Sciences · Inventions et découvertes
La carte à puce
La carte à puce est une carte en plastique contenant un circuit électronique qui stocke et protège des données. Brevetée en 1974 par le Français Roland Moreno, elle équipe cartes bancaires, cartes SIM et cartes Vitale.
Mis à jour le 3 min de lecture
La carte à puce est l’une des inventions françaises les plus répandues au monde : des milliards d’exemplaires sont produits chaque année. Son principe, enfermer dans un petit objet un circuit électronique qui garde ses secrets, a été adopté par les banques, les opérateurs téléphoniques et les administrations.
Comment fonctionne une carte à puce ?
La puce, un petit circuit intégré de quelques millimètres carrés, est noyée dans le plastique sous des contacts dorés. Elle n’a pas de source d’énergie propre : elle est alimentée par le lecteur.
| Type | Contenu | Exemples |
|---|---|---|
| carte à mémoire | mémoire simple, éventuellement protégée | ancienne Télécarte, cartes de fidélité |
| carte à microprocesseur | véritable petit ordinateur : processeur, mémoire, système d’exploitation, fonctions cryptographiques | carte bancaire, carte SIM, carte Vitale, passeport biométrique |
| carte sans contact | antenne intégrée, communication par radio à quelques centimètres (NFC) | paiement sans contact, titres de transport |
Le grand avantage sur la piste magnétique est la sécurité : la puce peut vérifier elle-même un code confidentiel et effectuer des calculs de chiffrement sans jamais révéler sa clé secrète. Copier une piste magnétique est simple ; cloner une puce bien conçue est extrêmement difficile.
Une invention française
| Date | Étape |
|---|---|
| fin des années 1960 | brevets précurseurs en Allemagne (Jürgen Dethloff et Helmut Gröttrup) et au Japon (Kunitaka Arimura) sur des cartes à circuit |
| 1974 | Roland Moreno dépose ses brevets sur un objet portable à mémoire protégée |
| 1977-1979 | Michel Ugon, chez Bull, met au point la carte à microprocesseur (CP8) |
| 1983 | lancement de la Télécarte pour les cabines téléphoniques |
| 1984-1992 | les banques françaises adoptent la carte à puce ; toutes les cartes bancaires françaises en sont équipées en 1992 |
| 1991 | première carte SIM pour la téléphonie mobile GSM |
| 1996 | publication de la norme internationale de paiement EMV, fondée sur la puce |
| 1998 | lancement de la carte Vitale |
| années 2010 | généralisation du paiement sans contact |
Roland Moreno (1945-2012), autodidacte, journaliste et inventeur, a imaginé une « bague » électronique avant de passer au format carte. Ses brevets, exploités par sa société Innovatron, lui ont assuré d’importantes redevances jusqu’à leur expiration. Il est devenu l’une des figures les plus connues de l’innovation française, aux côtés d’autres inventeurs français.
La France pionnière, le monde en retard
Grâce à la puce, la France connaît très tôt une fraude à la carte bancaire beaucoup plus faible que les pays restés à la piste magnétique. Les États-Unis n’ont généralisé les cartes à puce qu’à partir de 2015. La filière industrielle française (Bull, Schlumberger, Gemplus, devenu Gemalto puis intégré à Thales) a longtemps dominé le marché mondial.
Les usages d’aujourd’hui
- Paiement : cartes bancaires avec ou sans contact, et leur version dématérialisée dans les téléphones.
- Téléphonie : carte SIM, de plus en plus remplacée par la eSIM, une puce soudée dans l’appareil.
- Santé : carte Vitale, désormais déclinée en application mobile.
- Identité : carte nationale d’identité au format carte bancaire (2021) et passeport biométrique (voir identité numérique).
- Transports et accès : titres de transport, badges d’entreprise, clés d’hôtel.
Questions fréquentes
Qui a inventé la carte à puce ?
Le Français Roland Moreno a déposé les brevets fondateurs en 1974. Michel Ugon, ingénieur chez Bull, a inventé la carte à microprocesseur en 1977-1979. Des brevets antérieurs allemands et japonais existaient sur des principes voisins.
La puce d’une carte bancaire contient-elle de l’argent ?
Non. Elle contient des données d’identification et des clés cryptographiques qui permettent d’authentifier la carte et d’autoriser la transaction auprès de la banque ; le solde du compte n’y est pas stocké.
Le paiement sans contact est-il sûr ?
Il fonctionne à quelques centimètres seulement et utilise des données chiffrées à usage unique ; un plafond limite le montant des achats sans code. Le risque principal reste le vol de la carte.