Langue française · Grammaire et conjugaison
L’imparfait de l’indicatif
L’imparfait se forme en ajoutant -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient au radical de la 1re personne du pluriel du présent : nous finissons → je finissais. Seul être fait exception (j’étais).
Mis à jour le 3 min de lecture
L’imparfait est le temps du passé qui décrit, qui installe le décor et qui présente une action en cours, sans en marquer le début ni la fin. Sa conjugaison est la plus régulière du français : un seul radical, les mêmes terminaisons pour tous les verbes.
La formation
| Personne | parler | finir | prendre | être |
|---|---|---|---|---|
| je | parlais | finissais | prenais | étais |
| tu | parlais | finissais | prenais | étais |
| il, elle, on | parlait | finissait | prenait | était |
| nous | parlions | finissions | prenions | étions |
| vous | parliez | finissiez | preniez | étiez |
| ils, elles | parlaient | finissaient | prenaient | étaient |
Être est la seule exception (radical ét-). Tous les autres verbes suivent la règle : nous avons → j’avais, nous allons → j’allais, nous faisons → je faisais, nous disons → je disais, nous voyons → je voyais.
Les pièges d’orthographe
Verbes en -cer et -ger
La cédille et le e apparaissent devant a et disparaissent devant i : je commençais, nous commencions ; je mangeais, nous mangions.
Verbes en -ier : deux i
Le radical se termine par i, la terminaison commence par i : nous étudiions, vous étudiiez, nous criions, vous oubliiez. De même pour rire : nous riions.
Verbes en -yer, -iller, -gner
Le y, le ill ou le gn sont suivis du i de la terminaison : nous payions, vous envoyiez ; nous travaillions, vous mouilliez ; nous gagnions, vous signiez. Ces formes se distinguent du présent (nous payons, nous travaillons) uniquement par ce i.
Les emplois de l’imparfait
| Emploi | Exemple |
|---|---|
| description, décor | Il faisait nuit ; la pluie tombait. |
| action en cours dans le passé | Je lisais quand le téléphone a sonné. |
| habitude, répétition | Chaque été, nous allions à la mer. |
| hypothèse après « si » | Si j’avais le temps, je viendrais. |
| politesse, atténuation | Je voulais vous demander un service. |
| discours indirect au passé | Il a dit qu’il était malade. |
| imparfait de narration (style journalistique) | Le lendemain, il signait son contrat. |
| souhait, regret après « si » | Si seulement il pleuvait ! |
Après si de condition, on emploie l’imparfait, jamais le conditionnel : si j’avais (et non « si j’aurais »). Voir le conditionnel.
Imparfait ou passé simple, imparfait ou passé composé ?
Dans un récit, l’imparfait et le passé simple (ou le passé composé) se partagent le travail :
- l'imparfait pose l'arrière-plan : ce qui dure, ce qui se répète, ce qui décrit ;
- le passé simple ou le passé composé fait avancer l’action au premier plan : événements ponctuels, successifs, achevés.
Il pleuvait (décor). Soudain, la porte s’ouvrit (événement).
Imparfait ou passé simple à la 1re personne ?
Au 1er groupe, je chantais (imparfait) et je chantai (passé simple) se prononcent souvent de la même façon. Test : passez à la 3e personne. Hier, je (mangeai / mangeais) → hier, il mangea (action ponctuelle) ou il mangeait (habitude, durée).
Mini exercice corrigé
- Nous (étudier) tous les soirs. → étudiions
- Il (commencer) à pleuvoir. → commençait
- Vous (envoyer) des lettres. → envoyiez
- J'(être) fatigué. → étais
- Ils (manger) en silence. → mangeaient
- Nous (gagner) toujours. → gagnions
Questions fréquentes
« Nous étudions » ou « nous étudiions » à l’imparfait ?
Nous étudiions, avec deux i : le i du radical (étudi-) et celui de la terminaison (-ions). Nous étudions est le présent.
Pourquoi « si j’aurais » est-il fautif ?
Parce que la condition introduite par si se met à l’imparfait ; c’est la conséquence qui est au conditionnel : Si j’avais su, je serais venu.
L’imparfait peut-il exprimer le futur ?
Dans quelques tours, oui : Un pas de plus, et il tombait (il serait tombé). C’est un imparfait à valeur de conditionnel, propre au récit expressif.