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Sport · Jeux olympiques

Jeux olympiques de Montréal 1976

Les Jeux de la XXIe olympiade se sont tenus à Montréal du 17 juillet au 1er août 1976 ; premiers Jeux d’été au Canada, ils sont restés célèbres pour les 10 de Nadia Comăneci, un boycott africain et une lourde dette.

Mis à jour le 3 min de lecture

Les Jeux olympiques de Montréal sont un moment marquant de l’histoire du Québec contemporain. Obtenus en 1970 par le maire Jean Drapeau, déjà à l’origine de l’Exposition universelle de 1967, ils devaient consacrer Montréal comme métropole internationale. Ils ont laissé à la fois des souvenirs sportifs exceptionnels et un héritage financier controversé.

Les chiffres clés

DonnéeValeur
Dates17 juillet - 1er août 1976
Attribution1970, face à Moscou et Los Angeles
Délégations92 comités nationaux
AthlètesEnviron 6 000
Épreuves198, dans 21 sports
Site principalStade olympique, parc olympique d’Hochelaga-Maisonneuve

La reine Élisabeth II, chef de l’État canadien, a ouvert les Jeux. Les épreuves de voile se sont tenues à Kingston, en Ontario.

Le boycott africain

Quelques jours avant l’ouverture, une vingtaine de pays africains, rejoints par quelques autres, quittent les Jeux ou renoncent à y participer. Ils protestent contre la présence de la Nouvelle-Zélande, dont l’équipe de rugby venait d’effectuer une tournée en Afrique du Sud, alors exclue du sport international en raison de l'apartheid. Le CIO refuse d’exclure la Nouvelle-Zélande, le rugby n’étant pas un sport olympique. Ce boycott ouvre une série de trois Jeux boycottés, avant Moscou 1980 et Los Angeles 1984.

Les Jeux sont aussi marqués par la question de Taïwan : le gouvernement canadien refuse que la délégation de Taïwan concoure sous le nom de « République de Chine », et celle-ci se retire.

Les grands moments sportifs

  • Nadia Comăneci (Roumanie), 14 ans, obtient aux barres asymétriques le premier 10 de l’histoire olympique. Le tableau d’affichage, conçu pour trois chiffres, affiche « 1.00 ». Elle en obtient sept au total et trois titres (concours général, barres, poutre). Voir la gymnastique.
  • Lasse Virén (Finlande) réalise de nouveau le doublé 5 000 m - 10 000 m, comme en 1972.
  • Alberto Juantorena (Cuba) gagne le 400 m et le 800 m, un doublé inédit.
  • Edwin Moses (États-Unis) remporte le 400 m haies en record du monde.
  • Kornelia Ender (RDA) gagne quatre titres en natation. On sait depuis l’ouverture des archives de la Stasi que la RDA pratiquait un dopage d’État systématique.
  • En boxe, plusieurs futurs champions professionnels américains, dont Sugar Ray Leonard et les frères Spinks, sont sacrés.

Le bilan du Canada

Le Canada termine avec 11 médailles (5 en argent, 6 en bronze) mais aucune médaille d’or : c’est le seul pays hôte des Jeux d’été à ne pas avoir remporté de titre à domicile. Le Canada effacera ce souvenir aux Jeux d’hiver de Vancouver en 2010, en remportant 14 titres, un record pour une nation à l’époque.

Le Stade olympique et la dette

Le Stade olympique, conçu par l’architecte français Roger Taillibert, devait être couvert par un toit rétractable suspendu à un mât incliné. Retards, grèves, inflation et difficultés techniques empêchent son achèvement à temps : les Jeux se déroulent dans un stade sans mât ni toit. Le mât, haut de 165 m, n’est terminé qu’en 1987 ; c’est la plus haute tour inclinée du monde. Le toit rétractable, installé ensuite, n’a jamais bien fonctionné.

Le coût des installations explose bien au-delà des prévisions. La dette olympique, remboursée notamment grâce à une taxe spéciale sur le tabac, n’est entièrement soldée qu’en 2006, trente ans après les Jeux. Le stade, surnommé « le Big O », a hérité du sobriquet de « Big Owe » (« la grande dette »).

L’héritage

Les installations ont trouvé de nouveaux usages : le Stade olympique a accueilli les Expos de Montréal de 1977 à 2004, des concerts et des événements ; le vélodrome a été transformé en Biodôme en 1992 ; le village olympique, avec ses deux pyramides, est devenu un ensemble résidentiel. L’expérience de Montréal est souvent citée comme l’exemple des risques financiers que fait peser l’organisation des Jeux sur une ville, au point que Los Angeles fut la seule candidate pour 1984.

Questions fréquentes

Pourquoi Nadia Comăneci a-t-elle obtenu « 1.00 » ?

Le fabricant du tableau d’affichage avait été assuré qu’aucun 10 ne serait donné ; il ne prévoyait que trois chiffres (9.99 au maximum). La note parfaite est donc apparue comme « 1.00 ».

Combien ont coûté les Jeux de Montréal ?

Le coût total est estimé à environ 1,5 milliard de dollars canadiens de l’époque, en grande partie pour le parc olympique, contre un budget initial de quelques centaines de millions.

Montréal a-t-elle de nouveau accueilli de grandes compétitions ?

Oui, notamment des matchs de la Coupe du monde féminine de football en 2015, et la ville reste un centre majeur d’événements sportifs, comme le Grand Prix du Canada de Formule 1.

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