaît pas de dieu créateur tout-puissant. Certaines traditions admettent l’existence de divinités, mais elles sont elles aussi prises dans le cycle des renaissances.

Qu’est-ce que le nirvana ?

L’extinction de la soif, de la haine et de l’ignorance, qui met fin à la souffrance et au cycle des renaissances. Le mot signifie « extinction », comme celle d’une flamme.

Le Bouddha est-il un dieu ?

Non selon l’enseignement bouddhiste : c’est un être humain qui a atteint l’Éveil. Il est vénéré comme un modèle et un guide, et certaines traditions mahayana lui donnent une dimension cosmique.

À lire aussi

Religions du monde : toutes les fiches