Numérique · Internet et sécurité
Identité numérique
L’identité numérique recouvre deux réalités : les traces qu’une personne laisse en ligne (image, réputation), et les moyens officiels de prouver qui l’on est sur internet, comme FranceConnect ou France Identité.
Mis à jour le 4 min de lecture
Taper son nom dans un moteur de recherche donne une première idée de son identité numérique : profils de réseaux sociaux, photos, articles, commentaires, avis. Mais le terme désigne aussi, de plus en plus, une identité certifiée qui permet de faire ses démarches en ligne, d’ouvrir un compte bancaire ou de prouver son âge. Les deux sens ont un point commun : ils concernent la manière dont une personne est reconnue dans l’espace numérique.
Premier sens : les traces que l’on laisse
L’identité numérique au sens large est constituée de tout ce qui, en ligne, se rapporte à une personne.
| Type de traces | Exemples | Qui les produit |
|---|---|---|
| Déclaratives | Profil, publications, photos, CV en ligne | Soi-même |
| Comportementales | Historique de navigation, achats, likes, localisation | Soi-même, sans toujours le savoir |
| Calculées | Profil publicitaire, centres d’intérêt déduits, score | Les plateformes, à partir des précédentes |
| Héritées | Publications d’amis, photos de groupe, articles de presse, avis sur un professionnel | Les autres |
Les traces comportementales et calculées, collectées par les cookies, les applications et les réseaux sociaux, sont les moins visibles et souvent les plus nombreuses.
L’e-réputation
L'e-réputation est l’image qu’une personne ou une organisation renvoie en ligne. Elle compte de plus en plus : de nombreux recruteurs consultent les profils publics des candidats ; un commerçant dépend de ses avis clients ; une vieille publication peut ressurgir des années plus tard.
Maîtriser ses traces
- Régler la confidentialité de ses comptes et limiter les informations publiques (date de naissance, adresse, numéro).
- Séparer les usages : profil professionnel et vie privée.
- Refuser les cookies non nécessaires, limiter les autorisations des applications (localisation, contacts, micro).
- Exercer ses droits prévus par le RGPD : accès, rectification, effacement, opposition.
- Demander le déréférencement ou la suppression de contenus qui portent atteinte à sa vie privée (voir droit à l’oubli).
L’usurpation d’identité
Utiliser l’identité d’une autre personne ou des données qui permettent de l’identifier, en vue de troubler sa tranquillité ou de porter atteinte à son honneur, est un délit en France (article 226-4-1 du Code pénal) : jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Les escrocs utilisent aussi des copies de pièces d’identité volées pour ouvrir des comptes ou souscrire des crédits. Précautions : ne transmettre une copie de sa carte d’identité qu’aux organismes qui en ont réellement besoin, y ajouter un filigrane indiquant le destinataire et la date (le service public propose l’outil gratuit FileGrane), et protéger ses comptes par la double authentification.
Second sens : prouver son identité en ligne
Pour les démarches sensibles, il faut une identité vérifiée et pas seulement déclarée. Plusieurs dispositifs coexistent en France.
| Dispositif | Ce que c’est | Usage |
|---|---|---|
| FranceConnect (2016) | Bouton qui permet de se connecter à plus d’un millier de services publics et privés avec un compte existant (impots.gouv, Ameli, La Poste, MSA…) | Ne crée pas d’identité, réutilise une identité déjà vérifiée |
| FranceConnect+ | Version renforcée, exigeant un niveau de garantie plus élevé | Démarches sensibles |
| France Identité | Application de l’État associée à la carte nationale d’identité électronique (format carte bancaire, délivrée depuis 2021) | Se connecter via FranceConnect, générer une attestation d’identité, détenir son permis de conduire numérique |
| Identité Numérique La Poste | Identité certifiée par un service privé, après vérification | Démarches, signature, services financiers |
Le niveau de confiance d’une identité numérique est encadré au niveau européen par le règlement eIDAS (2014), qui définit des niveaux de garantie (faible, substantiel, élevé).
Le portefeuille européen d’identité numérique
Le règlement eIDAS 2, entré en vigueur en mai 2024, oblige chaque État membre à proposer à ses citoyens un portefeuille européen d’identité numérique (EUDI Wallet), gratuit et facultatif, d’ici la fin de 2026. Cette application doit permettre de prouver son identité dans toute l’Union, de stocker des attestations (diplômes, permis de conduire, ordonnances) et de signer électroniquement, en ne communiquant que les informations nécessaires : par exemple prouver qu’on a plus de 18 ans sans révéler sa date de naissance. Son déploiement progressif, qui s’appuie en France sur France Identité, soulève des questions de sécurité, de vie privée et d’inclusion pour les personnes éloignées du numérique.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre identité numérique et identité réelle ?
L’identité civile est fixée par l’état civil (nom, date et lieu de naissance). L’identité numérique au sens large est plus floue : elle comprend pseudonymes, profils et traces. Une identité numérique certifiée, comme France Identité, est en revanche directement rattachée à l’identité civile.
Peut-on effacer complètement son identité numérique ?
Pas complètement. On peut fermer ses comptes, demander la suppression de données et le déréférencement de pages, mais des copies, archives et publications de tiers peuvent subsister.
FranceConnect est-il obligatoire ?
Non. C’est une facilité de connexion. Chaque service public conserve en principe un accès avec un identifiant propre et un mot de passe.