Sport · Jeux olympiques
Jeux olympiques antiques
Les Jeux olympiques antiques étaient des concours sportifs et religieux organisés tous les quatre ans à Olympie, en l’honneur de Zeus, de 776 av. J.-C. selon la tradition jusqu’à la fin du IVe siècle de notre ère.
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Les Jeux olympiques antiques ont été le plus prestigieux des concours de la Grèce antique. Ils ont duré plus d’un millénaire et ont inspiré directement la renaissance des Jeux olympiques modernes en 1896. Ils n’étaient pas seulement sportifs : c’étaient avant tout une fête religieuse en l’honneur de Zeus.
Olympie, un sanctuaire
Les Jeux se tenaient à Olympie, dans le Péloponnèse, en Élide, une région du sud-ouest de la Grèce. Le site n’était pas une ville mais un sanctuaire, l’Altis, avec ses temples (dont celui de Zeus, qui abritait la statue chryséléphantine de Phidias, l’une des Sept Merveilles du monde), ses trésors offerts par les cités, son gymnase, sa palestre et son stade, pouvant accueillir environ 40 000 spectateurs. Les fouilles allemandes, commencées en 1875, ont mis au jour l’essentiel du site, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Une institution millénaire
| Date | Événement |
|---|---|
| 776 av. J.-C. | Date traditionnelle des premiers Jeux ; Corèbe d’Élis remporte la course du stade |
| 708 av. J.-C. | Introduction du pentathlon et de la lutte |
| 680 av. J.-C. | Première course de chars à quatre chevaux |
| 648 av. J.-C. | Introduction du pancrace |
| 520 av. J.-C. | Course en armes (hoplitodromos) |
| 146 av. J.-C. | La Grèce passe sous domination romaine ; les Jeux se poursuivent |
| 67 apr. J.-C. | L’empereur Néron participe et se fait couronner, malgré une chute en course de chars |
| Fin du IVe siècle | Disparition des Jeux, liée aux mesures de l’empereur chrétien Théodose Ier contre les cultes païens (vers 393, selon la datation traditionnelle) |
La date de 776 provient de listes de vainqueurs établies bien plus tard ; des concours existaient sans doute avant. Les Grecs comptaient le temps en olympiades, périodes de quatre ans entre deux Jeux.
La trêve sacrée
Avant chaque édition, des messagers parcouraient le monde grec pour annoncer l'ekecheiria, la trêve sacrée. Elle ne suspendait pas les guerres entre cités, mais garantissait la sécurité des athlètes et des pèlerins se rendant à Olympie et interdisait les armées sur le territoire de l’Élide. L’ONU a repris l’idée d’une trêve olympique depuis 1993.
Les épreuves
Les Jeux duraient cinq jours à l’époque classique, dont une partie consacrée aux sacrifices et aux processions.
| Épreuve | Description |
|---|---|
| Stade | Course d’un stade, environ 192 m à Olympie ; épreuve reine, qui donnait son nom à l’olympiade |
| Diaulos | Aller-retour, environ 384 m |
| Dolichos | Course de fond, de 7 à 24 stades selon les sources |
| Pentathlon | Course, saut en longueur (avec haltères), lancer du disque, lancer du javelot et lutte |
| Lutte | Il fallait faire tomber trois fois l’adversaire |
| Pugilat | Boxe avec des lanières de cuir autour des mains |
| Pancrace | Mélange de lutte et de coups, presque sans interdits sauf mordre et crever les yeux |
| Hoplitodromos | Course avec casque et bouclier |
| Courses hippiques | Chars à deux ou quatre chevaux, course montée, à l’hippodrome |
Les athlètes concouraient nus et le corps enduit d’huile. Il n’existait ni records chiffrés ni médailles : seul comptait le vainqueur, pas les places d’honneur.
Qui pouvait participer ?
Seuls les hommes libres de langue grecque pouvaient concourir ; les Romains ont été admis plus tard. Les femmes mariées n’avaient pas le droit d’assister aux épreuves, sous peine de mort selon Pausanias, mais les jeunes filles semblent avoir pu y assister. Une femme pouvait toutefois gagner une course hippique en tant que propriétaire des chevaux : la princesse spartiate Cynisca remporte ainsi la course de chars en 396 et 392 av. J.-C. Des concours féminins existaient à Olympie, les Héraia, en l’honneur d’Héra.
Récompenses et champions
Le vainqueur recevait une simple couronne d’olivier sauvage, coupée dans le bois sacré. Mais sa cité le couvrait d’honneurs : statue, repas gratuits à vie, exemptions, poèmes de victoire, comme les odes de Pindare. Parmi les champions célèbres : Milon de Crotone, six fois vainqueur à la lutte au VIe siècle av. J.-C., et Léonidas de Rhodes, douze couronnes à la course entre 164 et 152 av. J.-C., un record qui a tenu plus de deux mille ans.
Les autres jeux panhelléniques
Olympie était la plus prestigieuse des quatre grandes fêtes communes à tous les Grecs, avec les Jeux pythiques de Delphes (en l’honneur d’Apollon, avec des concours musicaux), les Jeux isthmiques de Corinthe (Poséidon) et les Jeux néméens (Zeus). Ensemble, ils formaient un circuit appelé periodos.
Questions fréquentes
Les Jeux antiques étaient-ils pacifiques ?
Pas toujours : les cités se disputaient le contrôle du sanctuaire, et des combats ont même eu lieu à Olympie en 364 av. J.-C. La tricherie existait aussi ; les amendes infligées aux tricheurs finançaient des statues de Zeus, les Zanes, alignées à l’entrée du stade.
La flamme olympique vient-elle de l’Antiquité ?
Un feu sacré brûlait bien sur l’autel d’Hestia à Olympie, mais le relais de la flamme est une invention moderne, créée pour les Jeux de Berlin en 1936 (voir les symboles olympiques).
Pourquoi les athlètes étaient-ils nus ?
Les Grecs l’expliquaient eux-mêmes de diverses façons ; la nudité athlétique était surtout une marque culturelle distinguant les Grecs des « barbares » et célébrant le corps du citoyen.