Histoire · XXIe siècle
La guerre en Ukraine
La guerre en Ukraine oppose la Russie à l’Ukraine depuis 2014 (Crimée, Donbass), puis depuis l’invasion à grande échelle du 24 février 2022. C’est le plus grand conflit en Europe depuis 1945.
Mis à jour le 4 min de lecture
La guerre en Ukraine, ou guerre russo-ukrainienne, commence en 2014, lorsque la Russie annexe la Crimée et soutient des séparatistes armés dans le Donbass, à l’est de l'Ukraine. Le 24 février 2022, le président russe Vladimir Poutine lance une invasion à grande échelle. L’armée ukrainienne repousse l’offensive sur Kyiv au printemps 2022 et reprend des territoires à l’automne, puis le front se stabilise en une guerre d’usure, la Russie progressant lentement dans l’est. Le conflit a fait des centaines de milliers de victimes militaires, des dizaines de milliers de victimes civiles et des millions de réfugiés. Malgré des négociations et plusieurs trêves partielles ou temporaires annoncées en 2025 et 2026, aucun accord de paix global n’avait été conclu à l’automne 2026.
Les origines
Un héritage commun et disputé
L’Ukraine et la Russie revendiquent toutes deux l’héritage de la Rus' de Kiev médiévale. Intégrée à l’Empire russe puis à l’URSS (voir révolution russe), l’Ukraine a subi la grande famine de 1932-1933, l'Holodomor, reconnue comme génocide par de nombreux États. Elle proclame son indépendance le 24 août 1991, confirmée par référendum le 1er décembre 1991, au moment de la dissolution de l’URSS qui clôt la guerre froide. Par le mémorandum de Budapest (1994), elle renonce aux armes nucléaires héritées de l’URSS en échange de garanties de sécurité, notamment de la Russie.
Entre l’Europe et la Russie
L’Ukraine oscille entre rapprochement avec l’Union européenne et l’OTAN et maintien dans l’orbite russe. La révolution orange (2004) conteste une élection truquée. En novembre 2013, le refus du président Viktor Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’UE déclenche le mouvement de l'Euromaïdan à Kyiv ; après la mort d’une centaine de manifestants, Ianoukovitch s’enfuit en Russie le 22 février 2014.
2014-2022 : Crimée et Donbass
| Date | Événement |
|---|---|
| Février-mars 2014 | Des soldats russes sans insignes prennent le contrôle de la Crimée |
| 16-18 mars 2014 | Référendum non reconnu internationalement, puis annexion de la Crimée par la Russie |
| Avril 2014 | Début de la guerre du Donbass : proclamation de « républiques populaires » à Donetsk et Louhansk, soutenues par Moscou |
| 17 juillet 2014 | Le vol MH17 de Malaysia Airlines est abattu au-dessus du Donbass : 298 morts |
| Septembre 2014 et février 2015 | Accords de Minsk, négociés avec la France et l’Allemagne (« format Normandie ») |
| 2015-2021 | Conflit de basse intensité ; environ 14 000 morts au total |
L’invasion du 24 février 2022
Après des mois de concentration de troupes, et deux jours après avoir reconnu l’indépendance des « républiques » de Donetsk et Louhansk, Vladimir Poutine annonce une « opération militaire spéciale » visant, selon lui, à « démilitariser » et « dénazifier » l’Ukraine. Les forces russes attaquent depuis le nord (Biélorussie), l’est et le sud (Crimée).
Les grandes phases
| Période | Événements principaux |
|---|---|
| Février-avril 2022 | Échec de l’offensive russe sur Kyiv ; retrait du nord ; découverte des massacres de Boutcha |
| Mars-mai 2022 | Siège et destruction de Marioupol ; chute de l’usine Azovstal |
| Septembre-novembre 2022 | Contre-offensives ukrainiennes : région de Kharkiv, puis libération de Kherson (11 novembre) ; mobilisation partielle en Russie ; annexion proclamée de quatre régions ukrainiennes (30 septembre) |
| 2023 | Prise de Bakhmut par la Russie (mai) ; destruction du barrage de Kakhovka (juin) ; rébellion avortée du groupe Wagner (juin) ; échec de la contre-offensive ukrainienne |
| 2024 | Prise d’Avdiïvka par la Russie (février) ; incursion ukrainienne dans la région russe de Koursk (août) ; arrivée de soldats nord-coréens aux côtés de la Russie |
| 2025-2026 | Guerre d’usure, avancées russes limitées dans le Donbass ; frappes massives de drones et de missiles ; négociations sous médiation américaine et trêves ponctuelles |
Le conflit est marqué par l’usage massif de drones, l’importance de l’artillerie, les frappes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes et l’occupation de la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe.
Les réactions internationales
- Sanctions : l’Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et d’autres pays adoptent des sanctions économiques sans précédent contre la Russie : gel des avoirs de la banque centrale, exclusion de banques du système SWIFT, embargo sur le pétrole russe.
- Aide à l’Ukraine : aide militaire, financière et humanitaire massive des pays occidentaux ; l’Ukraine obtient le statut de candidat à l’Union européenne en juin 2022.
- OTAN : la Finlande (2023) puis la Suède (2024) rejoignent l’Alliance, renonçant à leur neutralité.
- Justice internationale : la Cour pénale internationale émet en mars 2023 un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine pour la déportation d’enfants ukrainiens.
- Énergie : l’Europe réduit fortement sa dépendance au gaz russe ; la flambée des prix de l’énergie et des céréales touche le monde entier.
Le bilan humain
Les chiffres sont incertains et contestés. Les pertes militaires, tués et blessés, se comptent en centaines de milliers de chaque côté selon les estimations occidentales. L’ONU a vérifié la mort de plus de 12 000 civils ukrainiens, un chiffre qu’elle juge inférieur à la réalité. Des millions d’Ukrainiens ont été déplacés : environ 6 millions de réfugiés se trouvent à l’étranger, surtout en Europe. Les enquêtes internationales documentent de nombreux crimes de guerre.
Questions fréquentes
Quand a commencé la guerre en Ukraine ?
Le conflit armé commence en 2014, avec l’annexion de la Crimée et la guerre du Donbass. L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie débute le 24 février 2022.
Pourquoi la Russie a-t-elle envahi l’Ukraine ?
Le pouvoir russe a invoqué la sécurité de la Russie face à l’élargissement de l’OTAN, la protection des russophones et la « dénazification » du pays, des justifications rejetées par l’Ukraine et la grande majorité des États. Les analystes soulignent la volonté du Kremlin de maintenir l’Ukraine dans sa sphère d’influence et sa négation d’une nation ukrainienne distincte.
Faut-il dire Kiev ou Kyiv ?
Les deux désignent la même ville. Kiev est la forme traditionnelle en français, issue du russe ; Kyiv, transcription de l’ukrainien, est de plus en plus utilisée depuis 2022.