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Arts · Cinéma et photographie

Stanley Kubrick

Stanley Kubrick (1928-1999) est un réalisateur américain installé en Angleterre. En treize longs métrages, de 2001 l’Odyssée de l’espace à Shining, il a exploré presque tous les genres avec un perfectionnisme légendaire.

Mis à jour le 5 min de lecture

Stanley Kubrick, né le 26 juillet 1928 à New York et mort le 7 mars 1999 à Childwickbury, près de Londres, est l’un des cinéastes les plus influents de l'histoire du cinéma. Photographe de formation, il réalise treize longs métrages en près de cinquante ans, chacun dans un genre différent : film noir, péplum, film de guerre, satire, science-fiction, film historique, horreur. Maniaque du contrôle, il prend des années pour chaque film, multiplie les prises et règle lui-même chaque détail. Ses œuvres, souvent mal reçues à leur sortie, sont devenues des classiques.

Repères chronologiques

DateÉvénement
26 juillet 1928Naissance dans le Bronx, à New York ; père médecin
1945Vend sa première photo au magazine Look, qui l’engage comme photographe à 17 ans
1951Premier court métrage documentaire, Day of the Fight
1953Premier long métrage, Fear and Desire, qu’il reniera
1956L’Ultime Razzia (The Killing)
1957Les Sentiers de la gloire, avec Kirk Douglas
1960Spartacus, péplum dont il n’a pas le contrôle complet
1962Lolita, d’après Nabokov ; s’installe en Angleterre
1964Docteur Folamour
19682001 : l’Odyssée de l’espace ; Oscar des meilleurs effets visuels, le seul de sa carrière
1971Orange mécanique, qu’il retire lui-même des écrans britanniques en 1973
1975Barry Lyndon
1980Shining, d’après Stephen King
1987Full Metal Jacket
1999Eyes Wide Shut ; meurt quelques jours après avoir montré le montage final
7 mars 1999Mort d’une crise cardiaque à Childwickbury

La vie de Stanley Kubrick

Le photographe

Élève médiocre mais passionné d’échecs, de jazz et de photographie, Kubrick reçoit de son père un appareil photo à 13 ans. À 17 ans, il vend au magazine Look une photo d’un vendeur de journaux le jour de la mort de Roosevelt et y devient photographe. Il y apprend le cadrage, la lumière et la mise en scène de la réalité.

Les débuts au cinéma

Autodidacte, il fréquente les salles du Museum of Modern Art et réalise ses premiers films avec des moyens dérisoires, en faisant tout lui-même. L’Ultime Razzia (1956), film de hold-up au récit éclaté, attire l’attention de Kirk Douglas, qui lui confie Les Sentiers de la gloire (1957), réquisitoire antimilitariste sur l’armée française en 1916, qui ne sera distribué en France qu’en 1975.

L’indépendance anglaise

Après l’expérience frustrante de Spartacus, où il n’est qu’un réalisateur engagé, Kubrick obtient des studios une liberté totale. Il s’installe en Angleterre en 1962 pour tourner Lolita, et ne revient plus vivre aux États-Unis. Il tourne désormais près de chez lui, reconstituant le Vietnam dans une usine à gaz désaffectée de Londres pour Full Metal Jacket. Il vit retiré dans son manoir de Childwickbury, avec sa femme, la peintre Christiane Harlan, et fuit les médias, ce qui nourrit sa légende de reclus.

Le style de Stanley Kubrick

Le perfectionnisme

Kubrick prépare ses films pendant des années, se documente de façon obsessionnelle et multiplie les prises : certaines scènes de Shining auraient été tournées plus de cinquante fois. Il supervise le montage, le son, les affiches, les traductions et même les doublages étrangers.

L’image

Ses plans sont composés avec une rigueur géométrique : perspectives centrales et symétriques, longs travellings, grands angles. Pour Barry Lyndon, il tourne des scènes à la seule lueur des bougies, grâce à des objectifs conçus pour la NASA. Il est l’un des premiers à utiliser la Steadicam de façon spectaculaire, dans les couloirs de l’hôtel de Shining.

La musique

Il utilise la musique classique existante de façon mémorable : Richard Strauss (Ainsi parlait Zarathoustra) et Johann Strauss (Le Beau Danube bleu) dans 2001, Beethoven dans Orange mécanique, Haendel et Schubert dans Barry Lyndon, Ligeti dans 2001 et Shining.

Les thèmes

La violence humaine, la déshumanisation, l’échec des systèmes (armée, État, technologie), la folie, la fatalité. Son regard est souvent ironique et distant, ce qui lui a valu d’être jugé froid.

Filmographie de Stanley Kubrick

FilmAnnéeGenre
Fear and Desire1953Film de guerre
Le Baiser du tueur (Killer’s Kiss)1955Film noir
L’Ultime Razzia (The Killing)1956Film de casse
Les Sentiers de la gloire (Paths of Glory)1957Film de guerre
Spartacus1960Péplum
Lolita1962Drame
Docteur Folamour (Dr. Strangelove)1964Satire, comédie noire
2001 : l’Odyssée de l’espace1968Science-fiction
Orange mécanique (A Clockwork Orange)1971Anticipation
Barry Lyndon1975Film historique
Shining (The Shining)1980Horreur
Full Metal Jacket1987Film de guerre
Eyes Wide Shut1999Drame psychologique

L’héritage

Kubrick a influencé des cinéastes aussi différents que Steven Spielberg, Martin Scorsese, Christopher Nolan, Paul Thomas Anderson ou Wes Anderson. 2001 a redéfini la science-fiction au cinéma ; Shining est un modèle du film d’horreur. Ses archives, conservées à l’université des Arts de Londres, ont donné lieu à une grande exposition itinérante. Voir aussi les grands réalisateurs.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur film de Stanley Kubrick ?

2001 : l’Odyssée de l’espace est le plus souvent cité, figurant régulièrement dans les classements des meilleurs films de tous les temps. Docteur Folamour, Barry Lyndon et Shining sont aussi considérés comme des chefs-d’œuvre.

Pourquoi Kubrick a-t-il retiré Orange mécanique des écrans ?

Après la sortie du film, des actes de violence en Angleterre ont été attribués à son influence et Kubrick a reçu des menaces. Il a demandé à la Warner de retirer le film au Royaume-Uni, où il n’a été à nouveau diffusé qu’après sa mort, en 2000.

Combien de films a réalisé Kubrick ?

Treize longs métrages, de Fear and Desire (1953) à Eyes Wide Shut (1999), ainsi que trois courts métrages documentaires dans les années 1950.

Kubrick a-t-il gagné un Oscar ?

Un seul, celui des meilleurs effets visuels pour 2001 : l’Odyssée de l’espace, en 1969. Il a été nommé treize fois, notamment comme réalisateur et scénariste.

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