Langue française · Orthographe et accords
Accents et cédille
Le français utilise trois accents (aigu, grave, circonflexe), le tréma et la cédille. Ils modifient la prononciation d’une lettre ou distinguent deux mots homonymes, comme a et à, sur et sûr.
Mis à jour le 3 min de lecture
Les signes diacritiques du français sont au nombre de cinq : accent aigu (´), accent grave (`), accent circonflexe (^), tréma (¨) et cédille (¸). Ils jouent deux rôles : indiquer une prononciation (é fermé, è ouvert, ç = [s]) et distinguer des homonymes (a/à, ou/où, du/dû).
| Signe | Lettres concernées | Rôle principal | Exemples |
|---|---|---|---|
| Accent aigu | é | e fermé [e] | été, café, réel |
| Accent grave | è, à, ù | e ouvert [ɛ] ; distinction | mère, à, là, où |
| Accent circonflexe | â, ê, î, ô, û | trace historique ; distinction ; timbre | forêt, hôpital, sûr |
| Tréma | ë, ï, ü (ÿ) | voyelle prononcée séparément | Noël, maïs, naïf |
| Cédille | ç | c prononcé [s] devant a, o, u | ça, leçon, reçu |
L’accent aigu
Il ne se place que sur le e et indique le son [e] fermé : été, médecin, préférer. On le trouve souvent en début de mot (école, état), en fin de mot (café, beauté) et dans les participes passés du 1er groupe (aimé).
L’accent grave
- Sur le e, il note le son [ɛ] ouvert, surtout en fin de syllabe devant une syllabe contenant un e muet : mère, père, lève, fidèle, après.
- Sur le a et le u, il ne change pas la prononciation et sert à distinguer : à (préposition) / a (avoir), là (adverbe) / la (article), où (lieu) / ou (choix), et dans déjà, voilà, deçà, holà.
Quand ne pas accentuer le e ?
Le e ne prend pas d’accent quand il est suivi :
- d’une consonne double : terre, belle, effet, messe ;
- d’un x : exemple, texte ;
- d’une consonne finale prononcée dans la même syllabe : mer, sel, fer, chef.
L’accent circonflexe
Il a trois fonctions :
- Trace historique, souvent d’un s disparu que l’on retrouve dans les mots de la même famille : forêt (forestier), hôpital (hospitalier), fenêtre (défenestrer), île (insulaire), bête (bestial).
- Distinction d’homonymes : dû/du, mûr/mur, sûr/sur, jeûne/jeune, crû/cru, tâche/tache.
- Timbre de la voyelle : â et ô sont souvent plus longs ou plus fermés (pâte / patte, côte / cote).
Le tréma
Le tréma indique que la voyelle doit être prononcée séparément de celle qui la précède : maïs (≠ mais), naïf, égoïste, Noël, Saül, coïncidence. Dans aiguë, ambiguë, il indique que le u se prononce ; la réforme de 1990 le déplace sur le u : aigüe, ambigüe.
La cédille
Placée sous le c, elle lui donne le son [s] devant a, o, u : ça, façade, leçon, garçon, reçu, aperçu. Elle n’est jamais utilisée devant e, i, y, où le c se prononce déjà [s] : ceci, merci, cygne.
Faut-il accentuer les majuscules ?
Oui. L’Académie française rappelle que l’accent a pleine valeur orthographique et qu’il convient de le conserver sur les majuscules : État, Écosse, À bientôt, ÉLÈVE. L’absence d’accent peut créer des ambiguïtés : UN INTERNE TUÉ / UN INTERNÉ TUÉ. Voir majuscules : règles.
Mini exercice corrigé
Accentuez si nécessaire :
- une fenetre → fenêtre
- un eleve → élève
- il a recu → reçu
- la mer → mer (pas d’accent : consonne finale prononcée)
- le mais (céréale) → maïs
- c’est sur → sûr
- nous placons → plaçons
Questions fréquentes
Pourquoi « événement » s’écrit-il aussi « évènement » ?
La prononciation a évolué vers un è ouvert. Les rectifications de 1990 ont aligné l’orthographe sur l’oral : évènement. Les deux graphies sont admises.
Quel mot s’écrit avec ù ?
Un seul : où. C’est l’unique mot français portant un accent grave sur le u.
La cédille existe-t-elle en majuscule ?
Oui : Ç, comme dans ÇA SUFFIT ou FRANÇOIS écrits en capitales. Elle doit être conservée, comme les accents.