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Langue française · Grammaire et conjugaison

La proposition subordonnée complétive

La subordonnée complétive (ou conjonctive complétive) est introduite par la conjonction « que » et occupe le plus souvent la fonction de COD du verbe principal : je pense qu’il viendra.

Mis à jour le 3 min de lecture

Je sais que tu as raison. Je veux que tu viennes. Il est certain qu’il pleuvra. Les propositions en gras sont des complétives : elles complètent un verbe, un nom ou un adjectif, comme le ferait un groupe nominal. C’est la subordonnée qui pose le plus de questions de mode (indicatif ou subjonctif).

Comment la reconnaître

  1. Elle commence par que (ou qu').
  2. Ce que suit en général un verbe (dire, penser, croire, vouloir, savoir…) et non un nom.
  3. On peut la remplacer par cela ou par un groupe nominal : Je sais qu’il est malade → Je sais cela → Je sais sa maladie.
  4. Le que n’a aucune fonction dans la subordonnée : on ne peut pas le remplacer par un nom.

Les fonctions de la complétive

FonctionExemple
COD du verbe (cas le plus fréquent)Je crois que tu te trompes.
sujetQu’il soit en retard m’étonne.
sujet réel (verbe impersonnel)Il faut que tu partes.
attribut du sujetL’essentiel est que tu sois heureux.
complément du nomL’idée qu’il puisse échouer me rassure peu.
complément de l’adjectifJe suis content que tu sois là.
COI (avec à ce que, de ce que)Je tiens à ce que tu viennes.
appositionJe n’ai qu’un souhait : que tu guérisses.

Indicatif ou subjonctif ?

Le mode dépend du sens du verbe principal :

Le verbe principal exprime…ModeExemple
une déclaration, une certitude, une opinion affirmée (dire, savoir, penser, croire, affirmer, être sûr)indicatifJe pense qu’il viendra.
la volonté, l’ordre, le souhait (vouloir, exiger, souhaiter, ordonner)subjonctifJe veux qu’il vienne.
un sentiment (aimer, regretter, être content, avoir peur)subjonctifJe suis heureux qu’il vienne.
le doute, la possibilité (douter, il est possible, il se peut)subjonctifJe doute qu’il vienne.
la nécessité (il faut, il est nécessaire)subjonctifIl faut qu’il vienne.
une probabilité (il est probable)indicatifIl est probable qu’il viendra.

Après espérer, on emploie l’indicatif : J’espère qu’il viendra (et non « qu’il vienne »).

Le temps dans la complétive

À l’indicatif, le temps dépend de la chronologie et du temps de la principale, selon la concordance des temps : Il dit qu’il viendra → Il a dit qu’il viendrait. C’est le mécanisme du discours indirect.

Complétive ou infinitif ?

Quand le sujet de la complétive serait le même que celui de la principale, on remplace souvent la complétive par un infinitif :

  • « Je veux que je parte » est impossible → Je veux partir.
  • Je pense avoir raison = Je pense que j’ai raison (les deux sont corrects).

Voir l’infinitif.

Les autres complétives

La grammaire range parfois parmi les complétives l'interrogative indirecte (Je me demande s’il viendra) et l'infinitive (J’entends les enfants rire), car elles complètent aussi un verbe. Elles ne sont pas introduites par que. Voir les propositions subordonnées.

Mini exercice corrigé

Repérez la complétive, sa fonction et le mode :

  1. Je souhaite que tu réussisses. → COD de souhaite ; subjonctif (souhait).
  2. Il est évident que tu as raison. → sujet réel de est évident ; indicatif (certitude).
  3. Que tu mentes me déçoit. → sujet de déçoit ; subjonctif.
  4. Je suis triste que tu partes. → complément de l’adjectif triste ; subjonctif.
  5. L’homme que j’ai vu est parti. → ce n’est pas une complétive mais une relative (que = l’homme).

Questions fréquentes

Faut-il écrire « je ne crois pas qu’il vient » ou « qu’il vienne » ?

Qu’il vienne est la forme standard. L’indicatif est possible pour insister sur la réalité du fait, mais il reste rare à l’écrit.

Pourquoi « il me semble que » prend-il l’indicatif ?

Il me semble que exprime une opinion assez affirmée : indicatif. Il semble que, plus hésitant, accepte les deux modes, le subjonctif étant fréquent.

Peut-on supprimer une complétive ?

Rarement : COD ou sujet, elle est souvent indispensable au sens. Je pense seul a un autre sens (« je réfléchis »).

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