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Le dopage
Le dopage est l’usage par un sportif de substances ou de méthodes interdites pour améliorer ses performances ; il est encadré par le Code mondial antidopage, appliqué par l’Agence mondiale antidopage.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le dopage est aussi ancien que la compétition : des athlètes antiques consommaient déjà des préparations censées les rendre plus forts. Il devient un problème de santé publique au XXe siècle, avec les amphétamines, les stéroïdes anabolisants puis l'EPO. La lutte antidopage repose aujourd’hui sur des règles mondiales communes, mais reste une course permanente entre tricheurs et contrôleurs.
La définition officielle
Le Code mondial antidopage définit le dopage comme une ou plusieurs violations des règles antidopage : présence d’une substance interdite dans un échantillon, usage ou tentative d’usage, refus de se soumettre à un contrôle, manquements à l’obligation de localisation, falsification, possession, trafic, administration à un sportif ou complicité.
Une substance ou une méthode est inscrite sur la liste des interdictions, mise à jour chaque 1er janvier, si elle remplit au moins deux des trois critères suivants :
- elle améliore ou peut améliorer la performance ;
- elle présente un risque réel ou potentiel pour la santé ;
- elle est contraire à l’esprit sportif.
Les principales classes interdites
| Classe | Exemples | Effet recherché | Risques pour la santé |
|---|---|---|---|
| Agents anabolisants | Testostérone, nandrolone, stanozolol | Masse et force musculaires, récupération | Atteintes du foie et du cœur, troubles hormonaux, infertilité, troubles de l’humeur |
| Hormones peptidiques et facteurs de croissance | EPO, hormone de croissance | Plus de globules rouges, donc d’oxygène (EPO) ; croissance musculaire | Sang trop épais, thromboses, accidents cardiaques et vasculaires |
| Bêta-2 agonistes | Certains bronchodilatateurs à forte dose | Effet anabolisant et respiratoire | Troubles du rythme cardiaque |
| Diurétiques et agents masquants | Furosémide, hydrochlorothiazide | Perte de poids rapide, dilution d’autres produits | Déshydratation, troubles des électrolytes |
| Stimulants | Amphétamines, cocaïne | Vigilance, retard de la fatigue | Hyperthermie, troubles cardiaques, dépendance |
| Méthodes interdites | Transfusion sanguine, manipulation des échantillons, dopage génétique | Plus de globules rouges ; tromper les contrôles | Infections, surcharge sanguine |
Certaines substances (narcotiques, cannabinoïdes, glucocorticoïdes) ne sont interdites qu'en compétition. Un sportif malade peut obtenir une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) pour un médicament figurant sur la liste.
Les hormones utilisées pour se doper perturbent le système endocrinien : la prise de testostérone, par exemple, met au repos la production naturelle de l’organisme.
Les institutions et les contrôles
- L’Agence mondiale antidopage (AMA), créée le 10 novembre 1999 à Lausanne, après l’affaire Festina, a son siège à Montréal depuis 2002. Elle rédige le Code et la liste, accrédite les laboratoires et contrôle les agences nationales.
- Les agences nationales : en France, l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), créée en 2006 ; la première loi antidopage française date de 1965.
- Les contrôles sont urinaires ou sanguins, en compétition comme hors compétition, à l’improviste. Les sportifs des groupes cibles doivent indiquer chaque jour un créneau d’une heure où ils sont joignables : c’est l’obligation de localisation.
- Le passeport biologique, utilisé depuis 2008-2009, suit dans le temps les paramètres sanguins et hormonaux d’un athlète : une variation anormale peut suffire à le sanctionner, même sans détection directe du produit.
- La conservation des échantillons pendant dix ans permet de les réanalyser avec des méthodes plus récentes.
La règle est celle de la responsabilité objective : le sportif est responsable de toute substance trouvée dans son organisme, qu’il ait eu l’intention de se doper ou non. La sanction de référence pour une violation intentionnelle est une suspension de quatre ans.
Les grandes affaires
| Année | Affaire |
|---|---|
| 1967 | Mort du cycliste britannique Tom Simpson dans l’ascension du mont Ventoux, sous l’effet d’amphétamines et de la chaleur |
| 1970-1980 | Dopage d’État en RDA, organisé sur des milliers d’athlètes, souvent mineurs et à leur insu |
| 1988 | Ben Johnson, vainqueur du 100 m des Jeux de Séoul, contrôlé positif au stanozolol et déchu |
| 1998 | Affaire Festina : découverte d’un dopage organisé dans une équipe du Tour de France |
| 2012 | Lance Armstrong déchu de ses sept Tours de France après une enquête de l’agence antidopage américaine |
| 2015-2016 | Révélation d’un dopage d’État en Russie, notamment aux Jeux de Sotchi 2014 ; la Russie est ensuite privée de drapeau aux Jeux pendant plusieurs éditions |
Questions fréquentes
Les compléments alimentaires sont-ils dangereux pour un sportif contrôlé ?
Ils peuvent l’être : certains produits vendus librement, en particulier sur internet, sont contaminés par des substances interdites non mentionnées sur l’étiquette. En France, la norme NF V94-001 garantit l’absence de substances dopantes dans les compléments qui la portent.
Le dopage concerne-t-il aussi les sportifs amateurs ?
Oui : les contrôles touchent aussi des compétitions amateurs, et l’usage de stéroïdes anabolisants dans les salles de musculation est un problème de santé publique. En France, le numéro Écoute Dopage informe anonymement les sportifs et leur entourage.
La caféine est-elle interdite ?
Non. Elle a été retirée de la liste en 2004, mais reste sous surveillance de l’AMA.