Histoire · XXIe siècle
Le Brexit
Le Brexit désigne la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Décidée par référendum le 23 juin 2016 avec 51,9 % des voix, elle devient effective le 31 janvier 2020, après plus de trois ans de négociations.
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Le Brexit (contraction de British et exit) est la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Lors du référendum du 23 juin 2016, 51,89 % des votants choisissent de quitter l’Union. Après de longues négociations et une profonde crise politique à Londres, la sortie devient effective le 31 janvier 2020 à minuit, heure de Bruxelles. Une période de transition maintient les règles européennes jusqu’au 31 décembre 2020 ; un accord de commerce et de coopération s’applique depuis le 1er janvier 2021. C’est la première fois qu’un État membre quitte l’UE, en application de l'article 50 du traité sur l’Union européenne (voir construction européenne).
Un rapport ambigu à l’Europe
Le Royaume-Uni n’entre dans la Communauté économique européenne qu’en 1973, après deux refus du général de Gaulle (1963 et 1967). Dès 1975, un premier référendum confirme l’adhésion avec 67 % des voix. Le pays obtient ensuite de nombreuses exceptions : rabais budgétaire obtenu par Margaret Thatcher (1984), non-participation à l’euro et à l’espace Schengen. L’euroscepticisme reste fort, notamment au sein du Parti conservateur, et le parti UKIP de Nigel Farage arrive en tête des élections européennes de 2014.
Pour apaiser son parti et contrer UKIP, le premier ministre conservateur David Cameron promet en janvier 2013 un référendum sur l’appartenance à l’UE s’il est réélu, ce qu’il obtient en 2015.
Le référendum du 23 juin 2016
| Résultat | |
|---|---|
| Quitter l’UE (Leave) | 51,89 % |
| Rester dans l’UE (Remain) | 48,11 % |
| Participation | 72,2 % |
Le vote révèle des fractures profondes :
- géographiques : l’Angleterre (hors Londres) et le pays de Galles votent pour la sortie, l'Écosse (62 % pour rester), l'Irlande du Nord (55,8 %) et Londres pour le maintien ;
- sociales et générationnelles : les plus âgés, les moins diplômés et les régions désindustrialisées votent davantage pour partir, les jeunes et les diplômés pour rester.
Les partisans du Leave ont fait campagne sur la reprise du contrôle (Take back control) des lois, des frontières et de l’argent, et sur l’immigration, en particulier celle venue d’Europe de l’Est. Certains arguments, comme celui des 350 millions de livres hebdomadaires qui seraient rendus au système de santé, ont été très contestés. David Cameron, qui avait fait campagne pour le maintien, démissionne le lendemain.
Les négociations (2016-2020)
| Date | Étape |
|---|---|
| Juillet 2016 | Theresa May devient première ministre |
| 29 mars 2017 | Déclenchement de l’article 50 : début d’une période de deux ans |
| Juin 2017 | Élections anticipées : les conservateurs perdent leur majorité absolue |
| Novembre 2018 | Accord de retrait conclu avec l’UE |
| Janvier-mars 2019 | L’accord est rejeté trois fois par la Chambre des communes |
| Mars-octobre 2019 | Reports successifs de la date de sortie |
| Juillet 2019 | Boris Johnson succède à Theresa May |
| Octobre 2019 | Nouvel accord de retrait, avec un protocole sur l’Irlande du Nord |
| 12 décembre 2019 | Élections : large majorité conservatrice |
| 31 janvier 2020 | Sortie officielle de l’Union européenne |
| 24 décembre 2020 | Accord de commerce et de coopération |
| 1er janvier 2021 | Fin de la période de transition |
Côté européen, les négociations sont menées par le Français Michel Barnier. La principale difficulté est la frontière irlandaise : il faut éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord, britannique, et la République d’Irlande, membre de l’UE, pour préserver l’accord de paix du Vendredi saint (1998). La solution finale maintient l’Irlande du Nord dans certaines règles du marché unique, avec des contrôles entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord ; elle est aménagée par le cadre de Windsor en 2023.
Ce qui a changé
- Fin de la libre circulation des personnes : les citoyens européens doivent obtenir un visa ou un titre pour travailler au Royaume-Uni, et inversement ; les Européens déjà installés ont pu obtenir un statut de résident.
- Commerce : pas de droits de douane ni de quotas sur les marchandises conformes aux règles d’origine, mais retour des formalités douanières et des contrôles sanitaires.
- Services financiers : la City perd son « passeport » européen.
- Pêche : accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques réduit progressivement, source de tensions avec la France.
- Programmes européens : sortie d’Erasmus ; le Royaume-Uni a réintégré le programme de recherche Horizon Europe en 2024.
Les études économiques convergent pour estimer que le Brexit a réduit les échanges et l’investissement au Royaume-Uni, même si l’ampleur exacte, difficile à séparer des effets de la pandémie de Covid-19, reste discutée. Le Brexit a aussi relancé le débat sur l’indépendance de l’Écosse.
Questions fréquentes
Quand le Brexit a-t-il eu lieu ?
Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne le 31 janvier 2020. Les règles européennes ont continué à s’appliquer jusqu’au 31 décembre 2020, fin de la période de transition.
Pourquoi les Britanniques ont-ils voté pour le Brexit ?
Les motivations principales étaient la volonté de retrouver la souveraineté législative, le contrôle de l’immigration et la défiance envers les institutions européennes, sur fond de fractures sociales et territoriales.
Qu’est-ce que l’article 50 ?
L’article 50 du traité sur l’Union européenne, introduit par le traité de Lisbonne (2009), organise le retrait volontaire d’un État membre. Il prévoit une négociation de deux ans, prolongeable à l’unanimité. Le Royaume-Uni est le premier pays à l’avoir utilisé.