Aller au contenu
connaissance.org

Sciences · Terre et climat

Anticyclone et dépression

Un anticyclone est une zone de haute pression atmosphérique où l’air descend, souvent synonyme de temps sec et stable. Une dépression est une zone de basse pression où l’air monte, ce qui forme nuages, pluie et vent.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les cartes météo présentées chaque soir à la télévision sont dominées par deux lettres : A pour anticyclone et D pour dépression (H et L dans les pays anglophones, pour high et low). Ces deux types de systèmes, qui se succèdent et se déplacent, expliquent l’essentiel du temps qu’il fait aux latitudes moyennes. La pression moyenne au niveau de la mer est de 1 013,25 hPa ; elle varie le plus souvent entre 980 et 1 040 hPa en France (voir pression).

La différence en un tableau

AnticycloneDépression
Pression au centreÉlevée, souvent plus de 1 020 hPaBasse, souvent moins de 1 000 hPa
Mouvement vertical de l’airDescendant (subsidence)Ascendant
NuagesRares, l’air descendant se réchauffe et s’assècheNombreux, l’air ascendant se refroidit et sa vapeur se condense
Temps typiqueSec, ensoleillé, calmeNuageux, pluvieux, venteux
VentFaible au centreSouvent fort, surtout près des fronts
Rotation dans l’hémisphère NordSens des aiguilles d’une montreSens inverse des aiguilles d’une montre
Taille et duréeVaste, lent, peut stagner des jours ou des semainesPlus mobile, durée de quelques jours

Pourquoi l’air qui monte fait la pluie

Dans une dépression, l’air converge près du sol et s’élève. En montant, il se détend et se refroidit d’environ 1 °C par 100 m tant qu’il n’est pas saturé. Quand il atteint son point de rosée, la vapeur se condense en gouttelettes : des nuages se forment, puis la pluie (voir types de nuages).

Dans un anticyclone, c’est l’inverse : l’air descend, se comprime et se réchauffe, ce qui dissipe les nuages. Les anticyclones apportent donc souvent du beau temps, mais pas toujours.

Comment se forment-ils ?

Les dépressions

Aux latitudes moyennes, la plupart des dépressions naissent au contact de deux masses d’air de températures différentes, l’air polaire froid et l’air tropical chaud, le long du front polaire. Une ondulation de ce front s’amplifie et s’enroule : c’est le modèle de la dépression extratropicale, avec son front chaud et son front froid (voir fronts météorologiques). Le courant-jet en altitude favorise leur creusement.

D’autres dépressions ont une origine différente :

  • les dépressions thermiques, créées par un fort réchauffement du sol, comme au-dessus de l’Espagne ou du Sahara en été ;
  • les cyclones tropicaux, dépressions très creuses nourries par la chaleur de l’océan (voir cyclones tropicaux) ;
  • les gouttes froides, poches d’air froid isolées en altitude, souvent à l’origine d’orages violents.

Une dépression qui se creuse de plus de 24 hPa en 24 heures environ est qualifiée de bombe météorologique (cyclogenèse explosive). Les tempêtes de décembre 1999, Lothar et Martin, en sont des exemples.

Les anticyclones

Les anticyclones subtropicaux, comme celui des Açores, sont permanents : ils correspondent aux zones où l’air de la circulation de Hadley redescend, vers 30° de latitude (voir formation du vent). Les anticyclones thermiques, comme celui de Sibérie en hiver, naissent de l’accumulation d’air très froid au-dessus d’un continent glacé.

Les centres d’action européens

Centre d’actionTypeInfluence sur la France
Anticyclone des AçoresPermanent, subtropicalBeau temps estival quand il remonte vers le nord
Dépression d’IslandePermanente, en moyenne statistiquePassage des perturbations atlantiques, surtout en hiver
Anticyclone de SibérieSaisonnier, hivernalVagues de froid sec quand il s’étend vers l’ouest
Dépressions méditerranéennesFréquentes en automnePluies intenses dans le Sud-Est (épisodes méditerranéens)

L’écart de pression entre l’anticyclone des Açores et la dépression d’Islande définit l'oscillation nord-atlantique (NAO) : quand il est fort, les hivers sont doux et humides en Europe de l’Ouest ; quand il est faible, ils sont plus froids et plus secs (voir climat de la France).

Lire une carte des pressions

  • Les isobares relient les points de même pression, généralement tous les 5 hPa.
  • Des isobares serrées signalent un vent fort ; des isobares espacées, un vent faible.
  • Une dorsale est une avancée de hautes pressions ; un thalweg, une avancée de basses pressions.
  • Un marais barométrique désigne une zone de pression uniforme, sans vent, propice aux orages en été.

Le vent tourne autour des centres de pression, en suivant à peu près les isobares, au lieu d’aller directement des hautes vers les basses pressions, sous l’effet de la force de Coriolis.

Les records de pression

RecordValeurLieu et date
Pression la plus haute (réduite au niveau de la mer)1 084,8 hPaTosontsengel (Mongolie), 19 décembre 2001
Pression la plus basse (hors tornade)870 hPaTyphon Tip, Pacifique Nord-Ouest, 12 octobre 1979

Ces records sont reconnus par l’Organisation météorologique mondiale (voir records météo mondiaux).

Questions fréquentes

Pourquoi a-t-on parfois mal à la tête quand la pression change ?

Certaines personnes disent ressentir les changements de temps. Les études scientifiques sur le lien entre pression atmosphérique, migraines et douleurs articulaires donnent des résultats contrastés ; l’effet, s’il existe, varie fortement d’une personne à l’autre.

Un baromètre peut-il prévoir le temps ?

En partie. Une baisse rapide de la pression annonce souvent l’arrivée d’une dépression et d’un temps perturbé ; une hausse régulière, une amélioration. Les mentions « pluie », « variable », « beau temps » des baromètres anciens sont toutefois très approximatives.

Pourquoi les dépressions arrivent-elles par l’ouest en France ?

Parce qu’aux latitudes moyennes, les vents d’ouest et le courant-jet entraînent les perturbations de l’Atlantique vers l’Europe.

À lire aussi

Terre et climat : toutes les fiches